Le miroir brisé. C'est ce que le Tchad est depuis que le peuple qui occupe ce pays ne se dit pas responsable de l'état dans lequel il a plongé la mère patrie. De la souveraineté de façade à la faillite de la responsabilité personnelle et collective, le peuple tchadien est dans un processus de déni permanent de son échec.
Depuis 64 ans, le Tchad danse une danse macabre avec son histoire, une chorégraphie où le pas en avant vers l'indépendance est systématiquement annulé par deux pas en arrière vers l'excuse. Le constat est amer. Les tchadiens nous sont devenus les champions du monde du bouc émissaire.
Pour l’élite intellectuelle du Sud, le coupable est tout trouvé : l’Église. On accuse la charité chrétienne d’avoir anesthésié les instincts de survie, transformant une éthique spirituelle en une infirmité politique. Au Nord, le récit est inverse mais le mécanisme identique : on fustige l'exclusion coloniale et les premiers régimes pour justifier un retard éducatif qui, des décennies plus tard, sert encore de paravent à l’immobilisme.
Tous les deux pointent des doigts accusateurs vers la France qui demeure leur bouc émissaire perpétuel. Un double langage qui revendique la souveraineté dont on se dit jalouse le jour, tout en lui imputant nos échecs de gouvernance la nuit. Dr Jekyll et Mr Hyde. Une schizophrénie qui cache mal l'incompétence maladive d'un pays sans repères. Si le problème est toujours « ailleurs », chez l’ancien colon ou à l'église, ou chez Tombalbaye, alors la solution ne peut jamais venir de « soi ».
La culture de l'irresponsabilité a transformé la gestion de l’État en un sport national de la fausseté. Entre la cupidité des uns et la haine identitaire des autres, le Tchad est pris en otage par une classe dirigeante qui préfère la bonne conscience du martyr ou de la victime à l’humilité de l’autocritique.
Le pays ne se relèvera pas par des décrets mais par une révolution mentale. Tant que l’imputabilité ne sera pas au cœur de notre contrat social, la souveraineté ne sera qu’un mot creux. La question reste posée : la nouvelle génération osera-t-elle briser ce cycle de la bêtise, ou se contentera-t-elle de réciter les litanies de nos vieux prétextes ?
Depuis 64 ans, le Tchad danse une danse macabre avec son histoire, une chorégraphie où le pas en avant vers l'indépendance est systématiquement annulé par deux pas en arrière vers l'excuse. Le constat est amer. Les tchadiens nous sont devenus les champions du monde du bouc émissaire.
Pour l’élite intellectuelle du Sud, le coupable est tout trouvé : l’Église. On accuse la charité chrétienne d’avoir anesthésié les instincts de survie, transformant une éthique spirituelle en une infirmité politique. Au Nord, le récit est inverse mais le mécanisme identique : on fustige l'exclusion coloniale et les premiers régimes pour justifier un retard éducatif qui, des décennies plus tard, sert encore de paravent à l’immobilisme.
Tous les deux pointent des doigts accusateurs vers la France qui demeure leur bouc émissaire perpétuel. Un double langage qui revendique la souveraineté dont on se dit jalouse le jour, tout en lui imputant nos échecs de gouvernance la nuit. Dr Jekyll et Mr Hyde. Une schizophrénie qui cache mal l'incompétence maladive d'un pays sans repères. Si le problème est toujours « ailleurs », chez l’ancien colon ou à l'église, ou chez Tombalbaye, alors la solution ne peut jamais venir de « soi ».
La culture de l'irresponsabilité a transformé la gestion de l’État en un sport national de la fausseté. Entre la cupidité des uns et la haine identitaire des autres, le Tchad est pris en otage par une classe dirigeante qui préfère la bonne conscience du martyr ou de la victime à l’humilité de l’autocritique.
Le pays ne se relèvera pas par des décrets mais par une révolution mentale. Tant que l’imputabilité ne sera pas au cœur de notre contrat social, la souveraineté ne sera qu’un mot creux. La question reste posée : la nouvelle génération osera-t-elle briser ce cycle de la bêtise, ou se contentera-t-elle de réciter les litanies de nos vieux prétextes ?
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(Éditorial) Tchad : autopsie d'une démission collective








