Épidémie de dengue au Tchad : le ministre de la Santé s'explique devant les députés face aux doutes sur les chiffres

Interpellé par les députés ce 4 novembre 2026, le ministre de la Santé publique a défendu le bilan gouvernemental face à l'épidémie de dengue et pointé du doigt les dangers de l'automédication.

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Épidémie de dengue au Tchad : le ministre de la Santé s'explique devant les députés face aux doutes sur les chiffres

Par Hassan Abderamane

Le ministre de la Santé s'exprime sur la situation épidémique de la dengue à N'Djamena et dans certaines provinces devant la représentation nationale.

Le ministre de la Santé publique et de la Prévention, le Dr Abdelmadjid Abderahim Mahamat, s'est exprimé ce mercredi 4 novembre 2026 devant la représentation nationale sur la situation épidémique de la dengue à N'Djamena et dans certaines provinces du pays. La séance plénière s'est déroulée sous la présidence du président de l’Assemblée nationale, Ali Kouloutou Thaïmi.

À la suite des interventions des députés, de nombreuses interrogations ont été soulevées concernant les chiffres des décès annoncés par le gouvernement et ceux enregistrés ces derniers temps à N'Djamena. Pour beaucoup de parlementaires, le bilan gouvernemental ne reflète pas la réalité, et ils appellent à une action urgente face à cette maladie.

Le ministre a insisté sur les risques de l'automédication, qu'il a fermement déconseillée aux personnes malades, en particulier celles qui prennent du paracétamol sans effectuer au préalable un test de dépistage de la dengue.

Toutefois, il a reconnu l'existence de cas de décès non recensés officiellement : « Le nombre que vous avez dit, c'est une vérité, mais c'est communautaire », a-t-il déclaré face aux députés.

Concernant les décès récents, le ministre les impute à l'automédication, favorisée par la psychose au sein de la population. Selon lui, certains décès surviennent dans la communauté et ne sont pas répertoriés par les services de santé. Il appelle ainsi à se baser sur des données scientifiques et vérifiables plutôt qu'à avancer des bilans sans connaître l'origine exacte des décès.

Abordant les conditions d'accueil dans les structures sanitaires, le ministre a indiqué que 12 383 agents de santé, toutes catégories confondues, sont mobilisés dans les cinq Centres hospitaliers universitaires (CHU). Le pays compte par ailleurs 2 034 médecins, 805 sages-femmes et 1 888 infirmiers diplômés d'État répartis sur l'ensemble du territoire. Il a assuré que le personnel de santé travaille d'arrache-pied, tout en signalant la disponibilité de 104 laboratoires au niveau national.

Le ministre a également souligné que l'assainissement de la ville demeure l'unique moyen d'enrayer la propagation de la maladie. Il a renvoyé l'opinion à consulter les sites officiels ou à se référer à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui confirme que le taux de létalité de la dengue dans le monde est inférieur à 1 %.

Répondant à une série de questions des députés, le ministre de la Santé publique et de la Prévention a rappelé que les déplacements de population, le surpeuplement et le changement climatique constituent les facteurs déclenchants de nombreuses maladies dans le cadre d'une transition épidémiologique. « Pour que le système de santé réponde à toutes les attentes et soit résilient, nous devons tous jouer notre rôle », a-t-il affirmé.

Le ministre a enfin insisté sur l'importance de la sensibilisation pour mener à bien les campagnes de lutte antivectorielle et la pulvérisation intra-domiciliaire afin d'éradiquer la maladie.

En retour, le président de l'Assemblée nationale, Ali Kouloutou Thaïmi, a remercié et félicité le ministre pour sa disponibilité et pour les éclaircissements apportés aux préoccupations des députés concernant la situation épidémique.