TCHAD

Discours du président Déby, sommet de la CEDEAO : "L’heure n’est plus aux discours moins encore à des nombreuses procédures, mais plutôt à des actions. "


Alwihda Info | Par - 28 Février 2013



Messieurs les Chefs d’Etat et Chers Frères ;
Mesdames et Messieurs les Chefs de Délégations ;
Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO ;
Mesdames et Messieurs les Ministres ;
Messieurs les Représentants Spéciaux du Secrétaire Général des Nations Unies et de l’Union Africaine ;
Mesdames et Messieurs les membres du Corps Diplomatique ;
Distingués invités ;
Mesdames, Messieurs

Je voudrais, avant tout propos, exprimer mes sincères remerciements à mon frère, le Président ALASSANE DRAMANE OUATARA, Président de la République sœur de Cote d’Ivoire, Président en exercice de la CEDEAO qui me convie pour la deuxième fois à un Sommet ordinaire de cette organisation sous-régionale d‘intégration. Cette deuxième invitation, en moins d’un mois, est un signe de confiance réciproque et un grand honneur fait au peuple tchadien. 
Je voudrais aussi remercier tous les Chefs d’Etat qui nous ont exprimé leurs compassions et condoléances suite à la mort de nos soldats tombés sur le champ de bataille à Ifoghas.
Permettez-moi enfin d’adresser ma profonde gratitude à mes Frères Chefs d’Etat des pays membres de la CEDEAO pour leur participation active au Sommet de la CEN-SAD tenu à N’Djaména le 16 de ce mois. Votre présence est le signe éloquent de la volonté manifeste de construire notre sous-région. 


Messieurs les Chefs d’Etat et Chers Frères ;
Mesdames et Messieurs 

C’est la deuxième fois que nous nous réunissons à l’occasion d’un Sommet extraordinaire sur la crise politico-sécuritaire que connaît un pays frère, en l’occurrence la République du Mali dont l’unité nationale et l’intégrité territoriale sont dangereusement menacées. 
Certes, la France depuis le 11 janvier de cette année avec la participation des armées maliennes et des forces coalisées, ont réussi à reconquérir les villes occupées par les narcotrafiquants et quelques illuminés se réclamant des djihadistes. 

Mais cela ne voudrait pas pourtant dire que le péril est éradiqué. Bien au contraire, l’ennemi s’est retiré dans les montagnes des Ifoghas pour mener une guerre pernicieuse et des actions de terrorisme visant à harceler les forces de défense et de sécurité et en semant la désolation dans les familles maliennes déjà durement éprouvées.
C’est pourquoi, profitant de la tribune de ce Sommet, je voudrais nous rappeler à nous tous, notre responsabilité face à l’histoire. L’heure n’est plus aux discours moins encore à des nombreuses procédures, mais plutôt à des actions.Des concertations sont certes nécessaires à la conduite de nos actions, mais l’ennemi n’attend pas.
C’est donc dans ce registre, que nous appelons l’état major de la CEDEAO à plus de célérité en accélérant l’envoi des troupes dans les zones libérées afin de renforcer la sécurité des biens et des personnes. 

L’effectivité de l’intervention des forces de la Mission d’internationale et de soutien au Mali s’impose à nous d’autant plus que la mission des forces françaises s’achèvera à la fin du mois de mars comme l’a annoncé Monsieur FRANÇOIS HOLLANDE, Président de la République Française.

Il est de plus en plus question de transformer la MISMA en une opération de maintien de la paix sous mandat des nations unies. L’idée est acceptable si la question du mandat est clarifiée et qu’il permette la neutralisation des groupes de terroristes et des narcotrafiquants.
En de pareilles circonstances, il n’est pas aisé de parler de soi mais permettez-moi de relever ici, notre souhait de voir, aux côtés des troupes tchadiennes dans les montagnes de l’extrême nord du Mali, des troupes des pays frères africains. Sachant l’ennemi aussi farouche et déterminé, notre projection en homme est allée au-delà de deux mille, ceci justement pour assurer nos responsabilités dans le soutien apporté au Mali.
Nous déplorons à ce jour25 hommes et 50 blessés.Le peuple tchadien tout entier, sans exception s’est joint unanimement à moi pour saluer la mémoire de ces héros de la liberté et de la paix du continent africain. 
L’engagement du Tchad aux côtés des Forces de la CEDEAO et de la France s’inscrit dans le cadre de sa vision fondée sur les valeurs que sont la Liberté, la Paix et la Démocratie. 


Messieurs les Chefs d’Etat et Chers Frères ;
Mesdames et Messieurs

Tout en notant que l’heure est grave car le Mali est menacé dans ses fondements, je voudrais m’adresser aux autorités de transition, aux leaders politiques, à la société civile et aux dignitaires religieux du Mali, de se surpasser et de faire taire les dissensions internes en privilégiant le dialogue et d’en favoriser les conditions. A mon Frère DIONCOUNDATRAORE, dont la détermination est connue, je voudrais lui redire notre soutien.

C’est une vocation de choisir le métier des armes, à vous mes frères d’armes militaires maliens, votre place est au front pour accomplir la mission qui est la vôtre, c’est à dire de défendre la souveraineté et l’intégrité du Mali. Nous vous attendons dans le nord du Mali à la lisière de la frontière algérienne.

Messieurs les Chefs d’Etat et frères ;
Mesdames et Messieurs

Je ne saurais terminer mes propos sans me féliciter de la décision des plus hautes autorités burundaises d’envoyer des troupes au Mali, mais aussi de la signature de l’accord cadre sur la République Démocratique du Congo par les onze Etats africains sous l’égide des nations unies. Une étape importante pour la paix sur le continent. Enfin, je profite de l’opportunité que m’offre la tribune du 42éme sommet pour porter à la connaissance de mes frères maliens et à ceux de l’Afrique de la détermination de vos frères tchadiens à vos côtés pour la libération totale du Mali et de l’éradication totale des terroristes de l’espace sahélo-sahariens.

Je vous remercie de votre aimable attention.
Rédaction d'Alwihda Info. En savoir plus sur cet auteur

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