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OPPOSITION

Tchad: catastrophe humanitaire dans les villages tchadiens de Djimeze al Hamra et Molou


Alwihda Info | Par - ҖЭBIЯ - - 17 Septembre 2008 modifié le 17 Septembre 2008 - 18:48

Selon Ahmad Ismaïl, chef du Canton Djimeze Al Hamra, sa population ne connait pas de stabilité depuis quatre ans du fait des agressions de la milice de Deby. Sa population vit une véritable tragédie. Les gens se déplacent d'un lieu à l'autre pour échapper aux exactions de la milice et vivre en paix.


Tchad: catastrophe humanitaire dans les villages tchadiens de Djimeze al Hamra et Molou
CATASTROPHE HUMANITAIRE DANS LES VILLAGES TCHADIENS DES CANTONS DJIMEZE AL HAMRA ET MOLOU

Les attaques répétées et les exactions de la milice Abteke de Deby ont contraint le habitants des villages tchadien de canton Djimeze Al Hamra et Molou a se réfugier au Soudan. En ce mois d'aout, environ une vingtaine de villages se sont vidés de leurs populations. Abandonnés a leur triste sort par les autorités tchadiennes, ces gens ont trouvé refuge dans les villages soudanais frontaliers du Tchad. C'est le cas du village Aramkoul qui accueille chaque jour des dizaines de familles tchadiennes.

Les réfugiés arrivent dans cette localité par groupes de vingt à trente personnes. Ils sont à pieds ou à dos d'âne. La plupart d'entre eux se sont cachés plusieurs heures durant dans la brousse, notamment dans les champs. Ils n'ont quitté leurs cachettes qu'à la faveur de la nuit tombée pour entreprendre la longue marche qui les a conduits à Aramkoul. Ces déshérités sont dans un dénuement total. Ils manquent de nourriture, de vêtements et d'abris.

Selon Ahmad Ismaïl, chef du Canton Djimeze Al Hamra, sa population ne connait pas de stabilité depuis quatre ans du fait des agressions de la milice de Deby. Sa population vit une véritable tragédie. Les gens se déplacent d'un lieu à l'autre pour échapper aux exactions de la milice et vivre en paix.

La situation s'est aggravée en ces mois de juillet et d'aout avec l'intensification des attaques contre les villages. C'est le cas du village étêté qui a été rasé au début de la saison des pluies. En juillet c'était le village Birak et ses environs qui étaient la cible des agresseurs. Dès le début du mois d'aout, la milice qui s'est concentrée à Bali a été renforcée. Elle s'est ensuite déployée dans une zone qui va du Dar Tama au Département d'Assongha. Ahmet Ismaïl affirme que lors de ces attaques, les villages sont systématiquement pillés avant d'être incendiés. La milice tire sur tout ce qui bouge. Personne n'est épargnée. Les assaillants sont munis d'armes à feu de type M14, Famas, Fall, Gornov, RPJ7, Kalachnikov, etc. Ils sont montés sur des chevaux et des chameaux et portent des tenues militaires. Ceux qui ne parviennent pas à leur échapper sont torturés et souvent abattus ou pendus. Les filles et leurs mères sont violées.

Djougoum Erdey est le chef de la milice le plus cruel. Il sème le plus la terreur lors des attaques .Beaucoup de personnes ont été tuées par les hommes de Djougoun Erdey. C'est le cas des habitant de Dourno, Babanoussi et Chamchalkoul. Dans ces villages, on a tiré sur les gens. Il y a eu des morts et des blessés. Les survivants ont été jetés sur la route de l'exil. Comme ailleurs, ces villages offrent un spectacle poignant de désolation. Femmes, enfants et personnes âgées, abandonnées lors des attaques, rejoignent chaque jour leurs parents installés dans les villages soudanais. Les champs abandonnés sont utilisés par la milice comme paturages pour ses chevaux et chameaux. Les villages sinistrés sont: Bataina, Sarafaya, Babanoussi, Bagarkala, Koumakeigne, Louho, sarné, Korno, Etêté, Kirbat, Ardébé, Dorningué, Baronné, Silemba, outoumtaneigne, Boukolong, Nada, Ery,Habila, Tellig annar, Djimézé, Qadjar Kirbat, Torline, Dourné Kebir, Dourné Sakheir, amkarouba, Katang Garad, Gantolli, Gougouray, Daouna, Hillé Barang, Foutouatonné, Dinguerchale, et Chamchkoul. A Labate et Alboya la milice a tué quatre personnes dont une femme et son bébé.

Les différents groupes qui constituent la milice sont organisés en fractions ethniques. Les unités opèrent à l'intérieur de trois secteurs bien déterminés. Le premier secteur s'étend de Garoual à Am zoer. Il est tenu par des éléments appartenant aux tributs Bordât et Moudrai. C'est le secteur qui est placé sous l'autorité de Djougoun Erdey. La seconde zone opérationnelle de la milice couvre l'espace allant de Gnaya à Sarné. Elle est tenue par' des éléments Bideyat et Kobé. Le troisième secteur va de Singringné à Kawa jusqu'à Farchana. A l'intérieur de cet espace opèrent des éléments issus des tribus Massalit, Mourdia, Bria, Dro et Naoura.

Des hélicoptères de l'armée de Deby se posent régulièrement dans ces secteurs pour ravitailler la milice ou évacuer les malades.

De nouvelles attaques de grande envergure sont en préparation. Les chefs de la milice se sont réunis les 13, 14 et 15 aout à Singringné, Gorgole et Gindo pour programmer ces opérations contre les populations de l'est. A l'issue de ces rencontres, la milice de Deby a décidéz de détruire tout ce qui reste des villages du Dar Tama et du Département d'Assongha. Les opérations de destruction seront dirigées en premier lieu contre les villages situés à l'Est de Kawa.

Les principaux chefs qui ont pris cette décision sont Ali Djineiné, Koti, Maha mat Saleh et Adoum Berty. Après la clôture de leurs réunions, la milice a effectué plusieurs tirs de RPJ7 sur les villages Guildokong et Dokoko dans le canton Molou. Dans le même temps, la milice a lancé des opérations de fouilles et autres tracasseries dans la zone située à l'Ouest de Djokoko.

Il faut dire cependant que tout n'est pas rose dans l'alliance des groupes qui composent la milice. Des difficultés de collaboration n'ont pas tardé à apparaitre seulement quelques heures après la clôture des rencontres des chefs de la milice. Ces conflits d'intérêts ont occasion né des combats violents à Djokoko entre les fractions de la Milice.

Djeddé Kourtou Gamar

Porte-parole de l'UFCD


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