AFRIQUE

Centrafrique : Les communautés religieuses formulent des recommandations pour consolider la paix


Alwihda Info | Par - 24 Septembre 2013



Un manifestant brandit une pancarte à Bangui. Crédit photo : Sources
BANGUI (Centrafrique) - L’Association des Cadres Musulmans de Centrafrique (ACCM) et ses partenaires Women’s World Coalition for the Green Sahel (Coalition Mondiale des Femmes pour un Sahel Vert) ; Fondation Islamique pour la Paix et le Développement en Centrafrique (FIPADECA) ; Réseau Afrique Central pour la Paix (RACPA) et Fédération pour la Paix Universelle (FPU), après avoir échangé du 19 au 20 septembre 2013 avec les participants représentant du Gouvernement, des organisations religieuses (Islamiques et chrétiennes), des organisations internationales; des organisations de la société civile au cours de l’atelier sur le thème « la consolidation de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique » ;

* Considérant que la laïcité et la liberté religieuse sont reconnues dans la Charte Constitutionnelle de la Transition de la République Centrafricaine ;

* Considérant que les religions islamiques, chrétiennes sont essentiellement au service de la paix et du développement

* Considérant que dans le contexte actuel de la Centrafrique les leaders de ces religions doivent œuvrer davantage pour consolider la paix et la cohésion sociale en synergie avec la plateforme existante ;

* Considérant que le dialogue interreligieux s’avère aussi nécessaire et indispensable pour désamorcer la crise centrafricaine sur fond de l’instrumentalisation de ces religions aux fins politiques et politiciennes

Recommandent

1. Au Gouvernement de Transition de :

* Garantir la laïcité et la liberté religieuse en République Centrafricaine ;

* Garantir la sécurité et l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire ;

* Impliquer davantage les associations religieuses dans le processus de Désarmement Démobilisation et Réinsertion ;

* Eviter l’instrumentalisation des religions islamique et chrétienne aux fins politiques

* Soutenir l’Association des Cadres Musulmans de Centrafrique (ACCM) et ses partenaires Women’s World Coalition for the Green Sahel (Coalition Mondiale des Femmes pour un Sahel Vert) ; Fondation Islamique pour la Paix et le Développement (FIPADECA) ; Réseau Afrique Central pour la Paix (RACPA) et Fédération pour la Paix Universelle (FPU) dans les activités qu’elles mènent pour la consolidation de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique

* Insérer la culture de la paix dans le programme éducatif centrafricain

2. Aux institutions internationales de :

* Soutenir les efforts du Gouvernement de Transition pour la restauration de la sécurité, la consolidation de la paix et la cohésion sociale

* Appuyer le Gouvernement avec des ressources humaines, matérielles et techniques pour la restauration de la sécurité, la consolidation de la paix et la cohésion sociale

* Apporter des soutiens multiformes à l’Association des Cadres Musulmans de Centrafrique (ACCM) et ses partenaires Women’s World Coalition for the Green

Sahel (Coalition Mondiale des Femmes pour un Sahel Vert) ; Fondation Islamique pour la Paix et le Développement (FIPADECA) ; Réseau Afrique Central pour la Paix (RACPA) et Fédération pour la Paix Universelle (FPU) dans les activités qu’elles mènent pour la consolidation de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique

3. Aux leaders religieux de :

* Pratiquer authentiquement les enseignements des Livres Saints notamment la Bible et le Coran

* Promouvoir et intensifier la culture de la paix et de la tolérance dans les prédications

* Elargir la plateforme existante aux Imams, Prêtres, pasteurs et aux laïcs engagés et aux Organisations Non Gouvernementale réligieuse

* Renforcer le dialogue interreligieux pour une connaissance mutuelle des religions et un engagement collectif pour la consolidation de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique.

4. A l’ACCM et ses partenires de :

* Maintenir le partenariat pour agir en faveur de la paix et de la cohésion sociale ;

* Continuer à organiser des sessions de formations et des activités scientifiques, culturelles et morales en faveur de la consolidation de la paix et de la cohésion sociale en Centrafrique ;

* Sensibiliser la population sur la consolidation de la paix et la cohésion sociale sur toute l’étendue du territoire ;

* S’impliquer dans la plateforme existante pour la consolidation de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique.

* Rechercher des financements pour la création des instituts de formations culturelles et religieuses.

RAPPORT GENERAL DE L’ATELIER

L’an deux mille treize et les 19 et 20 septembre, s’est tenue dans la salle de conférence du Complexe Sportif 20. 000 places, un atelier de réflexions et d’échanges sur le thème « la consolidation de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique » organisé par l’Association des Cadres Musulmans de Centrafrique (ACCM) et ses partenaires Women’s World Coalition for the Green Sahel (Coalition Mondiale des Femmes pour un Sahel Vert) ; Fondation Islamique pour la Paix et le Développement (FIPADECA) ; Réseau Afrique Central pour la Paix (RACPA) ; Fédération pour la Paix Universelle (FPU).

Cet atelier a été placé sous le haut patronage du Ministre des Affaires sociales de la famille et de la promotion du genren Mme Lucile Eurica. Mazangué

La cérémonie d’ouverture a démarré par les prières pour la paix dites successivement par l’imam Malik Maliko et le pasteur Anatole Banga, coordonnateur de l’organisation Nations en Marche Mission et Jeunesse.

Après ces prières, le Président du Comité d’Organisation dudit atelier le Docteur Aboubakar Backo, dans son allocution introductive a situé le contexte de l’atelier qui selon lui, s’inscrit dans le cadre de la la Journée Internationale de la Paix célébrée le 21 septembre de chaque année..

Selon le président du comité d’organisation l’atelier qui s’intitule « la consolidation de la paix et de la cohésion sociale en Centrafrique » vise dans le contexte actuel de notre pays à désamorcer le climat délétère qui prévaut dans les deux communautés chrétiennes et musulmanes depuis le changement intervenu dans notre pays le 24 mars 2013 jusqu’à nos jours. Le président du Comité d’organisation a dénoncé l’instrumentalisation des religions à des fins politiques, ce qui attise les tensions communautaires. Il a loué les efforts accomplis jusque-là par le gouvernement de transition avec l’appui des partenaires au développement pour la restauration de la sécurité et la paix et leur a demandé d’aller de l’avant. Le président du Comité a conclu ses propos en rendant un hommage particulier Me Fatou Mbaye consultante et avocate internationale, pour son expertise, sa sollicitude et sa proximité agissantes en faveur de la paix dans notre pays.

Dans son discours d’ouverture, Mme la Ministre Lucile Eurika Mazangué a encouragé l’initiative conjointe de l’Association des Cadres Musulmans de Centrafrique (ACCM) et ses partenaires Women’s World Coalition for the Green Sahel (Coalition Mondiale des Femmes pour un Sahel Vert) ; Fondation Islamique pour le Développement et la Paix(FIPADECA) ; Réseau Afrique Central pour la Paix (RACPA) et Fédération pour la Paix Universelle (FPU) visant à mettre en synergie leurs efforts pour la consolidation de la paix et la cohésion sociale dans le contexte actuel de notre pays. Elle a ajouté qu’au moment où notre pays connaît des troubles militaro-politiques sur fond de tensions communautaires, le présent atelier vient à point nommé. Elle a exhorté les participants à apporter des contributions positives au cours des différents travaux et à faire bon usage des résultats. Sur ce, elle a déclaré ouvert les travaux de l’atelier sur « la consolidation de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique ».

A la reprise des travaux, un bureau constitué d’un modérateur et d’un rapporteur a été mis en place suivi des différentes présentations des thématiques de l’atelier.

La première intitulée ‘l’Histoire de la pénétration de l’Islam en Centrafrique’ a été présenté par le Docteur Nour Moukadas, enseignant chercheur à l’Université de Bangui. L’intervenant a situé l’auditoire sur les données archéologiques concernant les localités Nord-Est de l’Oubangui Chari, l’état des connaissances des données archéologiques dans les localités de Dar-el-Kouti, le Oudai comme tête de pont de la pénétration de l’Islam en terre oubanguienne. Il a précisé que le Dar-El-Kuti a joué un rôle important dans le rayonnement de l’Islam en Oubangui. On retient que la pénétration de l’Islam en Centrafrique s’est faîte par vague successive de 1830 à 1911.

La deuxième thématique présentée l’Imam Milik Maliko sur « L’Islam et la paix » a permis aux participants de comprendre que l’Islam est une réligion de la paix et que les déviances observées par ci par là constituent des actes que le Saint Coran reprouve. Ce Livre sacré promeut la culture de la paix, le respect de la liberté religieuse et la coexistence pacifique entre les chrétiens et les musulmans.

La troisième thématique sur « Le christianisme et la paix » présentée par le Pasteur Anatole Banga, Coordonnateur de l’Organisation Nations en Marche Mission et Jeunesse a rappelé les paroles fortes des Saintes Ecritures sur la paix, précisément celles des Béatitudes‘ ’Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ‘ (Mat 5 :9) et du corpus pauliniens - Le royaume de Dieu est la justice, la paix et la joie (Romains 14 :17) ; ‘Ainsi donc recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle (Romains 14 :19.

La quatrième thématique développée par l’Abbé Ludovic Kpéfio, Responsable diocésain du dialogue interreligieux, aborde « les pistes pastorales et suggestions pour favoriser un dialogue islamo-chrétien ».

Selon l’Abbé, « Depuis le Concile Vatican II, l’Eglise Catholique Apostolique Romaine recommande de regarder avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout- Puissant, Créateur du Ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Les musulmans sont proches des chrétiens par le fait qu’ils croient en Dieu Un, mais aussi à cause de leur soumission à sa volonté, à la suite d’Abraham, notre père commun. Vingt siècles après la déclaration du Concile Vatican II sur les relations de l’Eglise avec les autres religions, le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux (CPDI) avait publié un document sur l’importance du dialogue intitulé «Dialogue et Annonce, réflexions et orientations concernant le Dialogue interreligieux et l’annonce de l’Evangile de Jésus Christ.

Dans ce document on retrouve les quatre formes de dialogue interreligieux à savoir ; le dialogue de la vie, le dialogue des œuvres, le dialogue des échanges théologiques et le dialogue de l’expérience religieuse ».

De ce point de vue, les religions ne peuvent que promouvoir la paix, valoriser ce qu’elles ont en commun, refuser l’instrumentalisation des religions à des fins politiques pour justifier les guerres et les autres formes de violences, promouvoir le respect et la connaissance mutuelle ; former les consciences collectives et promouvoir les Droits de l’Homme.

Toutes les interventions étaient suivies des échanges fructueux.

Les participants se sont séparés sur des suggestions de drafts des recommandations et des plans d’action après des travaux en groupes.

Le vendredi 20 septembre 2013, après avoir pris part activement à la célébration officielle de la Journée Internationale de la Paix, au Palais du Conseil National de la Transition, les participants se sont retrouvés, dans la salle de conférence du Complexe Sportif 20. 000 place, à 13 hpPour la reprise des travaux de la deuxième journée de l’Atelier. Celle-ci a démarré par la communication de Me Fatou Mbaye intitulée « Tous ensemble pour la paix en Centrafrique » suivi des échanges.

Ensuite, les lauréats primés des concours de poèmes et contes ont été invités à lire publiquement leurs œuvres sur la paix.

Les travaux dudit atelier se sont achevés par une cérémonie de clôture présidée par la Ministre des Affaires Sociales aux côtés de qui on notait la présence de certains membres du gouvernement, des institutions internationales, des leaders religieux et par un point de presse avec les journalistes de la presse publique et privée.

Fait à Bangui, le vendredi 20 septembre 2013

Le Rapporteur de l’Atelier
Fleury Fulgence BANALE

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