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Comment Belmokhtar a planifié l'acte terroriste à partir de la Libye?


Alwihda Info | Par - 24 Janvier 2013


L’attaque du site gazier a été planifiée à partir de la Libye, où Belmokhtar a recruté les 29 mercenaires qu’il a armés avec un arsenal et habillés d’uniformes libyens. Seuls quelques-uns, dont trois Algériens, sont venus d’Aguelhoc, au nord du Mali. Les éléments du commando sont entrés séparément à bord de 4x4.


Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, n’a pas tout dit sur l’attaque du site gazier d’In Amenas. Il a déclaré que le commando de mercenaires, commandé par Mokhtar Belmokhtar, a mis deux mois pour préparer cet acte terroriste à Aguelhoc, une ville de l’Adrar des Iforas située à 430 km au nord de Gao, 80 km au sud de Tessalit, à 150 km au sud de Tamanrasset et à plus de 2000 km d’In Amenas. En fait, seuls quelques-uns, dont les trois Algériens, les Mauritaniens et les Maliens ont fait le déplacement d’Aguelhoc jusqu’à In Amenas pour rejoindre la Libye, où la planification de l’opération a eu lieu sous la direction de Belmokhtar et avec l’aide des groupes djihadistes. Des sources sécuritaires affirment que «l’opération a été organisée et préparée en Libye, sous la direction de Belmokhtar. Seuls quelques éléments sont venus du nord du Mali pour renforcer le groupe. Les autres, comme les 11 Tunisiens, les Egyptiens et le Canadien étaient en Libye, avec Mokhtar Belmokhtar».
Elles expliquent que l’armement lourd, notamment les mines antichar, les rampes de missiles, les lance-roquettes, les FMDP (Doutchka) et les explosifs militaires qu’ils avaient en leur possession ne provient pas du nord du Mali, mais plutôt de Libye où des tonnes d’armes de guerre avaient été larguées par l’aviation française durant l’insurrection contre le régime d’El Gueddafi.
«Au Mali, il est facile d’acquérir des armes légères, mais en Libye c’est plutôt l’armement lourd qui est disponible dans chaque quartier. Des sources sécuritaires avaient signalé la présence de Belmokhtar à Tripoli, avec certains responsables et de nombreux djihadistes. C’est sur le territoire libyen que le plan de cette attaque a été préparé et c’est avec l’armement libyen et des tenues militaires libyennes qu’il a été exécuté», révèle notre source.
Des révélations qui rejoignent celles faites hier par des sources islamistes libyennes à l’Agence française de presse (AFP) qui reconnaît avoir obtenu les numéros de téléphone des membres du commando pour servir de relais médiatique. «Le commando a bénéficié d’une aide logistique fournie depuis la Libye pour mener l’attaque (…). Les islamistes libyens ont été chargés d’établir le contact entre les ravisseurs et les médias. Ainsi, les médias internationaux, dont l’AFP, ont pu se procurer des numéros de téléphone de ravisseurs, fournis par les milieux islamistes libyens qui ont établi leur base dans l’Est libyen.»
Cette connexion entre les preneurs d’otages d’In Amenas et les intégristes libyens ne surprend personne eu égard à la situation de chaos dans ce pays et son impossibilité à contrôler son territoire et encore moins ses frontières, car ceux qui en assurent la surveillance sont pour la plupart, révèle l’AFP, des membres du Groupe islamique libyen pour le combat (GILC) qui avait fait allégeance à Al Qaîda et s’était mis sous sa coupe à sa création. Certaines sources n’hésitent pas à faire le lien entre l’attaque d’In Amenas et le limogeage, trois jours après, d’Al Seddik Al Obeidi, ancien vice-ministre de la Défense pour les gardes-frontières, un ancien membre et fondateur du GILC.
Autant d’informations qui prouvent que Belmokhtar a recruté le plus gros de ses mercenaires en Libye et les a armés avec un arsenal libyen. Alors, pourquoi nos autorités n’ont-elles pas dit toute la vérité ? Tout comme nous ne savons pas pourquoi le bilan des pertes dans les rangs des forces de sécurité a été frappé du sceau du secret. Le Premier ministre a tout simplement déclaré : «Il y a eu un otage algérien tué et quelques militaires blessés…» Elwatan

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