Affaire SHT- AILC au Tchad : Ibedou dénonce une intervention controversée et réclame plus de transparence
Réagissant à l'irruption de l'ANS dans les locaux de la SHT, l'ancien président de la CNDH, Mahamat Nour Ahmed Ibedou, dénonce une gestion clanique et des pratiques mafieuses.
L’incident survenu à la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) continue d’alimenter le débat. Mahamat Nour Ahmed Ibedou, militant des droits humains et ancien président de la CNDH, dénonce une intervention qu’il qualifie de « gangstérisme d’État » et estime qu’elle soulève des interrogations sur l’indépendance des contrôles publics et la gestion des ressources stratégiques.
Dans une publication, il met en cause l’influence de réseaux de pouvoir sur plusieurs régies financières et secteurs clés de l’État, estimant qu’un déficit de contrôle favoriserait les pertes de ressources publiques. Concernant la SHT, il avance que la réaction observée lors du contrôle de l’AILC pourrait s’expliquer par la sensibilité des opérations liées à la commercialisation du pétrole. Il évoque notamment de possibles irrégularités dans certaines transactions, sans apporter, à ce stade, d’éléments permettant de les établir.
"Est-ce que les tchadiens se sont seulement rendus compte du spectacle que notre pays a offert au monde entier avec cette irruption d'un commando de l'ANS dans les locaux de la SHT pour interrompre, manu militari, un contrôle de routine de l'AILC des comptes de cette institution ?", affirme Mahmat Nour Ahmed Ibedou sur Facebook.
De son côté, l’AILC affirme que ses contrôleurs effectuaient une mission régulière de vérification de la gestion de la SHT, notamment sur des documents relatifs à la commercialisation du pétrole brut et à des factures adressées à Glencore. Elle soutient que plusieurs de ses responsables et agents ont été interpellés, menottés et conduits dans les locaux de l’ANSE, et dénonce une entrave à l’exercice de ses missions. L’institution assure qu’elle poursuivra ses investigations.
La SHT conteste toutefois cette version. Elle affirme avoir coopéré avec la mission de contrôle et transmis les documents demandés, tout en dénonçant les conditions de l’intervention de l’AILC. Selon l’entreprise, la mission se serait déroulée avec un dispositif armé jugé disproportionné et sa Directrice commerciale aurait été retenue plusieurs heures dans son bureau. La SHT estime que certaines procédures n’auraient pas été respectées et rejette toute accusation d’obstruction.