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RCA : Lettre d’un Soldat au General Ferdinand BOMBAYEKE, Chef d’Etat-Major des Armées


Alwihda Info | Par FARASSE Zéphirin de Grace - 23 Septembre 2013 modifié le 23 Septembre 2013 - 20:59


RCA : Lettre d’un Soldat au General Ferdinand BOMBAYEKE, Chef d’Etat-Major des Armées
Monsieur le Chef d’Etat – Major, bonjour, mes admirations pour votre nomination le 10 septembre à la tête des Forces Armées Centrafricaines (FACA). J’estime que ce choix vient à un moment où l’institution militaire fait face à de multiples défis, mais elle consacre le retour de la vieille garde. Sinon, à travers cette missive je voudrai apporter ma modeste contribution à votre commandement pour que le pauvre centrafricain retrouve sa quiétude d’antan, je n’ignore pas la situation du pays, mais faut espérer. Si je n’ai pas fait autant à votre prédécesseur, j’étais retenu au champ avec la famille pour brouter ce qui est indispensable à l’estomac. On n’y peut rien, c’est la vie au pays des SELEKA.
Mon Général, depuis plus de deux décennies, la RCA est confrontée à une insécurité récurrente et les FACA démunies et politisées par les usurpateurs de la voix du peuple ont jugé utile de faire de notre institution de défense un outil à la cause de leur régime et non pour la défense de la Centrafrique. J’ose espérer que notre institution trouvera ses marques après tant d’années de désordre, de discorde, de haine et d’immobilisme. Je ne fais pas un procès à cette Armée qui était élite en Afrique Centrale, ni à nos militaires, oh…. mon Dieu, le vieux beau temps.

Par ailleurs, j’étais satisfait que les FACA fussent sortis de leur cachette, pour se présenter massivement au rassemblement après votre appel. Vous avez eu l’adhésion des frères d’armes qui comptent beaucoup sur votre professionnalisme et votre sens de diriger pour accomplir avec dignité cette mission noble dont vient de vous confier l’ancien chef rebelle devenu Président de la Transition. Quoique tardif, mais indispensable, vous disposez là d’un atout en ressources humaines pour votre commandement, protégez-les des bourreaux ex-SELEKA. Au moins, vous n’êtes pas un Chef d’Etat-Major sans Armées. Ces soldats ne sont pas défaitistes, il leur manquait juste ce qu’il fallait.

Malheureusement, par incapacité de penser et de gérer les affaires de la cité et l’outil militaire, BOZIZE fait souffrir le centrafricain maintenant. Que Dieu le pardonne dans son exil doré en France.

Alors, comme le premier axe prioritaire du gouvernement incompétent, premier complice de la SELEKA est la restauration de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, j’espère que les moyens conséquents pour monter une Armée Républicaine seront mis à votre disposition? Ne dit-on pas que mission égale à moyen ? Mon Général, ne commettez pas les mêmes trahisons de vos devanciers qui ont courbé l’échine devant l’incapacité de l’ancien Chef Suprême des Armées et de son fils J. Francis qui ont confisqué toutes les prérogatives de l’Armée entre leurs mains inexpérimentées. Pendant 10 ans, l’Etat-Major des Armées et la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale étaient des coquilles vides, et ses chefs se contentaient de miettes parcelles de commandement, en technicien de pacotille et non rompus au métiers des armes, ils avaient sacrifié les soldats en ne levant pas le petit doigt pour demander et exiger des décideurs politiques les moyens efficaces pour défendre la patrie, et qu’il leur faut la marge de manœuvre régie par les textes. Ils porteront sur leurs consciences le sang de ces soldats, et mutilés de guerre, sans oublier les victimes civiles. Celle qu’on appelait autrefois la ‘’ Grande muette’’ est sacrifiée par cette poignée de nullards qui ne voient que leurs propres intérêts. Ils se sont servis de la patience des hommes pour accomplir des actes de mauvaise foi allant jusqu’à instrumentaliser notre Armée. Des officiers, sous officiers, soldats de rangs, se sont faits manipuler jusqu’à créer le chaos au sein de l’Armée, votre arrivée sauvera le peu qui nous reste ? Finie cette Armée de copinage et de vagabondage et c’est pourquoi, il est de mon devoir comme pour tout le monde d’attirer votre attention sur les comportements de quelques officiers qui se trompent de leur mission et qui mélangent la politique et leur statut de militaire. Ils rôdent autour de vous et il faut s’en débarrasser si vous voulez réussir votre mission et surtout ne pas décevoir les centrafricains. L’Armée est le rempart du peuple, l’Armée est le rempart du peuple, l’Armée est le rempart du peuple. J’insiste dessus mon Général ! Je transmets là le cri du peuple endeuillé et meurtri.

Poursuivant, vous avez déclaré que votre ambition est de bâtir une Armée Républicaine avec une troupe de choc, il faudra donc procéder au brassage bandits ex Séléka et FACA. Un travail judicieux, sans complaisance devra être mené, souhaitons que vos techniciens auront la main libre pour que l’Armée Centrafricaine ne soit pas une rébellion organisée à l’instar d’autres pays que je tais le nom par peur de recevoir des visiteurs benguès qui vous ont fait roi. Alors, édifier une Armée exige une rigueur, car je crains que la R.C.A fasse l’expérience de pays où les anciens rebelles intégrés dans la grande muette n’obéissent qu’à leurs chefs.

Monsieur le Chef d’Etat–Major, j’ai entendu dire que des pègres ex Séléka suivent pour le moment la formation militaire, est ce vrai ?

Prochainement, qu’une enquête de moralité soit procédée pour ne pas refaire les erreurs du passé afin d’éviter l’incorporation de criminels de guerre dans notre Armée, car tôt ou tard les auteurs de délits seront poursuivis et si vous laissez faire, vous devenez complice, ce que je ne souhaite pas. Veiller à cela, dorénavant, plus de criminels dans les rangs. Pareillement, lorsqu’on envoie les gens en stage, il faut assurer un suivi, s’intéresser à leur scolarité, analyser le résultat obtenu. Le sentiment tue le commandement.

Aussi mon Général, vous avez été nommé à cette responsabilité par pouvoir discrétionnaire du Chef de la Transition, et vous avez fait la prison sous F.BOZIZE et loin de moi l’idée de douter de votre capacité de meneur d’hommes. Un seul conseil : un règlement de compte est nuisible à la R.C.A, en homme de Dieu que vous êtes, je crois que votre commandement sera placé sous le signe de « Dieu des Armées », appuyer vous sur l’Aumônerie Militaire dans toutes vos actions. Par la même occasion, je vous exhorte de ne pas confondre la Garde Présidentielle du temps de feu Président PATASSE à celui de Chef d’Etat-Major des Armées. En 2002 vous avez cautionné les Banyamulenges et leurs crimes afin de défendre bec et angles le barbu national, paix à son âme. A l’avenir, je vous prie de faire votre kpama (travail) en respectant l’étique du soldat et le Droit International Humanitaire. Vous avez la baïonnette silencieuse à votre disposition. Faites-en bon usage.

Ensuite mon Général, les qualités cardinales de l'Armée, à savoir le courage, la loyauté, le don de soi, le sens de l'honneur, le désintéressement et la probité, sont les vertus qui depuis de nombreuses années font cruellement défaut à nos classes dirigeantes successives, ce qui par voie de conséquence a amené la déliquescence de notre Armée, qui est la colonne vertébrale de la Nation, pour cela, elle doit être une Armée de citoyens, garante de l’intérêt supérieur de la République.

Je voudrai vous rappeler que l’officier est un meneur d'hommes et réactif. Maîtrisant l'art du commandement et sachant fédérer les énergies, sachant aussi maîtriser ses émotions, possédant le sens du devoir et l'esprit de décision dans la limite de ses attributions. En parcourant votre C.V je suis convaincu que vous n’êtes pas un Général d’ordonnance, faite votre kpama dans la loyauté pour la défense des intérêts de la RCA meurtrie par la trahison d’une partie de ses fils avides de gains faciles. Un peu de Laoulé vous donnera le tonus dans votre commandement. Rire…..Autant pour moi mon Général.

Monsieur le chef d’Etat-Major, sans vouloir abuser de votre temps et de ceux qui liront cette lettre, encore une fois permettez-moi de vous souhaiter bonne mission, et méfiez-vous des caméléons. Je vous prie de me faire grâce si je n’ai pas été tendre avec vous, on ne caresse pas au sens du poil dans l’Armée. Envoyer une copie à Michel, elle pourrait le servir.

Malimaka, le 22 septembre 2013
Un soldat rendant les honneurs !

FARASSE Zéphirin de Grace


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