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MUSIQUE

Tchad : c’est possible d’être une femme et faire du rap


Alwihda Info | Par Guillaume Djerane - 3 Avril 2022

Un peu de charme et de féminité dans le rap game tchadien. Une meuf a brisé le mythe de la scène hip-hop il y a déjà une dizaine d’années.


Crazy Missy. © DR
Crazy Missy. © DR
C'est la princesse qui est montée au trône depuis son tout premier album "femme battante". En nouveauté 2022, Crazy Missy offre le titre "Tomber" en feat avec l'artiste chanteur lyguy. Cette chanson qui est sortie il y a trois semaines fera partie de son EP, un projet qui sortira en fin d’année 2022.

Le projet en question est un EP composé de quatre titres sur lequel on ne trouvera que des artistes tchadiens, fait savoir Crazy Missy. "J’ai encore beaucoup à prouver dans le game tchadien. Je n’ai quand même pas élevé le niveau mais j’ai imposé le respect en même temps".

Importunée visiblement par certains points auxquels elle souhaite se prononcer, elle se penche sur les difficultés des artistes : "Le débit d'Internet au Tchad, les coupures intempestives de la SNE, les tchadiens qui ne soutiennent pas la musique mais aussi la question de sécurité sont entre autre les plus grands soucis qui empêchent l'avancée des arts au Tchad", explique Crazy Missy. À supposer que l'on soit en plein concert et qu'il y a délestage. Beaucoup ont donc peur d’aller aux grands concerts parce qu’il n'y a pas de sécurité, relève l'artiste.

Comme solutions, la rappeuse souhaite déjà que l’État améliore l’électricité, les réseaux téléphoniques et l’Internet. Un peu d’efforts du public tchadien pourrait rehausser les artistes car quand le public critique, il doit apporter aussi des solutions derrière, remarque-t-elle.

"Dans mon titre Avenir, je vais parler de mes doutes, mes craintes, de l’amour, de l’argent et du pays aussi", annonce Crazy Missy, adepte du gangsta rap. Elle informe que beaucoup d’artistes féminins l’ont inspirée telle que Diam’s, Keny Arkana ou encore Olivia.

Sourire aux lèvres, Crazy Missy confie qu'un concert inoubliable se prépare "dans l’histoire du rap tchadien". La reine du game compte bien laisser un heritage à une prochaine génération de rappeuses. "C’est possible d’être une femme et faire du rap. Osez, c’est possible de réussir même si on vient d’un milieu compliqué et dur comme le Tchad", conseille la reine.

Elle brandit alors la citation de Simone De Beauvoir : « J’accepte la grande aventure d’être moi ». Une citation qui la définit mieux aujourd’hui selon elle. "M’imposer dans le milieu en tant que femme pour montrer à mes petites sœurs qui veulent emprunter mon chemin de ne plus avoir peur, le rap ce n’est pas seulement un truc d'hommes", conclut la reine du game.








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