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Accès à l'information au Tchad : le silence des institutions face aux médias interroge

Au Tchad, la difficulté d'accéder aux rapports d'activités des institutions publiques entrave le travail des journalistes et nourrit les doutes sur la transparence administrative.

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Accès à l'information au Tchad : le silence des institutions face aux médias interroge

Par Temandang Gontran

Entre quête de fiabilité dans le traitement de l'information et refus manifeste de transmettre les rapports d'activités aux rédactions, se cache-t-il une réalité que les institutions d'État préfèrent dissimuler au grand public ? C'est la question légitime que l'on peut se poser face aux difficultés croissantes des journalistes à obtenir des sources officielles.

Le paradoxe de la communication institutionnelle

D'un côté, les institutions publiques déploient des trésors d'énergie pour convier la presse à des conférences, des points de presse ou des cérémonies officielles. Les caméras et les micros sont les bienvenus pour assurer la couverture médiatique de ces événements.

Mais de l'autre, dès qu'il s'agit de fournir les rapports d'activités détaillés indispensables pour une exploitation approfondie et un journalisme rigoureux, c'est le silence radio. Les requêtes des rédactions restent lettres mortes, et les messages envoyés aux services de communication se heurtent à un mur d'indifférence.

C'est précisément la mésaventure vécue récemment par Alwihda Info. Soucieuse d'informer ses lecteurs avec exactitude et objectivité, la rédaction a adressé des demandes formelles de rapports d'activités à plusieurs institutions étatiques dont elle préfère taire les noms pour l'instant.

Résultat ? Un silence persistant, dont les motivations échappent totalement aux journalistes.

Des interrogations légitimes sur la transparence

Face à cette omerta, plusieurs questions s'imposent :
- Les institutions jouent-elles réellement leur rôle de redevabilité envers les citoyens ?
- Les activités tambour battant annoncées correspondent-elles à des réalisations tangibles sur le terrain ?
- Si ces bilans sont probants, pourquoi refuser de les partager avec les médias pour exploitation ?

Ce manque de transparence ne fait qu'alimenter les soupçons et jette un voile de doute sur la sincérité des actions menées.

Une entrave récurrente au travail journalistique

Ce refus persistant de collaboration illustre, une fois de plus, la problématique épineuse de l'accès aux sources d'information au Tchad. Il transforme l'exercice du journalisme en un parcours du combattant, pénalisant en premier lieu les citoyens.

Les autorités doivent impérativement comprendre que les médias ne sont pas des adversaires, mais des partenaires essentiels à la démocratie. En informant le public sur les actions de l'État, la presse participe à la construction d'un dialogue constructif. La population a le droit légitime de savoir ce qui se fait ou ne se fait pas au sein des institutions publiques.

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