Tchad : victimes de l'explosion de la poudrière, deux ans d'attente pour la réparation
Deux ans après l'explosion du camp de la Poudrière, les victimes dénoncent l'inaction des autorités et réclament des réparations immédiates, avec un calendrier clair et un dialogue direct.
Le Collectif des Victimes de l’Explosion du Camp de la Poudrière, survenue le 18 juin 2024, a tenu une conférence de presse pour dénoncer les lenteurs administratives. Aucune avancée tangible n'est perceptible sur le terrain, et le collectif demande l'application immédiate des instructions données par les hautes autorités, ainsi que le lancement sans délai du processus de réparation des victimes, avec un calendrier clair.
Lors de cette conférence, le porte-parole des victimes, Mahamat Hounene Issakha, a rappelé que, bientôt deux ans après la tragique explosion, les victimes et leurs familles attendent toujours justice et réparation de la part des pouvoirs publics. Malgré l'ampleur du drame, les souffrances humaines, les pertes en vies humaines, les blessures physiques, les traumatismes psychologiques et les dégâts matériels considérables, aucune réparation n’a encore été accordée.
Le 20 janvier 2026, les plus hautes autorités de l’État ont fermement instruit le Ministre de l’Action Sociale de prendre toutes les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre immédiate du processus de réparation, sous le signe de l’urgence et de la diligence.
Plusieurs mois après ces instructions, force est de constater qu’aucune avancée tangible n’est perceptible. Cette situation alimente l’incompréhension, la frustration et le sentiment d’abandon chez les victimes.
Le collectif a remarqué que, plutôt que de se concentrer sur la prise en charge de ce drame national, la Ministre en charge de l’Action sociale semble orienter ses priorités vers d’autres initiatives, évitant même de rencontrer le bureau du collectif en audience.
Le collectif dénonce fermement toute gestion approximative ou utilisation contestable des ressources publiques, alors que les véritables sinistrés continuent de souffrir dans l’oubli, et que le fonds de solidarité, qui devrait prioritairement servir à soulager les victimes, est utilisé ailleurs.
Le Collectif des Victimes de l’Explosion du Camp de la Poudrière rappelle que les victimes ont fait preuve de patience, de responsabilité et de retenue, respectant les institutions de la République et la parole des autorités. Cependant, cette attente prolongée ne saurait se poursuivre indéfiniment.
En conséquence, le collectif demande solennellement l’application immédiate des instructions données par les hautes autorités, le lancement sans délai du processus de réparation des victimes avec un calendrier clair, public et transparent, et l’ouverture d’un cadre de dialogue direct avec les représentants des victimes.
Le collectif réaffirme son attachement à la paix, à la stabilité et au dialogue républicain, mais se réserve le droit d’engager toute action légale et citoyenne appropriée si cette situation d’indifférence et d’insensibilité des autorités persiste.