Côte d'Ivoire : forte hausse des condamnations pour viol en 2025
En Côte d'Ivoire, 89,52 % des plaintes pour viol en 2025 ont abouti à des condamnations, selon le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant.
Le directeur de la Planification, des Études et de la Documentation du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), Lossény Sylla, a exhorté les populations à signaler les violences basées sur le genre (VBG) dont elles sont témoins à travers le pays. Il a révélé que 89,52 % des plaintes pour viol traitées en 2025 ont abouti à des condamnations.
Il s'exprimait ce mardi 12 mai 2026 à Abidjan-Plateau, lors de la tribune d’échanges « Tout Savoir Sur » (TSS), organisée par le Centre d’Information et de Communication gouvernementale (CICG), autour du thème : « L’annuaire statistique 2025 du MFFE ».
« Au cours de l’année 2025, sur les 841 cas de viol enregistrés, 89,52 % ont abouti à une condamnation par la justice de Côte d'Ivoire », a précisé Lossény Sylla.
Selon lui, lorsqu’un cas de VBG est signalé, les travailleurs sociaux, les ONG, le ministère et leurs partenaires assurent un suivi rigoureux du dossier pour garantir le respect de toutes les étapes de la procédure, notamment sur le plan judiciaire.
Les dénonciations peuvent être effectuées auprès des structures socio-éducatives et des centres sociaux présents sur tout le territoire national. Deux lignes vertes sont également disponibles : le 1308 pour les cas de VBG et le 116 pour les situations d’enfants en détresse.
Lossény Sylla s’est félicité de l’évolution observée ces dernières années, marquée par une plus grande prise de parole des populations. « Par le passé, les familles privilégiaient souvent des règlements à l’amiable, ce qui limitait les actions de sensibilisation et de prise en charge », a-t-il noté.
Le nombre de cas déclarés est passé de 711 en 2011 à 10 747 en 2025, traduisant une plus grande confiance des populations envers les mécanismes de signalement.
Selon les statistiques présentées, 10 747 cas de VBG ont été pris en charge en 2025, dont 841 viols, 254 agressions sexuelles hors mutilations génitales féminines (MGF), 9 cas de mutilations génitales féminines, 2 154 agressions physiques, 181 mariages forcés, 5 096 cas de déni de ressources ou de services et 2 212 cas de violences psychologiques ou émotionnelles.
Les données révèlent également que près de 97 % des violences sexuelles déclarées concernent des personnes de sexe féminin, principalement des filles, tandis que 79,85 % des violences enregistrées sont de nature domestique.