TCHAD

Constitution : Le Tchad écarte sa jeunesse des postes de Président et vice-Président


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 3 Décembre 2020



Le président du Tchad Idriss Deby. © Alwihda Info
La nouvelle Loi constitutionnelle adoptée jeudi à l'Assemblée nationale consacre l'abaissement de 45 à 40 ans l'âge requis pour se présenter à la présidentielle. Le Tchad ayant une population majoritairement jeune, la plupart des citoyens sont exclus de ce poste.

La Loi détaille les critères obligatoires pour être nommé vice-Président de la République. Il faudra également avoir l'âge minimum de 40 ans et être exclusivement de nationalité tchadienne.

La future Loi fondamentale révisée consacre des dispositions qui peuvent être perçues comme discriminatoires : un citoyen de père tchadien et de mère d'une autre nationalité (ou vice-versa) ne peut pas devenir Président ni vice-Président. Pour aspirer à l'un des deux postes, le citoyen devra être né de père et mère tchadiens et n'avoir pas de nationalité autre que tchadien. S'agissant du poste de Président de la République, le candidat doit être tchadien de naissance. Un tchadien né à l'étranger est donc exclu.

L'âge moyen au Tchad est de 19 ans. L'âge médiane est de 14,8 ans, selon l'INSEED. Plus de 80% des tchadiens sont âgés de moins de 45 ans, selon la présentation de Kébir Mahamat Abdoulaye lors du 2ème Forum national inclusif.

Peu avant l'adoption de la Loi constitutionnelle, le député Saleh Kebzabo a appelé à lever le verrou en laissant la possibilité à la jeunesse de se présenter à la présidentielle. Le ministre de l'Enseignement supérieur David Houdeingar a rétorqué qu'à 40 ans, "on est aussi jeune".

En novembre dernier, le président des Transformateurs Succès Masra, a déclaré, dans un entretien sur Tchad 24, que "la voix du peuple c'est la voix de la majorité". Pour lui, il est inconcevable que le chef de l'État puisse nommer des personnes âgées de 18 ans à des postes de responsabilité mais qu'il leur interdit d'être des candidats à la présidentielle. 

Dans son discours de clôture du 2ème Forum national inclusif, le chef de l'État Idriss Deby a exhorté "les jeunes et les femmes qui sont nos chevaliers du développement à prendre toute leur place dans cette phase historique de la vie de la Nation". Il a déclaré que "sans la participation active et dynamique des jeunes et des femmes dans la vie politique et les divers secteurs productifs, l’émergence tant souhaitée ne serait qu’une vue de l’esprit". La jeunesse est donc incitée à se frayer une place mais en dehors des fonctions pouvant lui permettre de présider aux destinées du Tchad.

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