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Tchad: le règne des ruines jusqu’au jour de la catastrophe suprême !


Alwihda Info | Par - Җ€BIЯ - - 11 Mars 2008


Des familles entières sont mises dans les rues. Les femmes et les enfants dorment dans le froid. Le régime de Deby enchaîne ses propres citoyens dans une privation encore plus monstrueuse qu’au temps des assujettissements. Pour quelle urgence et raison suffisante décide-t-on d’écraser ainsi des personnes démunies et traumatisées, sorties d’une guerre meurtrière il y a quelques semaines seulement? Il faut retenir que Deby choisit de punir le peuple Tchadien, qui refuse de le suivre dans sa folie meurtrière, en instaurant le règne des ruines.


Par Joe Al Kongarena, librafrique.com
11-03-2008

Votre Idriss Deby, vous l’avez provoqué en lui faisant vivre une sorte d’expérience de mort imminente qui lui a fortement déplu. Il l’a échappé belle. Entouré de conseillers qui ne sont sensibles qu’aux privilèges dont ils jouissent, le général de l’armée, Idriss Deby, est devenu tout simplement dangereux. Oui, il est dangereux autant pour lui-même que pour les Tchadiens. Je ne parle pas de ses dérives criminelles répétitives. Vous en savez assez. Les choix politiques, les décisions et la direction que Deby impose aux Tchadiens sont catastrophiques. Ses actes ne correspondent plus à ses paroles. A l’heure où j’écris, le président Tchadien a ordonné le déguerpissement d’un quartier habité par des personnes qui auraient servi quelques calebasses d’eau à boire aux rebelles pendant la guerre de Ndjamena en février dernier. Idriss Deby prétend vouloir développer la ville de Ndjamena et pourtant, il s’est barricadé en plein de centre ville pour livrer une bataille rangée avec les rebelles tentant de le déloger. Deby fait creuser un fossé tout autour de Ndjamena en vue d’une guerre dans un futur proche et en même temps, il dit vouloir donner un visage moderne à la ville de Ndjamena. Une ville contemporaine a-t-elle besoin de s’entourer de creuset antichar ?

Des familles entières sont mises dans les rues. Les femmes et les enfants dorment dans le froid. Le régime de Deby enchaîne ses propres citoyens dans une privation encore plus monstrueuse qu’au temps des assujettissements. Pour quelle urgence et raison suffisante décide-t-on d’écraser ainsi des personnes démunies et traumatisées, sorties d’une guerre meurtrière il y a quelques semaines seulement? Il faut retenir que Deby choisit de punir le peuple Tchadien, qui refuse de le suivre dans sa folie meurtrière, en instaurant le règne des ruines : ruines de la république, ruines des institutions, ruines des droits et libertés, ruines sociales etc. Les Tchadiens connaissent les fatalités. Cependant, l’ombre très sombre qui prend forme actuellement au Tchad indique que la phase des tribulations est encore à venir. Une force diffuse, discrète et insaisissable a pris le contrôle de notre pays. Elle veut nous mener à la catastrophe suprême. En effet, le rehaussement au Tchad du niveau des activités des sociétés secrètes, combiné au cynisme d’un franc-maçon blessé et gravement perturbé, a produit une créature monstrueuse. Les forces du Monde de Derrière travaillent, ardemment dans l’ombre, à l’instauration d’une forme de totalitarisme mystique d’inspiration satanique. Ne vous trompez pas. Je ne fais pas de la rhétorique. Il s’agit bien d’un organisme vivant. Cette créature se sert de Deby pour miner et saboter le Tchad de l’intérieur avant de nous imposer des lois que vous connaîtrez. Même inconsciemment, Deby nous conduira au jour fatidique en raison de la nature de ceux qui détiennent l’influence réelle sur la destinée du Tchad.

L’Eufor a pour mission de veiller sur Deby jusqu’à l’accomplissement des noirs projets en cours de réalisation. Le message de la communauté internationale à travers le chef de l’état français et l’Eufor est très clair : il est possible de bâillonner l’opposition civile d’un pays et de multiplier, à l’extrême, les crimes extrajudiciaires tout en bénéficiant de la solidarité francophone. C’est dans ce sens là que Deby nous dit : « Regardez-moi et tremblez! Les guerres civiles, Septembre noir, les viols, les rançons, les privations, la dictature de Habré,…oubliez tout ça. Vous n’avez encore rien vu. » Camarades, le mal est à venir.

Deby anéantit totalement l’effort des pacifistes.

Nous avions condamné l’idée d’accéder au pouvoir par la force des armes parce que nous ne voulions pas assumer les tas de cadavres sur le chemin de la marche, par les armes, vers le trône. Nous avions refusé l’idée que des individus sans scrupule aient la possibilité d’accéder au fauteuil présidentiel en enjambant des corps humains. C’est une pratique obscure qui s’appuie sur des schémas dépassés. De même, nous luttons pour que personne ne conserve le pouvoir de manière illégitime en faisant usage de la force. Évidemment, c’est une façon qui heurte la conscience et elle est contraire aux principes démocratiques. Si le Tchad est rouge de sang, c’est à cause des individus aux esprits lourds et intellectuellement stagnants qui continuent de croire que triompher par les armes, c’est faire de l’art suprême. Nous avons voulu, par la non-violence et en nous servant de la raison, réveiller ceux parmi nous qui dorment dans toute sorte crime. Malheureusement, Deby a anéanti totalement l’effort de ceux qui veulent régler les contradictions politiques de manière pacifique. De surcroit, il convainc les Tchadiens qu’une alternance politique au Tchad n’est envisageable que par une manière forte. Ce parvenu des lobbys militaires français confirme, encore une fois, qu’il est dérangé par une sclérose mentale sécrétée par sa forte propension à la violence. A cette allure, le lendemain va être encore plus sombre qu’on ne le croit.

Besoin d’une nouvelle direction au Tchad.

En quelques décennies, les dirigeants Tchadiens ont réussi à forger une société où les richesses ne s’acquièrent que par d’astucieuses surprises ou par des moyens frauduleux. Je vous épargne des épithètes caractéristiques des régimes autoritaires et corrompus. Presque tous les responsables Tchadiens actuels portent la marque de quelques actes ténébreux dans leur passé. Ils manquent gravement à leurs devoirs, traînent derrière eux de lourds antécédents et une réputation si dommageable qu’ils ont réussi à former un abîme entre eux et le peuple Tchadien. Comment sommes-nous arrivés, nous, Tchadiens, à supporter les abus pour le moindre desquels, ailleurs, on aurait fait sauter 50 fois la république? Tombés sous le joug des opportunistes rusés et de parvenus armés, nous hurlons pour réclamer justice, le repos et la paix mais nos cris de détresse ne trouvent pas de secours. Qui croiraient que les grands medias français allaient pousser le cynisme jusqu’à récupérer le courage d’un homme, torturé et laissé pour mort, le député Ngarlejy Yorongar, pour désinformer les téléspectateurs sur la réalité de ce qui s’est passé à Ndjamena entre le 02 et 03 février dernier? Tous nos efforts quotidiens de dénonciations sont immédiatement récupérés et interprétés comme une preuve de liberté d’expression au Tchad, une façon volontaire de tromper sur les excès autoritaires des messieurs de Ndjamena. Levons les yeux et regardons en face de nous. Il n'y a que d’ennemis presque. Quand allons-nous comprendre qu’il faille compter d’abord sur nous-mêmes et peut-être uniquement sur nous-mêmes pour affronter ceux qui nous privent de notre liberté? Bien qu’opprimés, l’attitude de se poser en victimes pour susciter la pitié n’émeut plus personne. Ce n’est pas une voie qui promet si ce n’est pour se faire encore accuser de culture d’une conscience accusatrice. Il est temps de reconnaître que quelque chose doit d’abord venir de l’intérieur grâce à une volonté intérieure.

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