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TCHAD

Attaque de drones à Tiné : le Tchad en alerte maximale face à une escalade des tensions


Alwihda Info | Par Alwihda - 19 Mars 2026


Une attaque de drones survenue le 18 mars 2026 dans la localité de Tiné, à la frontière entre le Tchad et le Soudan, a provoqué une vive réaction des autorités tchadiennes et de nombreux acteurs nationaux et internationaux. Cette frappe, attribuée à des drones en provenance du Soudan, a causé la mort d’au moins 17 civils et fait plusieurs blessés, suscitant une onde de choc à travers le pays.


Réaction immédiate du chef de l’État

Face à cette attaque jugée « de trop », le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a convoqué en urgence un Conseil de défense et de sécurité au Palais Toumaï. À l’issue de cette réunion, des mesures fortes ont été prises, notamment la fermeture totale des 1 300 km de frontières avec le Soudan et la mise en état d’alerte maximale de l’armée nationale.

Le chef de l’État a également ordonné une riposte immédiate à toute nouvelle attaque, qu’elle provienne de l’armée soudanaise ou des Forces de soutien rapide (FSR). Une mission gouvernementale de haut niveau a été dépêchée sur place afin d’évaluer les dégâts humains et matériels et de rassurer les populations.

Condamnations officielles et mobilisation nationale

Dans un communiqué, le gouvernement tchadien a condamné une « agression d’une extrême gravité » contre son territoire, dénonçant une violation de sa souveraineté. Il a également exprimé ses condoléances aux familles des victimes et promis des mesures pour assurer la sécurité des citoyens.

L’Assemblée nationale du Tchad a condamné fermement l’attaque de drones et a dénoncé une violation grave de la souveraineté du pays et du droit international.

Le Conseil économique, social, culturel et environnemental (CESCE) a, lui aussi, condamné avec force cette attaque, la qualifiant d’« agression ignoble » et appelant à des poursuites contre les responsables. Il a salué la réaction des forces de défense et soutenu les décisions prises par les autorités.

De son côté, le Mouvement patriotique du salut (MPS) a dénoncé un acte « lâche et irresponsable », estimant qu’il s’agit d’une tentative de déstabilisation du pays et d’exportation du conflit soudanais sur le territoire tchadien.

La Médiature de la République a également exprimé sa profonde inquiétude et appelé à la vigilance et à la mobilisation des citoyens face à ce qu’elle considère comme un danger imminent pour la stabilité du pays.

Réactions internationales et appels à la désescalade

Les Nations unies au Tchad ont condamné fermement cette attaque, rappelant qu’elle constitue une grave atteinte aux civils et exhortant la communauté internationale à intensifier les efforts diplomatiques pour éviter une escalade du conflit dans la région.

Réactions politiques et débats

Sur le plan national, plusieurs voix se sont élevées. La sénatrice Zara Dillo a exprimé une profonde tristesse face à la perte de vies humaines, dénonçant une violence injustifiable contre des civils innocents et appelant à une meilleure sécurisation des frontières.

À l’inverse, certaines critiques ont émergé. Le leader politique Nasour Ibrahim Koursami a remis en question la gestion de la situation, appelant à plus de transparence et à des preuves concrètes concernant l’origine des drones, dénonçant un manque de réponses claires des autorités.

Conflit régional aux répercussions croissantes

Cette attaque intervient dans un contexte de guerre persistante au Soudan, dont les répercussions dépassent désormais les frontières. Les autorités tchadiennes accusent les parties belligérantes de tenter d’exporter leur conflit sur le territoire tchadien, mettant en danger les populations civiles et la stabilité régionale.

Dans ce climat tendu, les Forces de soutien rapide soudanaises ont également condamné l’attaque, accusant de leur côté l’armée soudanaise d’en être responsable et réaffirmant leur solidarité avec le Tchad.



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