ANALYSE

Le Roi du Maroc conclut sa visite au Mali en apothéose


Alwihda Info | Par Farid Mnhebi - 20 Septembre 2013



Tout, d’abord, il y a lieu de souligner que, dans son discours d’investiture, du 19 septembre 2013, le Président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a tenu à remercier Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour sa présence effective à sa cérémonie d’investiture.
 
Une présence qui, pour le Chef de l’Etat malien, constitue «un incommensurable et insigne honneur pour le peuple malien» et un «signe incontestable d'estime et d'amitié».
 
Des remerciements, exprimés par le Président malien, Ibrahim Boubacar Keita, devant plus de vingt Chefs d’Etat et des dizaines de milliers de personnes au Stade du 26 Mars de Bamako, qui constituent une marque de gratitude publique pour les actions et la solidarité engagées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI envers le peuple Malien.
 
On notera aussi, que le Souverain marocain s’est entretenu, le même jour, avec plusieurs Chefs d’Etat, dont notamment les Présidents français François Hollande, tunisien, Moncef Merzouki, gabonais Ali Bongo Ondimba, Guinéen Alpha Condé, nigérien Mahamadou Issoufou, tchadien Idriss Deby et ivoirien Alassane Ouattara.
 
Des entretiens qui ont porté essentiellement sur la qualité des relations bilatérales et les moyens de les renforcer, tout en mettant l’accent  sur l’importance de la coopération Sud-Sud entre Etats africains.
 
Les différents chefs d’Etat ont, à cette occasion, exprimé au Roi du Maroc leur reconnaissance pour le rôle joué par le Souverain marocain dans la consolidation de la paix et du progrès en Afrique.
 
Tous ont tenu à manifester à Sa Majesté le Roi Mohammed VI leur totale adhésion à la vision Royale selon laquelle la reconstruction du Mali est une affaire de tous les africains et salué la pertinence de la dimension culturelle et cultuelle de cette reconstruction afin que le Mali retrouve pleinement ses rites et pratiques religieux ancestraux basés notamment sur la modération et l’ouverture à l’autre.
 
Toujours, en marge de la cérémonie d’investiture, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en sa qualité d’Amir Al Mouminine (Commandeur des Croyants), a reçu, les représentants de la Tariqa Tijania et de la Tariqua Qadiria au Mali.
 
Ainsi, ont été reçu par le Souverain marocain Cheikh Mohamed Ould Cheikna Haidara, alias Miouyi, Cherif Nioro du Sahel, Mahmoud Diko, Président du Conseil Islamique Supérieur au Mali, Cheikh Tiernou Hadi Thiam, Président du Conseil Fédéral National des Adeptes de la Tariqa Tijania et membre du Conseil Islamique Supérieur du Mali et Cheikh Ahmadou Hadi Tal, Khalife de la Tariqa Tijaniya, banche d’Al Oumairiya à Nioro, Zakaria Maiga, Khalife de la Tariqa Qadiria, branche Boutchichiya à Bamako, et Cheikh Alpha Daha Konta, Khalife de la Tarika Qadiria, branche traditionnelle de Tombouctou.
 
Ces mêmes représentants ont saisi cette occasion pour rendre un vibrant hommage à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour son leadership humanitaire et saluer son action inlassable en faveur de la paix et la stabilité du Mali meurtri par près de deux années de conflit.
 
Pour ce qui est de ce jour, 20 septembre 2013, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, accompagné du Président Malien, a accompli la grande prière du vendredi à la Grande Mosquée de Bamako en présence de très nombreux fidèles.
 
Ensuite, les deux Chefs d’Etat ont effectué une visite à l’hôpital de campagne militaire médico-chirurgical déployé par le Royaume du Maroc dans le cadre d’une assistance humanitaire et sanitaire au peuple malien touché par de fortes inondations et victime innoncente du terrorisme.
 
Après cette activité, ils ont eu des entretiens en tête-à-tête au cours desquels le Chef de l’Etat malien a réitéré ses remerciements au Souverain marocain d’avoir fait le déplacement à Bamako pour prendre part à la cérémonie de son investiture et pour son soutien  aux efforts de rétablissement de la paix et de la concorde au Mali.
 
Par la suite, le Souverain marocain a présidé conjointement avec le Président Ibrahim Boubacar Keita la cérémonie de signature d’un accord en matière de formation des imams maliens.
 
En vertu de cet accord, et conformément à la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc formera 500 imams maliens sur plusieurs années.
 
Une action qui s’inscrit dans le cadre de la contribution du Maroc à la reconstruction du Mali dans un secteur stratégique face aux menaces de l’extrémisme.
 
Enfin, tout au long du trajet pour l’aéroport, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a été ovationné par une foule nombreuse, dont des ressortissants marocains, qui lui a exprimé toute sa gratitude pour l’aide et le soutien qu’il a consenti à leur pays et souhaité un bon retour au Maroc.
 
Une visite Royale au Mali qui se conclut donc par le triomphe des messages transmis dans son discours, que j’ai baptisé «Déclaration de Bamako 2013», par les résultats positifs de ses intenses activités dans la capitale malienne et par la pertinence de sa vision en matière de conduite de Politique Etrangère.
 
D’ailleurs, contrairement à son voisin de l’Est, qui s’était opposé, avec véhémence, à toute intervention étrangère au Mali, le Maroc, a, par contre, fait le bon choix en se positionnant dans le camp des pays favorables à l’intervention militaire et il ne s’est pas trompé de choix.
 
Un choix qui confirme la vocation africaine de la politique extérieure du Maroc et son africanité comme tracées dans la «Doctrine Roi Mohammed VI» de Politique Etrangère.
 
N’en déplaise à son voisin de l’Est, le Maroc constitue une pièce maitresse dans le puzzle africain sur les plans de la sécurité, du développement socio-économique, de l’enseignement, de la santé, de la coopération et de la formation pour conforter la grandeur de l’Afrique qui appartient aux africains, seuls responsables du développement de leur pays et de leur bien-être.
 
Le Royaume du Maroc vient, avec cette visite Royale au Mali, un pays sahélo-saharien, de conforter sa position géostratégique sur le plan continental mais aussi celle de leader incontesté et incontestable.
 
Le temps des relations basées sur les menaces et le mépris, telles que pratiquées par son voisin de l’Est est révolu. Toutes relations inte-étatiques en Afrique, mais aussi avec les pays des autres continents, doivent être impérativement basées sur le respect et aux bénéfices des peuples.
 
Une visite qui se termine au final en apothéose pour le Souverain marocain et le Royaume du Maroc.
 
Farid Mnebhi.

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