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POINT DE VUE

Congo Brazzaville ou Le Théâtre de la Guerre Civile Multiforme et Permanente


Alwihda Info | Par - 28 Octobre 2012 modifié le 28 Octobre 2012 - 16:57

Les tenanciers du pouvoir de Brazzaville sont résolument tournés vers le culte d’une politique criminogène et mortifère.


Congo Brazzaville ou Le Théâtre de la Guerre Civile Multiforme et Permanente
D’ordinaire on entend par guerre civile, un affrontement ou une lutte armée entre groupes et citoyens d’un même État. Comme tous les conflits armés, la guerre civile vise à en découdre avec son prétendu ennemi et à inscrire ainsi sa supériorité dans le cours de l’histoire. Il n’y a pas de guerre civile qui vaille sans de pertes en vies humaines. D’ailleurs, le nombre de victimes ou la capitulation est de toute évidence le critère qui détermine la victoire.
Si la nature est sauvage et cruelle, il y’a cependant des volontés et des désirs humains mais aussi des visées politiques qui sont criminogènes et mortifères, génocidaires et suicidaires par nature au même titre que la guerre. Le Congo Brazzaville s’illustre en la matière en devenant le théâtre de la guerre civile multiforme et permanente.
D’aucuns pourraient s’offusquer à l’idée que le Congo Brazzaville soit devenu le théâtre de la guerre civile. Mais, qui connait le Congo ne peut guère s’en étonner. En effet, il convient de dénoncer les formes malines et sournoises de la guerre civile qui sévit encore aujourd’hui au Congo Brazzaville.

Nous nous souviendrons pour longtemps des atrocités commises sur les populations du sud du Congo, par des milices entretenues et lourdement armées par les tenanciers du pouvoir. Certes, depuis les armes lourdes utilisées lors des récentes guerres fratricides se sont tues. Mais, ce serait une hérésie de croire que le pouvoir de Brazzaville est résolument favorable à la paix. Car, après ces douloureux épisodes, les tenanciers du pouvoir de Brazzaville qui ne manquent pas d’imagination ont très vite déployé d’autres armes silencieuses et sournoises aussi destructives que les "kalachnikovs". D’où l’impression d’une paix acquise et assise alors qu’il n’en est rien.
La guerre civile multiforme et permanente est bien là.
Pour causes, la "mal gouvernance", l’absence de statistiques, la corruption, la prostitution, le saupoudrage ou l’achat des consciences, l’insécurité, l’injustice, l’impunité, la politique de la terre brûlée et l’utilisation de la religion à des fins politiques ont remplacé les armes conventionnelles et constituent les causes directes et certaines de l’hécatombe au Congo Brazzaville.
De nos jours, il n’échappe à personne que tout Congolais est enclin à une guerre civile permanente qui ne dit pas son vrai nom. Tant, la mise en danger de la vie d’autrui, l’absence des libertés et les discriminations en tous genres sont devenues légions et tendent à s’enraciner dans les mœurs. L’immoralité et l’incivisme ont investi toutes les sphères du social, de la santé, de l’éducation, de la culture et de tant d’autres domaines de la vie et de l’existence des populations Congolaises. Il n’est pas un seul Congolais qui ne soit exposé aux avatars de la "mal gouvernance" ou aux antivaleurs mis en musique par les pouvoirs publiques.

Il ne se passe pas un seul jour sans que les actualités n’inscrivent aux faits divers, les crimes, les arrestations arbitraires, la gabegie et les violations des droits de l’homme. Sans oublier les pandémies qui s’invitent dans la cour d’une société déjà infectée d’immondices morales. Avec une prostitution tolérée, intégrée et devenue quasi institutionnelle et non sans conséquence sur le taux exponentiel de mortalité infantile et juvénile sous le couvert du sida.
Mais pas seulement, il faut y adjoindre les nombreuses pathologies liées à l’insalubrité des villes ou à l’absence de programmes efficients de services d’hygiène et de santé publique. La vétusté et l’insuffisance des infrastructures et logistiques sanitaires. l’abandon et le délabrement du tissu éducatif, scolaire et universitaire. Pour preuves, les hôpitaux sont devenus des mouroirs, les espaces pour instruction transformés en foutoirs et en orgies. Le cynisme et le mépris de la nature humaine savamment entretenus et exhibé par la classe politique, n’est pas en reste, au regard des graves atteintes à l’intégrité physique, morale et psychologique des populations comme en témoignent la désolation, la dépravation des mœurs, la paupérisation, la partition du peuple en deux camps qui se côtoient et se regardent en chiens de faïence.
Les uns exhibant les artifices de leurs richesses indûment acquises et les autres croupissant et mourant dans la grande misère sous le regard indifférent et suffisant des gouvernants. Mais aussi, au regard de la démission de l’état en rapport avec ses fonctions régaliennes. Le tout, couronné par l’institutionnalisation d’un état de non droit avec en prime le règne d’un clan contre tout un peuple, instaurant ainsi un climat de terreur et de peur auprès des populations.
Encore récemment, les irrégularités observées lors des élections législatives donnent la preuve de la volonté de l’exercice d’une politique de conflits permanents.

La guerre civile multiforme et permanente est bien là
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Et, ce n’est pas le nouveau ministre de la santé qui va le démentir. Lors de sa récente visite, sur l’une des lignes de front désormais sous sa responsabilité, c’est bien un champ de guerre qu’il a découvert en lieu et place de centres de santé et hôpitaux. Son constat, à la fois, alarmant et édifiant quant à l’inaptitude de nos gouvernants à remplir leurs prérogatives et à les accomplir par une gestion saine et républicaine est d’autant préjudiciable pour les tenanciers du pouvoir (les donneurs d’ordre).
Comme faits nouveaux et pures émanations des terreaux de la "mal gouvernance" : la prolifération des églises de réveil, des prophètes, des sacrificateurs aux rituels magiques et sorciers, mais aussi de ces apôtres qui se présentent sous le label de "conseillers spirituel". Tout ce petit monde opérant sous la bénédiction des tenanciers du pouvoir politique, prétend détenir le secret de la fortune rapide et promet assurer l’aide spirituel, la protection et la sécurité dans tous les domaines de la vie.

Ainsi, il est devenu courant que le citoyen ordinaire, le fonctionnaire, le cadre et même le ministre fassent appel à l’expertise d’un "conseiller spirituel" avant toute initiative ou toute prise de décision. C'est dire que les hommes et les femmes qui gouvernent au Congo Brazzaville sont désormais marqués du sceau de Lucifer. Et, la guerre sous toutes ses formes leur offre un environnement propice aux œuvres sataniques. Ne dit-on pas que "ce qui est en haut est comme ce qui est bas ?".
Il n’est donc pas surprenant que des citoyens ordinaires, ayant perdu tous les espoirs, soient devenus des caisses de résonances ou les reflets de ceux qui les gouvernent. Au regard de leurs pratiques, il n’est pas exclu que tous ces mystificateurs déguisés en prophètes, conseillers spirituels et autres, ne soient à la solde du sultanat de Brazzaville. ”WAIT AND SEE”.
Sous ces orchestrations ténébreuses ou se mêlent les chants de tous les oiseaux de mauvais augure, vraisemblablement, les congolais sont rentrés têtes baissées dans la dance et ont fini dans ces transes aux vertus anesthésiantes. On comprend donc aisément, le degré d’endormissement des consciences au niveau des populations congolaises qui ne savent plus comment réagir et agir. Et ce, même lorsque leur intégrité et leur souveraineté sont bafouées.
Hier pourtant, il a suffit de commettre l’irréparable sur trois citoyens, pour que le peuple réagisse et agisse. C’est par exemple, l’histoire que recèle la mémoire de l’"avenue des Trois martyrs".
Aujourd’hui, chose curieuse, le génocide du Pool, les disparus du Beach ou le massacre du 4 mars 2012 n’inspirent aucune réaction, ni aucune action d’envergure visant à stopper les plans macabres du sultanat de Brazzaville. Tout se passe comme si, le peuple congolais s’était résolu d’attendre l’arrivée du messie. Comprenez, les prophètes et les conseillers spirituels sont passés par là. Sauf que le sultanat de Brazzaville excelle en imagination et met tout en œuvre pour pérenniser la guerre psychologique et morale, y compris par l’utilisation de la corde religieuse pour aveugler et museler davantage le peuple.

Dans ce torrent de souffrances, de douleurs et de malheurs qui emportent et déciment tant de vies humaines, ce sont les espoirs de toute une jeunesse au delà de ceux d’un peuple qui se consument. Les traumatismes de tous genres sont nombreux chez les jeunes Congolais désormais enclin à la fatalité au détriment de tout esprit de Raison. Devenus vulnérables, ils sont aussi en proie à tous ces illuminés disséminés sur tout le territoire Congolais. Il serait temps que le fils de l’homme vienne nous débarrasser de ces marchands d’illusion en les chassant hors de la maison du père.
S’il est vrai que le silence des armes n’est pas synonyme de paix. Il est encore plus vrai que l’absence de paix au Congo Brazzaville est synonyme de "la mal gouvernance" fondée sur d’obscurs désirs et volontés des tenanciers du pouvoir politique. En effet, la "mal gouvernance" et ses dommages collatéraux font plus de morts qu’il y’en a eu en temps de guerre civile armée. Aujourd’hui, plus personne n’est dupe. La guerre civile "Made in Congo" est désormais bien circonscrite et mise à nue. Il s’agit d’une guerre spirituelle, morale, psychologique et tribale imposée au peuple Congolais. Il ne peut pas en être autrement, au regard du cynisme et du laxisme de ceux là même qui prétendent gouverner le Congo Brazzaville.
Les tenanciers du pouvoir de Brazzaville sont résolument tournés vers le culte d’une politique criminogène et mortifère. Se disant avoir obtenu la capitulation des cadres ou des élites des régions du Sud, les tenanciers du pouvoir semblent s’intéresser désormais aux cadres de la région des plateaux. Et comme à leur habitude, quel qu’en soit le prix, ils créent une situation de catastrophe ou de crise politique et fabriquent des coupables qu’ils réduisent ensuite au silence. Et ce, au mépris de toutes les règles élémentaires de droit, de justice et de démocratie. Il en a été ainsi de la catastrophe du 4 mars 2012.
Souvenons-nous, de ces ensembles urbains ravagés par les déflagrations de ce dépôt de munitions d’armes de guerre avec en solde des pertes considérables en vies humaines, en biens et meubles et immeubles de citoyens Congolais. À cette occasion, tandis que des innocents croupissent dans les prisons, les possibles coupables jouent les justiciers.
Les rescapés de cette catastrophe quant à eux en sont encore à passer des nuits à ciel ouvert dans des abrits de fortune. D’ailleurs, encore aujourd’hui, certains d’entres eux peinent à se faire reconnaître la qualité de victime. Que de traumatismes, de psychoses, de souffrances morales et psychologiques infligées à l’ensemble du peuple Congolais !

La guerre civile multiforme et permanente est bien là.
La République du Congo est volontairement plongée dans la situation de guerre civile multiforme et permanente. ? la vérité, ayant perdu toute légitimité, les tenanciers du système politique de Brazzaville à n’en point douter sont habités par la peur de ne plus être au pouvoir.
D’où la volonté de concentrer les forces et les intelligences autour des seules questions de préservation du pouvoir, d’intérêts individuels, familiaux et claniques au détriment des aspirations du peuple. Mettre le peuple définitivement à genoux pour le soumettre à jamais et se maintenir au pouvoir indéfiniment, tel est l’essentiel du programme politique du sultanat de Brazzaville.

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