Affaire Abdoulaye Miskine : la défense saisit la Cour suprême et alerte sur son état de santé
Le collectif des avocats du général Abdoulaye Miskine a tenu, mardi 15 septembre 2026 à N’Djamena, une conférence de presse à la Radio FM Liberté pour revenir sur sa condamnation, contester plusieurs éléments du procès et annoncer la poursuite de la procédure devant la Cour suprême.
Le 9 septembre 2026, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de N’Djamena a condamné Abdoulaye Miskine à 15 ans de prison ferme, tandis que ses trois coaccusés ont écopé de 10 ans d’emprisonnement chacun. Cette condamnation a également été rapportée par plusieurs médias tchadiens et internationaux.
La défense conteste le verdict
Lors de la conférence de presse, les avocats ont réaffirmé leur désaccord avec la décision rendue. Ils soutiennent notamment que les éléments retenus par la juridiction ne permettraient pas, selon eux, d’établir suffisamment la participation de leur client aux faits pour lesquels il a été condamné.
La défense affirme notamment qu’Abdoulaye Miskine ne se trouvait pas sur les lieux au moment d’une partie des faits qui lui sont reprochés. Elle estime que la Cour l’a néanmoins reconnu responsable sans, selon elle, démontrer matériellement sa présence ou sa participation.
Le collectif est également revenu sur l’origine du dossier. Selon le document présenté par les avocats, une plainte avec constitution de partie civile avait été déposée en juin 2020 au nom de 29 victimes, pour des faits remontant notamment aux années 2001-2002.
Un pourvoi en cassation déjà déposé
Face à la condamnation, les avocats annoncent avoir choisi la voie de la cassation. Selon le collectif, un pourvoi a été formé le 11 septembre 2026 et déposé au greffe de la Cour d’appel de N’Djamena.
Cette démarche vise désormais à soumettre la décision à la Cour suprême, appelée à examiner sa conformité au droit. La défense espère obtenir l’annulation ou la remise en cause juridique de l’arrêt rendu par la juridiction criminelle. L’existence du recours a également été rapportée publiquement après la conférence de presse.
Les avocats alertent sur son état de santé
Au-delà de la bataille judiciaire, le collectif a consacré une partie importante de son intervention à l’état de santé d’Abdoulaye Miskine. Ses avocats affirment qu’il souffre de plusieurs problèmes médicaux, notamment rénaux, diabétiques, cardiovasculaires et ophtalmologiques. Ils estiment que la poursuite de sa détention dans les conditions actuelles pourrait aggraver son état. Ces informations médicales sont présentées par la défense et ne sont pas accompagnées, dans le document, de dossiers médicaux permettant de les vérifier indépendamment.
Les avocats évoquent également la surpopulation carcérale, les difficultés d’accès aux médicaments, l’insuffisance de soins spécialisés ainsi que les conditions d’hygiène et de ventilation à la maison d’arrêt.
Le collectif interpelle ainsi les autorités tchadiennes afin que la situation sanitaire de leur client soit prise en compte. Les avocats précisent qu’ils ne demandent pas au pouvoir exécutif de remettre en cause la décision de justice, mais souhaitent que des considérations humanitaires soient prises en considération compte tenu de son état de santé allégué.
Avec le pourvoi en cassation désormais engagé, l’affaire Abdoulaye Miskine entre dans une nouvelle phase judiciaire, tandis que sa défense entend poursuivre à la fois la contestation de sa condamnation et ses démarches concernant ses conditions de détention.