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AFRIQUE

Bilie By Nze : « Des voies juridiques seront opposées aux propos de Ping »


Alwihda Info | Par - 15 Mai 2016 modifié le 15 Mai 2016 - 13:22

Au cours de la conférence de presse tenue le 12 mai 2016 à Libreville, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement a éclairé l’opinion sur les différents points chauds qui animent le landerneau sociopolitique du Gabon, avec en toile de fond, l’engagement des acteurs politiques à la prochaine élection présidentielle. Alwihdainfo a recueilli pour ses lecteurs la quintessence des réponses d’Alain-Claude Bilie By Nze.


Bilie By Nze : « Des voies juridiques seront opposées aux propos de Ping »
La position du gouvernement concernant les déclarations de Mme Laure Olga Gondjout sur la crise morale, économique, politique et sociale au Gabon. La position du gouvernement n’a pas varié. Le Gabon connaît certes des difficultés, qui sont les mêmes que celles que doivent affronter de nombreux pays africains, liés notamment à crise économique mondiale et à la chute des cours du pétrole. Quant à la crise politique évoquée par Mme Gondjout (le médiateur de la République, ndlr), la démission du président de l’Assemblée nationale et le départ d’une dizaine de députés ne donnent pas matière à dramatiser la situation. Ces départs n’empêchent en rien le bon fonctionnement des institutions. Le pays prépare les élections dans la sérénité, avec l’appui d’organisations internationales telles que l’OIF et l’Union Européenne, avec qui nous travaillons en toute transparence. La crise se situe du côté de ceux qui sont réfractaires au changement et qui pensent que le pays ne peut pas fonctionner sans eux. Partout en Afrique, on se plaint que les dates des élections ne sont pas respectées, au Gabon nous tenons à les respecter, et en cela nous avons le soutien de pays tels que la France, les Etats-Unis, et des organisations internationales. Aucune fonction nominative n’est associée à un titre de propriété, et ceux qui s’attachent au droit du sang et du nom sont ceux qui dénoncent aujourd’hui le chaos alors que le président de la République défend une politique de l’égalité des chances fondée sur le mérite et les capacités de chacun. Enfin, quant à ceux qui posent des ultimatums et exigent la destitution du chef de l’Etat, qu’ils prennent leur mal en patience, le peuple souverain tranchera bientôt.

Les mesures concrètes pour accompagner la décennie de la femme.
En 2012 le chef de l’Etat a estimé qu’il était important qu’au moins 30% de femmes aient une part active à la vie politique du pays, qu’il fallait rééquilibrer le partage des pouvoirs en faveur d’une plus grande participation de la gent féminine. Il est passé des paroles aux actes et une loi a été adoptée. La caravane pour la décennie de la femme effectue actuellement un travail de terrain afin d’identifier les éléments de droit ou de fait qui, aujourd’hui encore, sont à l’origine de discriminations envers les femmes. Il s’agira ensuite de corriger ces dysfonctionnements, par l’abrogation ou l’adoption de lois. Le rapport qui sera remis à l’issue de la caravane permettra de prendre rapidement des mesures, mais il est encore trop tôt pour dire lesquelles.

L’implication du président de la République au niveau du Conseil supérieur de la magistrature.
Monsieur Ping dénonce aujourd’hui une entrave à la justice et à la séparation des pouvoirs dans le fait que le président de la République préside le CSM. Ceux qui sont nés en 1996, et qui ont 20 ans aujourd’hui, peuvent penser que monsieur Ping propose une innovation en voulant réformer ce système, mais pendant 25 ans il ne s’est jamais prononcé contre ce système. Certes, il nous faut aller vers une réforme de la justice mais ce que monsieur Ping dénonce est une réalité dans de nombreux autres pays et ne va pas à l’encontre de la séparation des pouvoirs. C’est notamment le cas en France, où le président nomme le procureur de la République et où le parquet relève également du ministère de la Justice. Par ailleurs, ce n’est pas le président qui nomme les magistrats, mais le Conseil.

Sur les propos de monsieur Ping appelant à l’élimination d’une partie de la population gabonaise, qualifiée de “cafards”.
Monsieur Ping a tenu ces propos lors d’une réunion publique, on ne peut pas reprocher à Gabon Télévision de les diffuser aujourd’hui. On reproche à Gabon Télévision de ne pas souvent diffuser les propos de l’opposition, et tant mieux pour notre pays s’il s’agit de ce genre de propos, qu’il ne faut en aucun cas banaliser. On ne peut tolérer qu’une personne aspirant aux plus hautes fonctions de la République traite tout ou partie de la population de cafards et appelle à son élimination. On ne traite même pas son pire ennemi de la sorte. Comme indiqué, le gouvernement étudie toutes les voies juridiques pour donner suite à ces propos. Le gouvernement s’étonne du silence des médias, au niveau national et international, au sujet de cette affaire. De tels propos, tenus dans un autre pays que le Gabon, auraient fait les gros titres de la presse.

Sur les déclarations de Jean-François Ntoutoume Emane sur le climat politique et sécuritaire du Gabon.
Monsieur Ntoutoume Emane évoque un climat sécuritaire délétère et explique que les résidents fuient le pays en vue des élections. Si nous, Gabonais, vivions dans un pays étranger où les acteurs politiques traitent les gens de cafards, appellent à la guerre civile et au chaos, pensez-vous que nous serions rassurés ? Si des départs sont enregistrés pour les raisons dénoncées par monsieur Ntoutoume Emane, c’est l’opposition qui en porte la responsabilité. Monsieur Ntoutoume Emane a été Premier ministre, veut-il que l’on parle de son bilan à la tête du gouvernement de notre pays ? Ou bien de l’état dans lequel il a laissé les finances publiques de la mairie de Libreville ? Lorsqu’il dit que le pays est à terre sans doute se trompe-t-il de perspective : c’est le pays qui est debout et lui qui est tombé à la renverse. Il ne faut pas tout confondre. Si par exemple, aujourd’hui, de nombreux Ivoiriens quittent le Gabon, c’est avant tout le fait de l’amélioration de la situation économique en Côte d’Ivoire et d’un programme mis en place par ce pays voisin pour répondre aux besoins du marché de l’emploi.


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