Tchad : tragédie obstétricale, un infirmier devant la justice
Un infirmier tchadien est jugé pour avoir causé la mort d'une mère et de son bébé. Il aurait faussement prétendu être médecin pour convaincre un accouchement naturel.
Par Temandang Gontran
Le Tribunal de Grande Instance (TGI) de N’Djamena a examiné, le mercredi 29 avril 2026, une affaire tragique impliquant un infirmier, accusé d'avoir causé la mort d'une parturiente et de son nouveau-né.
Selon les témoignages entendus à la barre, le prévenu aurait suivi la défunte tout au long de sa grossesse. Le mari de la victime a déclaré que son épouse avait déjà subi trois césariennes par le passé.
Le prévenu l’aurait convaincu qu’un accouchement par voie basse était possible. Pour gagner la confiance du couple, l'homme se serait faussement présenté comme médecin, affirmant posséder une longue expérience auprès de gynécologues renommés.
Lors du travail, face à l'échec de l'accouchement naturel et à l'aggravation des complications, la patiente n'a été évacuée vers une structure hospitalière spécialisée qu'avec un retard fatal. L'affaire se serait déroulée en 2024, a précisé le prévenu.
Interrogé sur sa responsabilité, le prévenu a reconnu les faits mais a tenté de minimiser son rôle en invoquant une « sollicitation d'aide » de la part du mari. Il a affirmé avoir agi par humanisme, promettant de « faire son possible », tout en mettant en avant ses nombreux succès passés lors d'accouchements similaires.
L'instruction a également mis en lumière des zones d'ombre sur l'activité professionnelle du mis en cause.
Les questions des avocats de la partie civile ont révélé que l'homme bénéficiait d'une autorisation municipale pour l'ouverture d'une boutique de commerce général dans le 7ème arrondissement, mais qu'il l'utilisait pour exploiter une officine de vente de médicaments. L’affaire a été renvoyée au 6 mai prochain.