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OPPOSITION

Cameroun: La lettre qui divise le Sénat !


Alwihda Info | Par - 7 Décembre 2015 modifié le 15 Décembre 2016 - 16:30

Une correspondance de la Ligue Camerounaise des Consommateurs oppose les sénateurs.Au sujet du maintien ou non de l’Ordonnance Présidentielle du 7 Mars 2008 pour éviter la hausse du prix du riz.


Cameroun: La lettre qui divise le Sénat !
Cher honorable, Nous venons auprès de votre haute bienveillance, vous prier, de bien vouloir empêcher le vote de la modification de l’Ordonnance présidentielle du 7 mars 2008, exonérant de taxes et droits de douanes le riz importé au Cameroun. En effet, dans l’Article 2 du projet de Loi de finances 2016, sur la table des parlementaires, le paiement des taxes et droits de douane, du riz au taux du Tarif extérieur commun, est fixé à 5%. Alors qu’il doit être de 0 F, comme c’est le cas depuis sept ans. Pour le bonheur de la majorité de consommateurs camerounais, amoureux de cette céréale, que notre organisation, qualifie de « caviar des pauvres ». Après l’adoption, de ce texte par l’Assemblée nationale, ce qui s’avère contraire à la politique salutaire du chef de l’Etat, de lutter contre la vie chère, les consommateurs vous considèrent comme leur dernier recours. Surtout dans un contexte de misère galopante, au vu des chiffres alarmants, qui relèvent que, de 2007 à 2014, il y a eu augmentation de plus d’un million de pauvres, dans notre pays. Malgré que le kilogramme de riz, produit consommé par 2 camerounais sur 3, coûte à partir de 350 F cfa. Si cette taxe est instituée, son prix avoisinerait 550 F Cfa le kilo. Un calcul rapide vous permet de mesurer l‘ampleur du désastre chez ces consommateurs au faible revenu. Aussi, cet article 2 de ce projet de loi des finances, ne saurait se justifier par une politique protectionniste, pour stimuler la consommation de la production locale encore déficitaire. Selon des chiffres fiables, la demande nationale avoisinerait 300.000 tonnes l’année, face à une production nationale de 100.000 tonnes maximum. Malgré sa meilleure qualité, notamment sa très agréable saveur. Mais faute de machinisme approprié, près de la moitié de cette production, serait acheminée sans être décortiqué au Nigeria. Par ailleurs, conscients de la nécessité pour le gouvernement d’accroitre ses recettes non pétrolières, pour faire face à la conjoncture internationale, notamment la guerre contre Boko Haram, la LCC suggère une forte taxation des tabacs, des produits de luxe et une réduction significative du train de vie de l’Etat, particulièrement budgétivore. En vertu du Droit du consommateur d’être entendu, contenu dans les Principes Directeurs des Nations Unis pour la protection du consommateur et la Loi cadre N°2011/012 du 6 Mai 2011, portant Protection du consommateur au Cameroun, nous espérons que vous accorderiez une suite favorable à la présente. Veuillez agréer, très cher Honorable, l’expression de notre parfaite considération.
Delor Magellan KAMSEU KAMGAING

 

Ismael Lawal
Correspondant d'Alwihda Info à Yaoundé, Cameroun. +237 695884015 En savoir plus sur cet auteur