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REPORTAGE

Tchad/Cameroun, le projet pipeline (PCC) ou une bombe chimique à retardement ?


Alwihda Info | Par - 5 Septembre 2014 modifié le 5 Septembre 2014 - 14:06


 
Les installations de Pipeline qui traversent la frontière entre ces deux pays ne sont qu’une bombe chimique à retardement. Selon les investigations de la rédaction d’Alwihda, sur les 1070 km, au long de pipeline, il n’y a pas de plans d’intervention dans un domaine spécifique, en cas de déversement de pétrole. Dans l’avenir proche, boire de l’eau, le long de route, est un suicide. L’eau serait empoisonnée, puisque le PCC traverse 25/26 des grands fleuves et des dizaines de petits cours d'eau qui sont vitales pour les populations locales et autochtones. Selon l’une de nos sources, le pipeline n’a pas été conçu en conformité avec les normes internationales. La procédure normale pour installer des pipelines dans ces cours d'eau est de procéder au mode jacking/tunnel avec des tuyaux mais la compagnie Exxon mobil (compagnie pétrolière américaine qui détient le projet) a préféré l'alternative moins chère, le OPEN DIG pour toutes les traversées de rivières, ce qui serait sans doute, la cause de l'empoisonnement inutile des eaux potables. Les méthodes de fouilles ouvertes, également, ont déployé des milliers de tonnes de ciment mélangé avec du remblai, utilisé comme contrôle de l'érosion. Une fois de plus, une méthode inefficace de protection de l’environnement. Quel ravage environnemental !
 
Si les préoccupations sécuritaires et sanitaires occupent une bonne place dans les contrats qui ont vue naitre la coopération Tchad/Cameroun autour du Projet pétrolier Pipeline qui s’étend du champ de pétrole de Kribi jusqu’au Cameroun, sur le terrain, les réalités sont-elles que, la vie des millions des personnes serait menacée. Les résultats des investigations que la rédaction d’Alwihda a menés auprès des experts et des ingénieurs travaillant sur le terrain, donnent lieu, de s’interroger sur les dispositions pratiques du Projet. Selon les révélations d’un ancien ingénieur d’Exxon Mobil, Alan M. Dransfield, à Alwihda, le projet pipeline Tchad/Cameroun a été exploité dans un vide juridique et il est prévu de continuer à fonctionner dans cet état pendant plus de 25 à 30 ans. Cet ingénieur britannique a osé poser le problème d’empoisonnement des eaux des rivières et des fleuves, tout au long des installations pétrolières qui s’étend du Tchad vers le Cameroun, à ses supérieurs de la compagnie. Mais ce dernier a été limogé par Exxon Mobil et immédiatement expulsé du Cameroun. Quel horreur !
Ce qui est dure à avaler parmi tous ces dégâts humains et environnementaux d’Exxon Mobil sur le projet pipeline Tchad/Cameroun, est que, les autorités de surveillance du PCC étaient au courant de ces irrégularités. Elles font sourde oreille et préfèrent sacrifier des millions de vie que de perdre leurs postes. Ce n’est pas tout. Les populations autochtones se trouvant tout au long de la voie ont été trompées par les demandes d'indemnisation. Les agriculteurs locaux ont perdu leurs terres et ils deviennent de plus en plus pauvres sans une couverture sociale de leurs gouvernements, moins encore d’Exxon Mobil. Selon un sociologue camerounais, natif d’un village traversé par les installations, le pipeline n'éliminera pas la pauvreté, ni au Tchad, ni au Cameroun. Dans l'avenir, ça sera encore bien pire et le calvaire des autochtones et la population riveraine ne fait que commencer. Sans compter la prostitution qui a encouragé la propagation des MST et du sida dans les zones équipées par Exxon Mobil. Les options les plus sûres pour réparer ces dégâts seraient de démanteler les installations du pipeline sans hésiter.
 

Gloria Ronel
Coordinatrice de rédaction. En savoir plus sur cet auteur

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