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POINT DE VUE

LA PAIX VERITABLE AU CONGO BRAZZAVILLE


Alwihda Info | Par Adil Abou - 1 Novembre 2012 modifié le 1 Novembre 2012 - 21:45

En dépit des atouts que nous évoquions, nous pouvons noter quelques faiblesses qui relèvent de la mauvaise répartition du revenu national


Par Ange Marie MALANDA
Denis SASSOU N’GUESSO ne cesse de parler de la paix. La paix ne signifie pas la cessation des hostilités militaires. Elle ne se limite pas à la paix civile, elle ne s’arrête pas avec le crépitement des armes. La paix signifie que nous ayons la capacité de permettre à chaque congolaise et congolais d’affronter le lendemain sans inquiétude.
Quand on décrète que tous les documents administratifs sont gratuits et que dans les faits, on constate que la corruption gangrène la délivrance des documents administratifs en grevant les coûts et en ponctionnant les Congolais. Quand des familles entières ne savent pas comment nourrir leurs enfants ou quand on meurt parce qu’on n’a pas de quoi s’acheter des médicaments en pharmacie, parler de paix me parait fallacieux.

La paix, c’est garantir au fier et vaillant peuple Congolais, une sécurité économique, sociale alimentaire, sanitaire, hygiénique et professionnelle.
On ne peut devenir, un pays émergent sans construire les infrastructures viables, sans chercher à améliorer sans cesse la productivité du travail et surtout on ne peut arriver à l’émergence économique si on ne met pas en œuvre les moyens qui permettent de revitaliser le secteur productif.
Si chaque Congolaise et Congolais peut exercer une activité professionnelle qui fasse que nous puissions tous avoir un revenu décent ; alors grâce à la redistribution du revenu national, nous pourrons garantir une certaine forme de paix sociale qui elle-même consoliderait la paix civile.
Engager un processus d’émergence économique signifie que nous ayons su développer l’enseignement professionnel et que nous soyons capable d’avoir des jeunes qualifiés dans les domaines dont l’économie nationale ressent le besoin.
Aujourd’hui, nous constatons que plus de 70% des actifs sont en chômage, sinon dans le désœuvrement dans un pays qui sans aucun effort d’assainissement des finances publiques voient ses recettes publiques augmentées grâce à l’amélioration permanente des termes de l’échange qui nous est favorable. N’aurait il pas été efficace que la puissance publique transforme cette rente en force productive pour éviter que notre pays retombe dans les turpitudes du passé.
Force est de constater que face à la flambée des cours de matières premières qui entretient une certaine forme de croissance dans les pays Africains ; l’occident s’appuie sur la recherche scientifique pour trouver les techniques qui lui permettrait de consolider son autonomie et de se passer des matières premières en provenance de l’Afrique subsaharienne, déjà avec les moteurs hybrides qui consomme moins de carburants, les énergies alternatives et autres technologies propres, il est clair que d’ici quelques décennie, les industriels se passeront de notre pétrole. Voilà pourquoi, nous devons sans plus transformer cette rente en force productive.

Avec 70% des actifs en chômage, sinon dans le désœuvrement, dire que le Congo Brazzaville sous la férule du chef de l’Etat a recouvré la paix, c’est se moquer du peuple.
Récemment, le pays a adopté le plan national de développement qui ferait du Congo Brazzaville, un pays émergent d’ici douze ans. C'est-à-dire en 2025 ; ce plan ne peut réussir que si chaque Congolais peut se l’amender, s’en approprier et donner le meilleur de soi, pour qu’ à l’unisson nous sortons notre pays de la torpeur ; c’est dans ce sens qu’il est urgent que l’on organise une conférence nationale sur la revitalisation du secteur productif visant à résorber le chômage massif des actifs, relancer la décentralisation en donnant plus d’initiative à nos collectivités territoriales et à favoriser la redistribution du pouvoir d’achat.
Congo Brazzaville ; Pays émergents en deux mil vingt cinq ?
Le président de la République du Congo s’est engagé à faire du Congo Brazzaville, un pays émergent à l’horizon deux mil vingt cinq.
Il y a près de trois décennies en arrière, monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, Président de la République, Chef de l’Etat, Chef suprême des Armées promettait la santé pour tous et l’autosuffisance alimentaire en 2000. Ayant passé deux mois à Pointe noire et Brazzaville cet été, j’ai pris le temps de faire les boutiques et marchés de deux principales villes du Congo Brazzaville ; j’ai constaté que les produits consommés proviennent de l’Asie, du Brésil ou de l’Inde et les gens se soignent avec les médicaments vendus à la sauvette dans les étales de nos rues.

Le taux de mortalité démontre que cet objectif de santé pour tous n’a pas été atteint. Ce n’est pas en faisant venir les produits importés du Brésil, de l’Inde, la Malaisie et la Chine que l’on atteindra l’autosuffisance alimentaire et on fera du Congo Brazzaville, un pays émergent en 2025.
Oui, le Congo Brazzaville a un potentiel qui lui permet de prendre toute sa place parmi les pays émergent. J’ai la ferme conviction que le Congo Brazzaville peut devenir un pays émergent, et il en a les moyens physiques, naturels, matériels, financiers et humains pour atteindre l’objectif que s’est assigné Denis SASSOU NGUESSO.
Cela suppose que nous puissions restructurer le secteur productif national et le revitaliser, que nous prenions à bras le corps la formation des cadres et que nous dotions le pays des infrastructures viables. On ne sera un pays émergent, que si les Congolaises et Congolais ont foi en eux, se mobilisent et prennent en main les principaux leviers économiques.
Je ne pense pas que les Chinois, les Brésiliens, les Malaisiens et les Indiens viendront sortir le Congo Brazzaville de sa torpeur et apporteront le développement.
Ce sont les Congolais seuls par le travail, le patriotisme et la consolidation de notre indépendance économique qui exige la diversification et une réelle liberté d’entreprise que nous pourrons tenir le cap pour faire du Congo Brazzaville un pays émergent dans douze ans.
S’il faut s’appuyer sur les tendances lourdes, je ne crois pas que notre beau pays puisse compter parmi les pays émergents d’ici une décennie. Le Congo Brazzaville perpétue une économie de traite basée sur l’exploitation et l’exportation des matières premières. Vu que les cours de ces produits ne cessent d’augmenter régulièrement, l’Etat engrange des recettes supplémentaires qu’il ne parvient pas à transformer en force productive.

Etre un pays émergent exige que nous ayons la maîtrise de notre économie, cette maitrise passe alors par le développement des infrastructures physiques, la relance de la production et la maîtrise de cout de production.
Aujourd’hui, quand vous vous rendez dans une boutique ou marché à Pointe noire et à Brazzaville sans convoquer les statistiques, on constate que notre pays ne consomme pas ce qu’il produit, conclusion, le secteur productif national est quasi inexistant. C’est pourquoi, nous disons qu’il nous parait difficile que notre pays devienne un pays émergent d’ici douze ans.
Les ainés se souviennent qu’en 1984, Denis SASSOU N’GUESSO s’était assigné comme objectif en 2000 : l’autosuffisance alimentaire et la santé pour tous ; que nous avons été incapables d’atteindre en 2000. Douze ans après l’an deux mil, le Congo Brazzaville continue à dépenser plus de 30% en importation des biens que nous sommes incapables de produire sur place (riz, tomate, lait, sardines et autres produits).
Oui, nous avons tout pour devenir un pays émergent à l’horizon de 2025, pourvu que nous puissions cibler les investissements de manière à ce que ceux-ci répondent aux critères de rentabilité économique et sociale.

L’objectif serait de revitaliser notre secteur productif, de doter le pays des sources d’énergie viable, d’améliorer sans cesse la productivité du travail et la qualité de vie de nos populations au sein même de nos villages, hameaux et districts.
Conduire le pays à l’émergence suppose que nous ayons su tarabuster l’économique, pris en main la formation professionnelle, nous soyons capables de construire, de maîtriser nos couts de production grâce à la faiblesse des prix de sources d’énergie, d’entretenir les infrastructures et gagner la bataille contre la corruption.

Notre pays dispose de nombreux atouts pour réussir et prendre la tête du peloton. Il est bien loti par la nature, il nous revient de saisir toutes les opportunités pour développer ce Congo Brazzaville.
Une population relativement faible, environ 4 millions d’habitants ; un taux de croissance de
3 %, une densité de 11 habitants au kilomètre carré, un niveau d’urbanisation assez élevé environ 65%. En outre notre beau pays dispose des terres suffisante, dix millions d’hectares, un réseau hydrographique enviable, un climat favorable à l’agriculture, avec une forêt dense qui couvre 22 millions d’hectares, des ressources pétrolières, minières et une position géographique dans le corridor naturel pour l’Afrique centrale feraient du Congo Brazzaville un pays prospère avec toutes les ressources financières acquises grâce à la conjoncture du marché depuis 1998.
En dépit des atouts que nous évoquions, nous pouvons noter quelques faiblesses qui relèvent de la mauvaise répartition du revenu national : le taux de mortalité maternelle est de l’ordre 781 pour 100 000 naissances, un taux de couverture vaccinale relativement faible autour de 74%, un niveau d’achèvement dans le primaire de 77%, un taux de chômage de plus de 75% des bras valides. Le climat des affaires n’inspire pas confiance, il faut 160 jours pour créer une entreprise alors que cela ne prend qu’à peine trois jours dans d’autres pays. Il est 181ème sur 183 pays dans Doing business 2012 et 183ième sur 185 pays en 2013. Voir le rapport Doing Business en cliquant sur le lien suivant :
http://francais.doingbusiness.org/data/exploreeconomies/congo-rep
La configuration de l’économie congolaise montre qu’elle est principalement basée sur le pétrole : 70% du PIB, 90%, des exportations, 80% des revenus.
Le secteur pétrolier est capitalistique et ne crée pas beaucoup d’emplois, parce que ce sont des emplois hyper qualifiants et très mécanisés. Le pétrole a très peu de lien avec l’économie locale. La diversification signifie une meilleure répartition de la contribution des différents secteurs à l’économie de notre pays.
Conduire le Congo Brazzaville sur l’arène des économies émergentes impose la diversification de notre base économique, c'est-à-dire notre économie aurait plusieurs composantes où l’agriculture, la manufacture et les services occuperaient toute une place prépondérante en réduisant la part de l’extraction et de l’exportation du brut. On fera en sorte que le Congo Brazzaville mise sur l’après pétrole, en revitalisant tout le secteur productif national. Force est de constater que sans un minimum de confiance et de mobilisation des Congolais dans l’œuvre de l’édification nationale, notre pays ne deviendrait pas un pays émergent en 2025
On nous avait promis la santé pour tous en l’an 2000, le résultat, c’est que le taux de mortalité ne cesse d’augmenter, les structures sanitaires sont délabrées, le système médical est gangrené par la corruption récusant le serment d’Hippocrate.
Dans son message du 13 aout 2012, monsieur Denis SASSOU NGUESSO a promis de prendre le taureau de la santé publique par les cornes en commençant à investir dans la formation des agents hospitaliers, la construction des structures sanitaires et de lancer l’assainissement de nos villes par un large programme d’hygiène publique, crois je savoir.
Entre temps, nous avons dit que, pour favoriser l’émergence de l’économie nationale, il fallait aussi se préoccuper de la formation professionnelle, le chef de l’Etat s’est engagé à faire de l’année 2013, l’année de l’éducation de base en mettant un accent particulier sur la formation professionnelle. Donc il va investir dans le capital humain. Ce qui va permettre aux jeunes ouvriers, techniciens, ingénieurs et cadres d’être capables de mieux se servir des technologies d’aujourd’hui et d’anticiper l’avenir.

Il y a la fibre optique qui va bientôt arriver le Congo Brazzaville a-t-il déjà formé les webmasters capables d’accueillir et d’user de cette technologie ? Il nous faut promouvoir une gestion prévisionnelle de ressources humaines susceptibles de répondre aux besoins économiques de demain en s’appuyant sur l’adéquation emploi formation.
Les engagements sont alléchants, ils suscitent une espérance de fond existentielle, mais étant donné que beaucoup de promesses n’ont pas été tenu, comme la plupart des Congolais, je crains que le discours du 13 aout 2012 demeure une coquille vide et que les objectifs ne soient pas atteints. D’où nous rappelons qu’au milieu des années quatre vingt, le chef de l’Etat s’était engagé de conduire sous sa férule, le Congo Brazzaville à l’autosuffisance alimentaire en 2000 ; si vous allez dans nos boutiques et marché, il est sur que vous constaterez que nous avons accru notre dépendance extérieure en importation des denrées alimentaires.
Etant dans un monde en compétition, le Congo Brazzaville qui s’est engagé à prendre sa place sur le podium des pays émergent doit d’abord revitaliser le secteur productif, se doter des infrastructures fiables, maîtriser nos coûts de production en faisant en sorte que le prix des sources d’énergie soit relativement bas et vendre moins cher les produits de bonne qualité.
On ne peut pas avoir une compétitivité prix avec les délestages, avec des couts d’électricité si élevé, et du personnel mal formé. Oui, nous avons les possibilités de faire du Congo Brazzaville, un pays émergent, à condition que nous sachions promouvoir la probité, la sanction et le mérite.

Il faut investir dans les infrastructures viables, dans la formation du capital humain et promouvoir la probité. Rendre notre pays attractif en matière économique par la fiabilité des infrastructures, la compétitivité prix et le savoir faire est possible si nous sommes sérieux, mobilisés et avons confiance en nos capacités de réussite.

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