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POLITIQUE

Tchad: Le spectre d’une inapplication délibérée plane sur l’accord du 13 août


Alwihda Info | Par M.A. K/source Web - 30 Décembre 2007 modifié le 30 Décembre 2007 - 13:37


Tchad: Le spectre d’une inapplication délibérée plane sur l’accord  du 13 août

Le 13 août 2007, un accord a été signé entre le gouvernement de laRépublique du Tchad et la Coordination des Partis pour la Défense de laConstitution (CPDC). Cette initiative qui augurait une lueur d'espoir,de paix et de cohésion sociale entre les Tchadiens a été saluée parnombre d'observateurs internationaux.

L'Union européenne a été la première à s'être félicitée de cet accord à l'issue duquel une période de transition « de deux ans » a été instaurée et qui allait devoir permettre la mise en place d'un code électoral qui pourrait être suivi d'un recensement électoral général.Le but visé consistait à la mise en place des conditions acceptables par tous et qui détermineront le bon déroulement des échéances électorales à venir.

L'accord du 13 août 2007 prévoyait un partage équitable du pouvoir entre les deux parties signataires. Selon les termes de cet accord, le poste de Premier ministre pourrait revenir d'office à un membre de la CPDC. Celle-ci a réclamé également deux autres postes clefs comme le ministère des finances pour « restructurer et assainir les finances publiques » et le ministère de la défense nationale afin de réorganiser l'armée tchadienne pour la « transformer en une armée véritablement nationale.»

Le comité de suivi de l'accord du 13 août, présidé par Lol Mahamat Choua, a élaboré et présenté le projet d'un statut à la primature en vue d'obtenir un financement pour son fonctionnement. Les services du Premier ministre ont bloqué les démarches du comité de suivi de l'accord. Par ailleurs, l'inexistence d'un cadre juridique idoine qui détermine les conditions d'applicabilité du dit accord dans le temps et dans l'espace laisse perplexe quant à la moindre chance de le voir aboutir. Voilà pourquoi trois mois (jour pour jour) se sont écoulés sans que le fameux accord ait pu être mis en application.

Les obstacles de l'accord du 13 août 2007

Le Premier ministre Kassiré Coumakoye reste aux yeux de beaucoup d'observateurs comme la principale cause qui est à l'origine du blocage de l'accord signé entre la CPDC et le gouvernement. Il n'était pas favorable à cet accord dès le départ. Car il a toutes les raisons de craindre la perte de son fauteuil qu'il a retrouvé treize années après l'avoir perdu pour élire domicile à la Maison d'arrêt de N'Djamena pendant quelques mois. Autre facteur de blocage : le MPS. Il est difficile, pour le Mouvement Patriotique du Salut en tant que parti-Etat arrivé au pouvoir par les armes, d'admettre le partage du pouvoir avec d'autres sensibilités qui viennent ravir les postes-clés au sein du gouvernement. Le dernier facteur du blocage de l'accord du13 août 2007 peut avoir des rapports avec les accords de ralliements des différents mouvements polico-armés. Tout ce beau monde qui doit rentrer au pays (certains sont déjà arrivés à N'Djamena) doit être placé quelque part. D'où la crainte de presque tous ceux qui exercent ou occupent présentement un poste au Tchad. Le blocage actuel de l'accord signé entre la CPDC et le gouvernement arrange tous les «occupants » de postes à responsabilité qui pourraient éventuellement avoir quelque chose à se reprocher.

Le remaniement ministériel annoncé depuis un peu plus de deux mois et tant attendu tarde à se réaliser pour les raisons évoquées ci-haut.L'Union européenne qui s'est proposée de jouer le rôle d'« organefacilitateur » de l'accord a été prise de court par la successiond'autres accords qui vont tous dans le « bon sens.» Son mutisme actuelpeut être interprété comme : « Laissons les Tchadiens régler leursproblèmes entre eux. » Enfin, les partis politiques de l'oppositiondémocratique et la société civile ont toutes les raisons de craindred'être les victimes expiatoires car ils flairent le sentiment d'êtreoccultés par le pouvoir qui semble prêter plus d'attention à cettevague de l'opposition armée qui afflue massivement vers la légalité.

Mahamat Ahmat KEBIR



1.Posté par Moursi le 31/12/2007 11:53 | Alerter
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Est ce que vous avez le texte d'accord Mr. le Directeur de la rédaction