Commerce : en Russie, Al-Burhan défend un corridor logistique vers le Tchad via Port-Soudan
Le président du Conseil de souveraineté du Soudan, Abdel Fattah al-Burhan, a proposé à la Russie de participer au développement d’infrastructures logistiques reliant Port-Soudan à l’intérieur du continent africain, avec une possible extension vers le Tchad.
Lors d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, Abdel Fattah al-Burhan a présenté le Soudan comme une porte d’entrée stratégique vers la mer Rouge, susceptible d’accueillir des infrastructures de stockage destinées notamment aux céréales et aux produits pétroliers.
« Le Soudan peut constituer une porte d’entrée vers la mer Rouge ; nous disposons de cette opportunité, et la Russie pourrait y installer des infrastructures de stockage pour les céréales et le carburant. (...) Nous avons également la possibilité de développer des chaînes d’approvisionnement en direction de la zone tchadienne », a-t-il déclaré.
Selon le dirigeant soudanais, la demande en blé et en carburant reste importante au Soudan ainsi que dans plusieurs pays africains. Il estime que les infrastructures existantes pourraient servir de base à un réseau logistique plus vaste, avec la participation de la Russie.
« Il existe une demande considérable en blé et en carburant, tant au Soudan que sur l’ensemble du continent africain. Le Soudan dispose par ailleurs d’une ligne ferroviaire, dont l’extension depuis Port-Soudan vers le Tchad est envisagée. Cet axe pourrait servir de base à un réseau logistique, au développement duquel la Russie pourrait prendre part », a expliqué Abdel Fattah al-Burhan.
Le responsable soudanais a insisté sur la nécessité d’attirer des investissements dans les infrastructures afin de concrétiser ces projets.
« Nous possédons donc le territoire et les opportunités nécessaires. Ce dont nous avons besoin, ce sont des investissements dans les infrastructures, et nous sommes prêts à coopérer avec la Russie dans ce domaine », a-t-il poursuivi.
Abdel Fattah al-Burhan a également affirmé que Khartoum entendait conduire sa politique extérieure sans subir de pressions de pays tiers.
« Non, personne — aucun autre pays — ne nous dicte un quelconque programme », a-t-il assuré.
Cette proposition place le Tchad au cœur d’un éventuel axe commercial reliant la mer Rouge à l’Afrique centrale. Une liaison ferroviaire ou logistique depuis Port-Soudan vers le territoire tchadien pourrait notamment faciliter le transport de céréales, de carburant et d’autres marchandises vers un pays enclavé comme le Tchad.
Sa réalisation nécessiterait toutefois d’importants investissements, ainsi qu’un contexte sécuritaire et politique permettant le développement d’infrastructures transfrontalières durables.