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Tchad : une dizaine d’interpellations après la diffusion de vidéos de torture à Bitkine (parquet)

Près d'une dizaine de personnes ont été interpellées à Bitkine, dans la province du Guéra, à la suite d'actes de torture filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, ayant entraîné des heurts et un décès.

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Tchad : une dizaine d’interpellations après la diffusion de vidéos de torture à Bitkine (parquet)

Près d’une dizaine de personnes ont été interpellées et incarcérées à Bitkine, dans le département d’Abtouyour (province du Guéra), à la suite de la diffusion de vidéos montrant des actes de séquestration et de torture. Ces violences ont déclenché des heurts meurtriers avant un retour progressif au calme.

« Les vidéos dans lesquelles il y a des gens qui ont ligoté des personnes, séquestré et battues, nous avons été comme tout le monde indignés. Ces faits, ce sont des faits authentiques qui se sont déroulés dans la ville de Bitkine », a déclaré Galiya Dogo Hassaballah, procureur de la République près le tribunal de grande instance d’Abtouyour.

Dès la découverte de ces images, une réunion de sécurité a été convoquée pour donner des instructions fermes. « À l’heure actuelle, près d’une dizaine de personnes sont arrêtées et détenues à la maison d’arrêt. Le reste, les forces de sécurité sont à leurs trousses », a ajouté le magistrat, prévenant que tous les auteurs, coauteurs et complices « vont répondre de leurs actes et subir la rigueur de la loi ».

Des heurts consécutifs à l'émotion populaire

La diffusion de ces images a provoqué une vive émotion dans la localité, entraînant des manifestations de colère et des actes de vandalisme ce vendredi 4 septembre 2026. Selon les informations recueillies, l’affaire initiale impliquait de jeunes habitants : la découverte du numéro de garçon dans le téléphone d’une jeune fille aurait courroucé ses frères, conduisant à l'interpellation musclée du jeune homme par ces derniers.

La situation a rapidement dégénéré, provoquant des affrontements urbains qui ont fait au moins un mort et plusieurs blessés. Les victimes ont été admises à l’hôpital du district sanitaire de Bitkine pour y recevoir des soins.

Face à l’escalade, le Délégué général du Gouvernement auprès de la province du Guéra, le général Abdoulaye Ibrahim Siam, s’est rendu sur place afin de favoriser le dialogue et contribuer à l’apaisement.

Appels au calme et à la cohésion

L’Association des Jeunes Unis du Guéra (AJUG) a vivement condamné ces actes de torture, qu’elle juge contraires à la dignité humaine et aux valeurs du vivre-ensemble. Rappelant l’attachement de la province à la cohabitation pacifique, l’organisation insiste sur le fait qu’aucun différend ne doit trouver une issue dans la vengeance.

L’AJUG appelle les communautés à la retenue et demande aux autorités judiciaires et administratives de mener une enquête impartiale. Elle plaide également pour une prise en charge médicale, psychologique et juridique des victimes, tout en exhortant la jeunesse à rejeter toute manipulation.

Le calme est désormais revenu à Bitkine, où les autorités et les leaders communautaires poursuivent les discussions pour consolider la paix sociale.

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