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INTERNATIONAL

Parlement UE : Moussa Faki blâme esclavage et exploitation, "insulte exécrable à la dignité humaine"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 18 Mai 2017 modifié le 18 Mai 2017 - 23:08

Moussa Faki a notamment appelé les pays d'Afrique à une bonne gouvernance pour "constituer un levier essentiel de la renaissance recherchée."


En séjour à Strasbourg, où il a prononcé un discours au Parlement européen, avant-hier, le Président de la Commission de l'Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, a vanté le partenariat Europe-Afrique, appelant à une plus grande synergie des actions, notamment sur la question de l'émigration. Pour lui, il n'existe pas d'autres solutions quant à la question de l'émigration, si ce n'est de concourir au développement du continent africain, plutôt que de chercher à le déstabiliser. "Le défi que nous lance, tous, ce phénomène n’a point de solutions, à l’exception d’une seule : développer l’Afrique et réinventer pour notre jeunesse, un avenir meilleur dans le Continent. Notre partenariat trouve ici un champ, encore inexploité, d’une exceptionnelle communauté d’intérêts et d’avantages mutuels", selon ses propos.

Le Président de la commission, a, par ailleurs, souligné, que "l'Afrique a ses propres vues sur une série de questions", appelant au respect des choix et évolutions des moeurses du continent.

Esclavage, domination, asservissement, exploitation : une "insulte exécrable à la dignité humaine"

Le Président de la Commission de l'Union Africaine est revenu sur des moments troubles de l'histoire, estimant que "la colonisation de l’Afrique par des puissances européennes  a été, assurément, un moment controversé de notre histoire en commun. Oui, il y eut la domination, l’exploitation, l’asservissement, l’esclavage même, cette insulte exécrable à la dignité humaine dont les traces ne disparaîtront pas comme par enchantement".

"La colonisation tout au long de deux siècles aura mis face à face, nos cultures et nos civilisations si différentes dans leurs spiritualités et dogmes structurants, mais complémentaires dans leur humanisme et leur essentielle et impérissable inclination à la liberté", a-t-il souligné.

Toutefois, Moussa Faki a souligné qu'il n'est "pas venu, en passéiste, remuer le couteau dans les plaies et encore moins (se) laisser tenter par l’illusion d’une construction d’un destin continental en s’épanchant de l’exaltation d’un passé révolu", rappelant qu'il a "tout simplement voulu souligner le caractère indélébile des cicatrices laissées par ce legs d’hier tel qu’il est forgé et inscrit dans la mémoire collective des peuples africains".

L'Afrique "regorge de richesses"

Moussa Faki se veut ambitieux sur la destinée de l'Afrique, à la condition d'une "bonne gouvernance articulée sur une vision courageuse et déterminée de l’intégration africaine, d’incitations commerciales, d’effacement des barrières douanières, d’initiatives innovantes en agriculture propre et d’énergie renouvelable, en technologie  et services, constitue un levier essentiel de la renaissance recherchée". 

En effet, selon lui, "le continent africain regorge de richesses, que sont ses mines, ses ressources halieutiques, ses immenses étendues arables et surtout la vitalité de sa population majoritairement jeune".

​Un plan Marshall pour l'Afrique

Moussa Faki n'est pas contre et donne son avis pour la première fois, à ce sujet. "Cette conscience nous rend particulièrement attentifs et sensibles aux idées d’investissement dans le privé et de l’invention hardie d’un plan Marshall pour l’Afrique, concepts défendus opportunément par la présidence allemande du G20, à laquelle j’exprime du haut de cette prestigieuse et honorable tribune notre ferme soutien à ses démarches dans cette direction", a-t-il souligné, envoyant un message fort aux partenaires occidentaux.



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