Diaspora tchadienne : vers l'élection d'un premier bureau exécutif pour stimuler le développement national
L'initiative Diaspora Tchadienne s'apprête à élire son tout premier Bureau exécutif en ligne le 9 septembre 2026. Un tournant pour fédérer les compétences de la communauté au service du développement du pays.
Par Temandang Gontran
Structurée, bénévole et résolument tournée vers l’avenir, l’initiative Diaspora Tchadienne s’apprête à franchir une étape décisive avec l’élection de son premier Bureau exécutif en ligne, le 9 septembre 2026. Portée par une vision inclusive, elle entend transformer le potentiel humain et économique de la communauté tchadienne à l'étranger en un véritable levier de développement national, a expliqué M. Aboubakar Baga, secrétaire général et chargé de communication du bureau provisoire de la diaspora tchadienne.
Estimée à environ 1,5 million de personnes, la diaspora tchadienne représente un gisement considérable de compétences, d'expériences et de ressources. Pourtant, ses actions sont longtemps restées dispersées. Pour pallier ce manque de coordination, l’initiative civique Diaspora Tchadienne est née avec une ambition claire : fédérer les énergies dans un cadre structuré, transparent et indépendant.
« Notre objectif est de passer d’initiatives isolées à une action collective dédiée à la solidarité et au service du développement du Tchad », résume Aboubakar Baga secrétaire de l’organisation. Actuellement en pleine phase de structuration, le mouvement mobilise sa communauté en vue d’une échéance capitale : le scrutin en ligne prévu le 9 septembre 2026 pour élire son tout premier Bureau exécutif. Les inscriptions et le dépôt des candidatures battent leur plein.
Bâtir des mécanismes de confiance et stimuler l'économie
Pour capitaliser sur ce vivier, les initiateurs du projet affirment qu'il est impératif de créer des mécanismes de confiance solides. Cela passe par la mise en place de fonds ou de coopératives d’investissement, un accompagnement sur mesure des entrepreneurs, des garanties financières et une transparence absolue.
À l’échelle internationale, le modèle a fait ses preuves. Le Nigeria voisin en offre une illustration éloquente : selon les données de sa Banque centrale relayées par TV5MONDE, les transferts de fonds de la diaspora ont atteint près de 950 millions de dollars rien qu'en juillet 2026, et 3,4 milliards sur les sept premiers mois de l’année, souligne M. Aboubakar Baga. Une dynamique que le Tchad pourrait progressivement imiter en structurant ses flux d'investissements productifs.
Des projets concrets et un partenariat public-privé recherché
Concrètement, l’organisation ne manque pas de projets. Elle ambitionne de lancer une base de données de compétences, une plateforme de mise en relation entre investisseurs et porteurs de projets, ainsi que des coopératives agricoles et des programmes de formation professionnelle, sans oublier des initiatives ciblées dans l’énergie, la santé et l’éducation.
Du côté des pouvoirs publics, l'attente est forte. Si l'organisation se dit pleinement disposée à collaborer avec les institutions étatiques dans le respect du cadre légal, elle appelle à la mise en place d'un environnement incitatif. La simplification des démarches administratives, la sécurisation juridique des investissements et, surtout, la création d’un guichet unique de la diaspora constituent les principales requêtes formulées pour fluidifier le lien institutionnel avec le pays d’origine.
Interrogé sur de potentiels partenariats sectoriels, notamment dans l'immobilier, Aboubakar Baga clarifie la position du mouvement : « Nous ne cherchons pas à capter des avantages particuliers ni à concurrencer des structures existantes. Notre vision est ouverte à tous les Tchadiens. Nous soutenons tout partenariat sérieux et transparent, que ce soit dans l'agriculture, l'industrie ou l'éducation, dès lors qu'il sert l'intérêt général. »
Réconcilier intégration et attachement aux racines
Abordant la question de l’expatriation, l’entretien bat en brèche l’idée selon laquelle s’intégrer dans son pays d’accueil signifierait renoncer à ses origines. Qu'il s'agisse de celui qui part apprendre pour rentrer, de celui qui bourlingue au gré des opportunités, ou de celui qui s'établit définitivement à l'étranger, chaque parcours trouve sa légitimité.
« L’essentiel est de ne pas oublier ses racines et de trouver, où que l’on vive, une manière de contribuer au développement de son pays », conclut Aboubakar Baga, lançant un ultime appel à la mobilisation générale des Tchadiens de l'étranger.