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TCHAD

Tchad : pourquoi les usagers se battent-ils après un accident de circulation ?


Alwihda Info | Par Djibrine Haidar - 25 Mars 2026


Dans les rues de la capitale tchadienne, N’Djamena, comme dans plusieurs villes de province, un phénomène inquiétant se répète avec une régularité presque banale « les bagarres entre usagers de la route après un accident de circulation ».


Qu’il s’agisse d’un choc entre deux motocyclistes ou entre une moto et un véhicule, la scène est souvent la même. À peine l’accident survenu, les protagonistes, au lieu de chercher à comprendre les faits, ou à porter assistance aux blessés, en viennent immédiatement aux mains.

Sous le soleil ardent de la capitale, sur l’avenue dite « 40 mètres », un jeune homme portant un turban se hâte de rentrer du marché après une longue journée de travail. Arrivé au feu tricolore, il tente de franchir le carrefour, au moment où le feu passe à l’orange, ne laissant que quelques secondes avant le rouge. Au même moment, un autre usager, pressé lui aussi, s’engage depuis un rond-point voisin. En une fraction de seconde, le choc est inévitable : « boom ».

Le jeune homme est projeté au sol, visiblement blessé. Mais contre toute attente, au lieu de rester allongé, ou de demander de l’aide, il se relève aussitôt pour s’en prendre violemment à l’autre conducteur. Les insultes fusent, les coups suivent, et la scène se transforme en bagarre publique. Ce n’est qu’après l’intervention de témoins ou des forces de l’ordre, que les blessés sont finalement pris en charge, parfois tardivement.

Ce type de comportement, malheureusement fréquent, s’explique par plusieurs facteurs :

En matière d’éducation routière, beaucoup d’usagers ignorent les règles de base du code de la route, ou ne les respectent pas. La pression quotidienne et le stress, dans un contexte socio-économique difficile, la tension est permanente, et le moindre incident devient un exutoire. L’absence de culture du dialogue, après un accident, au lieu de privilégier le constat et la discussion, la réaction est souvent impulsive et violente. La peur des conséquences financières, les réparations ou frais médicaux étant à la charge des individus, chacun cherche à imposer sa version par la force.

Ce phénomène ne se limite pas à la capitale. Dans plusieurs provinces du Tchad, les mêmes scènes se reproduisent, parfois avec des conséquences encore plus graves, en raison de l’absence rapide des forces de sécurité ou des services de secours.

Mais au-delà de l’État, la responsabilité est aussi collective. Chaque citoyen doit comprendre qu’un accident est avant tout une situation qui nécessite calme, assistance et responsabilité, et non-violence.

Les bagarres après accident sont le reflet d’un malaise plus profond dans la société tchadienne. Tant que le respect des règles, la maîtrise de soi et la culture du civisme ne seront pas renforcés, ces scènes continueront de ternir l’image de nos routes et de mettre des vies en danger.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)