Tchad : chaos lors de la distribution de viande à Harangadji

À Harangadji, la distribution de viande aux vulnérables tourne au chaos, révélant des inégalités et des tensions. Les habitants appellent à une meilleure organisation pour éviter de telles scènes.

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Tchad : chaos lors de la distribution de viande à Harangadji

Par Khadidja Oumar Abdoulaye

Dans le quartier Harangadji du 10ᵉ arrondissement de N’Djamena, une distribution de viande destinée aux personnes vulnérables a provoqué une grande agitation. Femmes, jeunes et personnes âgées se sont massivement mobilisés pour obtenir une part de viande afin de nourrir leurs familles.

Sur place, plusieurs femmes étaient venues avec des couteaux pour couper directement la viande. Dans une ambiance tendue, chacune cherchait à prendre sa part avec force, de peur de rentrer les mains vides. Certaines personnes criaient, d’autres poussaient pour s’approcher davantage des carcasses de bœufs.

Une vieille dame du quartier Harangadji déplore cette situation : « Chaque année, nous, les femmes du troisième âge, n’avons pas assez de force pour prendre un morceau de viande avec les gens. C’est étonnant. Nous, les Tchadiens, on fait comme si on n’avait jamais mangé de viande. Il faut nous laisser un peu prendre un morceau avec vous. »

Selon elle, les personnes âgées souffrent beaucoup pendant ces distributions, car elles ne peuvent pas rivaliser avec les jeunes dans la foule.

De son côté, un jeune homme rencontré sur place affirme sans gêne : « Aujourd’hui, celui qui est fort va dominer les faibles. Aujourd’hui, viande ou rien. Même si la viande ne m’appartient pas, je dois arracher avec la force seulement. Les agents qui distribuent parfois font ça en famille. Moi, je n’ai aucune pitié envers les autres. »

Des habitants dénoncent également un partage inégal. Pendant que certaines femmes réussissaient à prendre de grandes quantités de viande, d’autres repartaient sans obtenir même un petit morceau.

Une femme du quartier exprime sa colère : « Certaines femmes prennent même deux parts de vache et les autres n’ont même pas un petit morceau. Un jour, je n’ai jamais vu des femmes venir avec des couteaux pour couper la viande avec la force comme ça. »

Cette situation illustre les difficultés que traversent plusieurs familles dans les quartiers populaires de N’Djamena. Avec la vie chère et la pauvreté, beaucoup de personnes dépendent aujourd’hui des aides et des dons pour survivre.

Malgré les tensions observées, plusieurs habitants demandent une meilleure organisation des prochaines distributions afin d’éviter les désordres et permettre aux personnes âgées et aux plus vulnérables d’avoir leur part dans le calme et le respect.