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Etudiants : Le silence de trop du gouvernement tchadien


Alwihda Info | Par - 11 Novembre 2013


"Nous vivons dans la misère totale, un an sans bourse et puis la loi Russe ne permet pas aux étudiants étrangers de travailler pendant les périodes scolaire. Le gouvernement tchadien doit voir notre sort, pourtant le Tchad est un pays pétrolier qui produit plus de 220.000 barils par jour et on nous donne 150.000 Francs CFA par an", explique Issakha Mahamat, étudiant tchadien en Russie.


Des étudiants tchadiens en Russie.
Le Tchad, c'est le pays qui peut débloquer 4 milliards de Francs CFA dans une Ambassade en Afrique du Sud, 3 milliards pour une chancellerie à Addis-Abeba, 160 milliards pour un guerre au Mali, prendre en charge plus d'une quarantaine de ministres sans pour autant avoir un résultat positif, financer des séminaires et rencontres régulièrement ou encore remettre un chèque de deux milliards à Robert Dossou, juge béninois pour le financement du procès d'Hissein Habré. Seulement, quand il s'agit de verser les bourses des étudiants, la situation se complique.

Que ce soit pour les étudiants à l'intérieur du pays où ceux que le gouvernement envoie étudier à l'étranger, le Tchad n'est pas en mesure de garantir une éducation de qualité pour sa jeunesse, les différentes crises l'ont démontrés.

Des étudiants tchadiens en Russie.
En Russie, les étudiants tchadiens tirent la sonnette d'alarme

"Nous vivons dans la misère totale, un an sans bourse et puis la loi Russe ne permet pas aux étudiants étrangers de travailler pendant les périodes scolaire. Le gouvernement tchadien doit voir notre sort, pourtant le Tchad est un pays pétrolier qui produit plus de 220.000 barils par jour et on nous donne 150.000 Francs CFA par an", explique Issakha Mahamat, étudiant tchadien en Russie. La seule alternative qui s'ouvre à eux sont les activités illicites.

En matière d'Education Nationale, on compte trois ministères ; Lamine Moustapha en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Albatoul Zakaria pour l'Enseignement fondamental et l'Alphabétisation puis Abdelkérim Bakhit Amadhaye pour l'Enseignement secondaire et la Formation professionnelle.

La tâche devrait pourtant être plus simple avec le fractionnement du ministère de l'Education Nationale. En réalité, les membres du gouvernement ne maitrîsent pas toutes ces politiques et réformes envisagés que le chef de l'Etat tente de mettre de l'avant dans ses différents discours. Il y a trop de ministres et un manque de suivi.

Pour Mahamat Adoum, "il est bel et bien à noter que ce sont les étudiants qui seront les futurs cadres du Tchad. Je me demande pourquoi Idriss Déby et les membres du gouvernement ne pensent pas à la souffrance des étudiants en Russie ou ailleurs. Par contre, chaque fois qu'ils viennent en mission aux Etats-Unis, ils donnent de l'argent aux quelques individus qui se qualifient d'étudiants or qu'ils n'ont jamais étudiés. En toute franchise, Déby doit trouver une solution le plus vite possible à nos frères et compatriotes tchadiens qui réclament leur droit de bourse".

En début de semaine dernière, les élèves de l’Ecole normale supérieure d’Abéché ont entamer une grève. Eux réclament neuf mois d’arriérés de bourses. Vendredi dernier, c'est au tour des universitaires de la capitale d'hausser le ton, ils ont tentés de manifester dans les rues de N'Djamena avant d'être rapidement dispersés par la police.

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