Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
ANALYSE

Quelle mouche a donc piqué l’Administration Obama ?


Alwihda Info | Par Adil Abou - 16 Avril 2013


Le Maroc a été aux côtés de Washington durant la période la guerre froide, a joué, et continue de jouer, un rôle de premier plan dans le conflit israélo-palestinien, a soutenu les positions américaines sur l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, la Somalie, l’ran, le Yémen, la Libye tant au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU que devant les instances internationales et régionales mais il a aussi coopéré pleinement et efficacement dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnational et le trafic international de la drogue, trois fleaux majeurs de ce XXIème siècle.


Une lecture de l’histoire de la relation qui unit le Royaume du Maroc et les Etats-Unis d’Amérique atteste que les deux pays ont toujours entretenu des liens solides d’amitié et de paix.
Une relation qui a débuté avec la reconnaissance par le Maroc de l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique et la ratification, le 18 juillet 1787, par le Congrès américain du Traité d’Amitié.
Depuis cette date historique qui confirma que le Maroc était le 1er Etat à reconnaitre les Etats-Unis d’Amérique, Rabat et Washington ont toujours entretenu et renforcé cette relation.
D’ailleurs, depuis l’avènement de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, les relations maroco-américaines ont connu une forte impulsion qui s’est traduite par l’octroi de statut d’allié majeur non-OTAN au Maroc en 2004, la signature de l’Accord de Libre-Echange conclu en juillet 2004, entré en vigueur le 1er janvier 2006, pour accéder en 2011 dans le Top 5 des marchés arabes les plus importants pour les Etats-Unis d’Amérique, et, enfin, par l’accord de partenariat stratégique des Etats-Unis d’Amérique signé en septembre 2012.
C’est dire le caractère très spécial et de l’excellence des relations liant les Etats-Unis au Maroc qui ne se sont jamais démentis.
Le Maroc a été aux côtés de Washington durant la période la guerre froide, a joué, et continue de jouer, un rôle de premier plan dans le conflit israélo-palestinien, a soutenu les positions américaines sur l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, la Somalie, l’ran, le Yémen, la Libye tant au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU que devant les instances internationales et régionales mais il a aussi coopéré pleinement et efficacement dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnational et le trafic international de la drogue, trois fleaux majeurs de ce XXIème siècle.
Ce rôle positif du Royaume du Maroc dans la résolution de plusieurs conflits a été salué par l’ancienne Secrétaire d’Etat, Madame Hillary Clinton.
Par ailleurs, les Etats-Unis d’Amérique ont rapidement salué les réformes globales aux plans économique, social et politique initiées par Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, alors que de nombreux pays de la région étaient en proie à la contestation et à l’incertitude.

C’est pourquoi, en réaction au discours de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI du 9 mars 2011, les Etats-Unis d’Amérique ont souligné que les réformes qui y avaient été annoncées par le Souverain marocain constituaient un modèle pour les autres pays de la région et sont porteuses de grandes promesses d'abord et avant tout pour le peuple marocain.
S’agissant du conflit du Sahara, l’Administration américaine a toujours soutenu la justesse de la cause du Maroc et rappelé que la proposition marocaine consistant à offrir une large autonomie aux provinces sahariennes, sous souveraineté marocaine, était une offre sérieuse et crédible qui devait être réglée dans le cadre des Nations-Unies.
Mais, aujourd’hui, il semblerait que l’Administration Obama opterait pour une nouvelle stratégie qui porterait gravement atteinte à la souveraineté marocaine sur son territoire national, à sa stabilité, mais également aux liens d’amitiés unissant les deux pays et les deux peuples.
En effet, sur instigation de Kerry Kennedy, Présidente de la «Robert Fitzgerald Kennedy Foundation» (RFK Foundation), connue pour ses accointances avec le pouvoir algérien et le polisario, les Etats-Unis d’Amérique envisagent d’étendre la mission de la MINURSO aux questions de Droits de l’Homme.
Mais la question qui se pose est comment peut-on accorder du crédit au rapport de la RFK Foundation suite à sa visite au Sahara marocain et dans les camps des séquestrés de Tindouf effectuée du 24 au 31 août 2012 ?
Au Maroc, à Laayoune, Kerry Kennedy et ses missionnaires ont pu établir en toute liberté les contacts qu’ils voulaient avec toutes les personnes qui souhaitaient s’entretenir avec eux, essentiellement des activistes pro-polisario choisis par Aminatou Haidar, pourtant non représentatifs des sahraouis Ils ont, par contre, systématiquement refusé d’entendre les militants associatifs sahraouis non affiliés au polisario.
A Tindouf, cette même mission a effectué une visite de quelques heures au cours de laquelle elle ne s’est même pas rendue à Rabouny. Une étape qui a été exclue en raison de la présence massive de contestataires et d’opposants à Mohamed Abdelaziz qui espéraient rencontrer Kerry Kennedy afin de la sensibiliser sur leur calvaire et sur les violations des droits de l’homme dont ils sont victimes de la part du polisario, mais aussi dénoncer les déviations d’une direction politique incapable de répondre aux aspirations des jeunes générations sahraouis.
Au cours des quelques instants passés dans les camps, encerclés par les milices polisariennes et l’armée algérienne, Kerry Kennedy s’est fendue en déclarations anti-marocaines, trahissant son accointance avec la centrale séparatiste, et ce, sans rencontrer un seul réfugié sahraoui, avant de regagner rapidement Alger pour y recevoir le rapport concocté par les autorités algériennes.
C’est pourquoi, le rapport de la FRK Foundation ne peut en aucun cas constituer une base de travail fiable et objective pour en soumettre les conclusions au Conseil de Sécurité de l’ONU afin d’étendre le mandat de la MINURSO aux questions des Droits de l’Homme.
Une telle éventualité placerait le Royaume du Maroc sous surveillance et tutelle des Nations-Unies sur des affaires qui relèvent de sa seule souveraineté. Une option inenvisageable pour le Royaume du Maroc et le peuple marocain et qui constituerait une violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu signé en 1991.
Sur la question des Droits de l’Homme, le Maroc a toujours ouvert ses portes aux délégations étrangères venues s’enquérir des conditions des Droits de l’Homme au Sahara marocain et dans d’autres régions marocaines.
Le Maroc a également mis en place des structures de surveillance des Droits de l’Homme, notamment le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), qui en font un modèle dans la région et qui ont été saluées par la communauté internationale.
Aussi, il n’est pas question pour le peuple marocain que le Royaume du Maroc perde un brin de sa souveraineté nationale et s’y opposera de toutes ses forces.
Le Maroc est chez lui au Sahara et nulle puissance ne peut l’amputer de ses droits de souveraineté nationale. Le Royaume du Maroc a consenti d’énormes efforts et sacrifices, il ne peut en faire plus.
A ce sujet, s’est tenue, le 15 avril 2013 à Rabat, une réunion de tous les leaders des partis politiques marocains en présence des Conseillers du Roi, du Chef du Gouvernement et de Ministres, consacrée aux derniers développements de la question du Sahara marocain. Les participants ont eu l’occasion d’exprimer leur préoccupation quant aux conséquences d'une telle approche sur le processus de négociation en cours et l’ont fermement rejetée.
Ils se sont déclarés confiant en la sagesse des membres du Conseil de Sécurité et en leur capacité à trouver les formules appropriées pour préserver le processus politique de toutes dérives aux conséquences lourdes et néfastes pour la stabilité de la région.
Le Maroc reste confiant, car l’Etat américain reste, quelque soit l’Administration qui le dirige. L’Etat américain ne pourrait tolérer que son Administration attaque le Maroc dans ses droits au Sahara et humilie le peuple marocain.
Un Etat américain, à en croire un câble diplomatique publié par Wikileaks, qui confirme qu’il n’a jamais cru à la viabilité d’une entité indépendante au Sahara, au point qu’ils étaient prêts en 2009 à faire voter une résolution onusienne dans ce sens.
Aussi, de là à franchir certaines lignes rouges, l’Administration Obama devrait y regarder à deux fois.
Si la mouche algéro-polisarienne a piqué l’Administration Obama au point de la rendre aveugle, il lui est fortement conseillé de mieux évaluer les conséquences d’une telle décision sur la stabilité de l’ensemble de la région.
Le Maroc a eu le soutien de la très grande majorité des Etats membres de l’ONU, dont les USA, sur sa proposition de large autonomie sous souveraineté marocaine dans le cadre de la régionalisation.
Un changement des termes de la mission de la MINURSO serait un outrage aux efforts réalisés par le Maroc en matière des Droits de l’Homme et en avancée démocratique de manière générale.
Le Royaume du Maroc et le peuple marocain ne sauraient être humiliés par une quelconque décision d’où qu’elle vienne mettant en cause sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale.
Le Royaume du Maroc est un pays stable et exclu toute décision d’extension des prorogatives de la MINURSO car elle embraserait toute la région.
La sagesse recommande donc aux Etats-Unis d’Amérique de s’abstenir d’altérer cette relation d’amitié et de confiance multiséculaire en soutenant cette initiative.
Les Etats-Unis d’Amérique souhaitent-ils voir s’installer de nouveaux foyers terroristes dans la région, après le cas du Mali ? Là est la première question.
Que deviendrait alors la vision de la lutte anti-terroriste défendue par les Etats-Unis d’Amérique et à laquelle le Royaume du Maroc a pleinement adhéré ? Là est la seconde interrogation.
Il est enfin un secret de polichinelle de révéler que les camps du polisario accueillent actuellement un flux croissant de terroristes du MUJAO, de souche sahraouie, qui ont fui le septentrion malien devant les coups de boutoir des forces militaires franco-africaines.
Farid Mnebhi.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)