Bassin du Congo : 6 milliards pour sauver le poumon vert de l'Afrique

Le Fonds Bleu du Bassin du Congo, pleinement opérationnel, vise à mobiliser 6 milliards de dollars pour 70 projets prioritaires, renforçant ainsi la régulation climatique mondiale.

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Bassin du Congo : 6 milliards pour sauver le poumon vert de l'Afrique

Par Mvouanzi Jonas

Dix ans après sa création, le Fonds Bleu de la Commission climat du Bassin du Congo est désormais pleinement opérationnel. Tel est le message empreint de fierté qu’a délivré le président Denis Sassou-N’Guesso devant un parterre de partenaires techniques et financiers, de ministres et d'experts internationaux, réunis ce mardi 26 mai, à Kintélé , dans la banlieue de la capitale congolaise, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD).

Organisée avec le concours de la BAD et de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), cette première table ronde des bailleurs de fonds marque le début d’une offensive financière d’envergure pour préserver le deuxième poumon vert de la planète.

 Un impératif planétaire : 6 milliards de dollars pour l'économie bas carbone

Pour ce premier cycle de financement, l'objectif est de mobiliser 6 milliards de dollars pour amorcer la mise en œuvre des 70 projets prioritaires. Ces projets, rigoureusement examinés par les experts et les ministres sectoriels depuis octobre 2025, font partie d'un plan d’investissement global plus vaste, validé par la Commission climat du Bassin du Congo, qui englobe près de 300 projets pour une enveloppe totale estimée à 10 milliards de dollars.

Saluant l'engagement des bailleurs de fonds présents, le chef de l'État congolais a rappelé l'urgence d'agir pour cette région vitale à la régulation du climat mondial : « Financer les projets dans le bassin du Congo, ce poumon vert de la planète, vital pour la régulation du climat mondial et la survie de l’humanité, est un impératif qu’il nous faut tous assumer », a affirmé Denis Sassou-N’Guesso.

Ces projets de développement bas-carbone, portés par les États et les organisations sous-régionales, s'alignent sur les grands agendas internationaux et continentaux, notamment l'Agenda 2030 des Nations Unies, l'Agenda 2063 de l'Union africaine et la Déclaration de Nairobi. Le président de la République du Congo a également précisé que ce premier cycle de financement préfigurait d'autres initiatives qui intégreront, à l'avenir, les projets du secteur privé et des acteurs non étatiques.

De Marrakech à Brazzaville : l'aboutissement d'une vision africaine

Denis Sassou N’Guesso a rendu un vibrant hommage à Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc, pour avoir initié en 2016 le premier Sommet africain de l'action, point de départ des trois commissions climatiques du continent (Bassin du Congo, Région du Sahel et États insulaires). Il a salué la présence de la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, institution qui assure la tutelle de ces organes. Pour le président congolais, qui pilote la Commission Climat du Bassin du Congo depuis sa genèse, l'opérationnalisation du Fonds Bleu est une consécration. Il a ainsi exprimé sa « grande satisfaction et sa fierté de vivre ce moment historique » avec ses hôtes. Désormais, a-t-il poursuivi, « la communauté internationale est informée de l’existence d’un outil financier fort, crédible et fiable ».

Une gouvernance bilatérale forte au sommet du Fonds

La table ronde des bailleurs de fonds acte la mise en place de la gouvernance du Fonds Bleu. Preuve de la maturité institutionnelle de l'organisation, les participants seront formellement informés de l'identité des représentants des États au sein des différents organes. Le Comité exécutif, composé des ministres des finances, sera dirigé par un binôme de tête pour un mandat de trois ans, non renouvelable. La présidence et la vice-présidence seront respectivement assurées par la République du Congo et la République du Kenya, un axe Brazzaville-Nairobi qui symbolise l'unité du continent face au défi climatique.

Avant de déclarer ouverts les travaux de la table ronde, le chef de l'État congolais a positionné, avec optimisme et confiance, le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo comme le levier incontournable de la transition écologique en Afrique centrale.