Tchad: à N’Djamena, urgence de structurer les arrêts de minibus
À N’Djamena, l'absence de points d'arrêt aménagés pour les minibus pose des problèmes de sécurité et d'organisation urbaine. Des solutions structurantes sont nécessaires pour améliorer la mobilité et la sécurité.
Par Barra Lutter
Dans une capitale en pleine mutation démographique et urbaine, la question des transports publics devient de plus en plus centrale. À N’Djamena, la circulation des minibus, principal moyen de déplacement pour une grande partie de la population, se fait encore dans un cadre largement informel.
Résultat : arrêts improvisés, désordre routier et accidents à répétition. L’absence de points d’arrêt clairement aménagés s’impose aujourd’hui comme un problème de sécurité publique et d’organisation urbaine. Chaque jour, sur les principaux axes de la ville, les minibus s’arrêtent de manière brusque pour embarquer ou déposer des passagers.
Sans zones dédiées, les chauffeurs se rabattent sur les bords de route, souvent au milieu du trafic. Cette pratique, devenue quasi habituelle, ralentit la circulation et expose les usagers à des risques élevés de collision, notamment aux heures de pointe.
Les piétons, eux aussi, sont contraints de naviguer entre les véhicules pour monter ou descendre, dans un environnement peu sécurisé. Face à cette réalité, la mise en place de points d’arrêt aménagés apparaît comme une solution simple mais structurante.
Il s’agirait de définir, sur les grands axes urbains, des zones de stationnement espacées de manière régulière, tous les 150 à 200 mètres selon la densité des quartiers afin d’organiser la montée et la descente des passagers. Ces espaces permettraient non seulement de fluidifier la circulation, mais aussi de réduire significativement les comportements de conduite dangereux liés aux arrêts improvisés.
Au-delà de la sécurité, c’est toute une culture de mobilité urbaine qu’il faut repenser. Dans de nombreuses capitales africaines confrontées à des défis similaires, la structuration des arrêts de transport collectif a permis d’améliorer la discipline routière et de renforcer l’efficacité des déplacements.
N’Djamena ne devrait pas rester en marge de cette évolution. Les communes, en collaboration avec les autorités de transport et les acteurs du secteur informel, ont un rôle déterminant à jouer. L’installation de panneaux, l’aménagement de petits abris et la sensibilisation des chauffeurs pourraient constituer une première étape concrète. Mais au-delà des infrastructures, c’est une volonté politique et une organisation collective qui sont attendues.
Dans une ville où la croissance urbaine ne cesse de s’accélérer, anticiper les besoins de mobilité n’est plus une option, mais une nécessité. Structurer les points d’arrêt des minibus, c’est investir dans une circulation plus sûre, plus fluide et plus moderne pour N’Djamena.