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INTERVIEW

Tchad : Lancement de la radio "Oxygène", son fondateur François Djekombe s'explique


Alwihda Info | Par - 22 Mai 2017 modifié le 22 Mai 2017 - 16:07

La radio commerciale oxygène a lancé officiellement ses activités, jeudi dernier, dans son local, au quartier Kamda dans le 7ème arrondissement de la capitale tchadienne, en présence de plusieurs invités.


François Djekombe
François Djekombe
Emettant sur un rayon de 40 km, elle vise à contribuer à l'épanouissement de l'économie et à améliorer le climat des affaires au Tchad, au moment où ce dernier traverse une conjoncture économique et financière difficile due à la chute du prix du pétrole. Elle traite d'autres thématiques telles que le sport, la culture et la politique.

Le fondateur de la radio Oxygène, François Djekombe nous explique dans un entretien, qu'il a accordé à Alwihda Info le mobile de la création, les objectifs assignés à cette radio, le nom Oxygène et son rayon de couverture.

Alwihda Info. Vous avez décidé de lancer la création d’une radio dénommée Oxygène. Expliquez-nous ce qui vous a conduit à créer cette radio ?

François Djekombe : Ce qui m’a conduit à créer la radio oxygène c’est que naturellement, moi j’aime la radio, étant enfant déjà. J’avais une grande passion pour la radio, j’étais dans un village où le chef de village écoutait la radio donc moi je passe souvent à côté, j’écoute et je suis tellement passionné par la radio. Etant petit, j’avais le sentiment que les gens qui travaillaient à la radio se trouvaient à l’intérieur du poste récepteur. Donc la radio créait une sorte d’effet magique sur moi, j’ai grandi avec ça. Quand j’était élève, la radio était ma principale source d’information. Je ne pouvais pas vraiment me passer d’une seule information des grands médias comme la BCC, ou RFI. J’ai toujours le poste récepteur collé à l’oreille. Depuis que j’ai fini mes études, le destin m’a orienté vers une radio pour laquelle j’ai travaillé, en l’occurence FM Liberté pendant 11 ans. Après cela, je suis allé à la BBC, et volontairement j’ai quitté pour rentrer au pays parce que j’avais ce projet de Radio Oxygène que je viens de créer. Donc, c’est vraiment une passion que j’avais pour la radio. C'est ce qui m’a poussé aujourd’hui de lancer la radio Oxygène.

Pourquoi vous avez choisi aujourd’hui de lancer cette radio commerciale, au moment où les activités commerciales tournent au ralenti ?

François Djekombe : C’est une très bonne question et c’est également le sens même de la création de cette radio parce que je me dis que si je lance une radio commerciale, au moment où il y a l’embelli économique, tout est rose, peut être que les gens ne verraient pas la nécessité parce que de toutes les manières, malgré la crise économique, notre pays a beaucoup d’opportunités à créer, sur le plan agricole, sur le plan de l’élevage. Sur tous les plans, le pays a des opportunités.

Je me dis qu’en créant une radio commerciale, la radio va donc amener les entreprises vers une saine concurrence à tirer l’économie vers le haut, comme j’ai l’habitude de le dire. Je crois que la radio est arrivé d’une manière pour participer, pas forcément pour résoudre la crise puisque la radio c’est pas un parti politique, c’est pas un gouvernement. On ne peut pas résoudre les problèmes des tchadiens mais la radio va contribuer avec des débats sur des thèmes de l’économie, sur les différents secteurs, et générateurs de revenus afin qu’on puisse contribuer dans une certaine mesure à l’épanouissement de la société sur le plan économique et commerciale. C’est l’objectif de la création de cette radio.

Je crois que malgré la crise, c’est une belle opportunité pour nous de pouvoir nous battre, et ça nous permet, pendant cette crise, d’évoquer, d’organiser des débats sur ce qui ne va pas. Pourquoi l’économie tchadienne est en berne ? Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi malgré les opportunités dont le pays dispose, on n’arrive pas véritablement à nous en sortir par rapport à d’autres pays qui n’ont rien. Vous prenez aujourd’hui des pays comme le Rwanda, sur le plan économique, qui n’ont absolument rien, des pays comme la Tunisie, le Burkina Faso qui n’ont pas de grandes ressources mais c’est une organisation, les gens s’organisent et ils s’en sortent pas mal, mais nous, dès que le prix de pétrole a chuté, c’était vraiment le chaos, on était en débandade, on ne se retrouvait pas, alors qu’on avait plein d’autres opportunités, des terres arables, des terres agricoles, qu’on peut développer pour pouvoir produire et vivre. On a du bétail, on a l’élevage, on a la possibilité de pêche, mais on n’arrive pas à nous en sortir, parce que nous étions pendant très longtemps concentré sur une seule ressource qui est le pétrole et dès que le prix a chuté. C’était la déroute. Donc, c’est l’objectif principal de la création de cette radio, et même si la crise est aujourd’hui résolue, la radio va continuer à apporter sa petite contribution pour le secteur économique et commercial au Tchad.

Pourquoi avez-vous choisi le nom « Oxygène » ?

François Djekombe : L’oxygène c’est l’un des gaz les plus importants de l’atmosphère et même quand on opère quelqu’un, on fait tout pour lui fournir de l’oxygène par des appareils. L’oxygène c’est l’air qui est indispensable à la vie, parce que notre atmosphère terrestre est constitué d’1/5 d’oxygène. C’est un gaz indispensable à la respiration.

Je me dis que nous sommes quand même dans un contexte économique un peu difficile, où tout est presque bloqué sur le plan économique, social. Rien ne bouge et il faut donner un nom qui est porteur d’espoir. Il faut vraiment être optimiste. Moi, que ce soit le nom de mes enfants, je donne un nom qui va être un peu comme le destin, qui va un peu porter chance à ces enfants pour les pousser à se donner. C’est dans ce sens que j’ai réfléchi pendant une heure de temps et je suis tombé sur la définition de l’oxygène. J’ai été vraiment séduit par cette définition là.

Aujourd’hui, la radio Oxygène est là pour pouvoir donner du souffle, donner un peu de respiration aux tchadiens, nous aider un peu, conscientiser les gens, informer les gens, les orientez sur les secteurs économiques, sur les secteurs porteurs d’espoir afin que les gens puissent s’épanouir.
 

Le siège de la nouvelle radio Oxygène.
Le siège de la nouvelle radio Oxygène.
Quelles sont les missions assignées à votre radio et les objectifs principaux ?

François Djekombe : En tant que radio commerciale, c’est vraiment de contribuer à l’épanouissement de l’économie tchadienne, d’une manière vraiment globale. Au delà, une radio c’est d’abord un outil d’information, comme tel, nous allons produire, pas seulement parler du secteur commercial. Nous avons dans notre grille de programme pas mal d’émissions sur le sport, la santé, l’environnement, l’éducation. Tous les thèmes qui intéressent la population et particulièrement la jeunesse, nous allons en parler. Notre cible serait vraiment la jeunesse et les enfants parce que nous voulons vraiment une société tchadienne de demain très responsable, où les gens cohabitent, se côtoient, se respectent, peu importe leurs différences, qu’on soit du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest, mais l’essentiel c’est qu’on est tchadiens, et qu’on arrive à se considérer les uns des autres. S’il y a des vertus qui sont développés comme une éducation de base de qualité, l’honnêteté, le respect d’autrui, je crois que les tchadiens peuvent donc vivres ensemble, s’accepter, se respecter.

Au delà de l’aspect économique et commercial de cette radio, elle prône le développement et la paix. D’ailleurs, dans notre crédo, nous disons que c’est la radio de développement. Nous allons participer à tout ce qui concerne le développement socio-économique et culturel du Tchad.

Avez-vous un message à lancer aux auditeurs tchadiens ?

François Djekombe : Aux auditeurs et surtout les lecteurs d’Alwihda Info, nous voulons dire que c’est une radio que nous avons créée mais qui ne nous appartient pas, la radio existe par rapport aux auditeurs, aux tchadiens. J’ai déjà lancé la radio, il se pourrait que demain je ne sois pas là, mais la radio va continuer à exister. La radio ouvre son canal 96.3Mhz pour permettre à tous ceux qui ont des messages de développement à passer, toutes les associations, les groupements, les corporations, les entreprises, les particuliers ; on est pas là seulement pour de la publicité des grosses boites mais tous les tchadiens, celui qui a un message à donner, celui qui a créé une entreprise, celui qui a une idée, celui qui veut apporter quelque chose pour le développement de ce pays, celui qui veut donner des conseils pour que l’autre jeunesse de demain soit une jeunesse respectée et respectable, la radio ouvre ses portes à tout le monde.

Nous ne pouvons continuer à vivre que si nous avons le soutien de nos auditeurs. Donc je les appelle à venir soutenir cette radio.

Votre radio peut émettre sur un rayon de combien de kilomètres ?

François Djekombe : Pour le moment, nous avons un émetteur de 500 watts qui couvre environ 30 à 40km à la ronde, mais c’est encore un début. Nous avons un pylône qui ne porte pas très loin parce que nous sommes dans un local qu’on loue, et avec le temps, si Dieu aide à ce que nous ayons le siège de la radio, nous pourrons avoir un pylône plus élevé avec 4 dipôles, c’est-à-dire 4 antennes, ça nous permettra de pouvoir véritablement élargir le rayon et couvrir les 80 ou 100km à la ronde.

Nous comptons dans un bref délai avoir un émetteur de 100 watts qui puisse porter un peu plus loin.

Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication du Tabloïd Alwihda Actualités. En savoir plus sur cet auteur