Hommage national à Idriss Déby Itno : 5 ans après
Le Tchad a commémoré le 5ème anniversaire du décès d'Idriss Déby Itno avec une cérémonie à N’Djamena, marquée par un discours mémoriel du Premier ministre soulignant l'héritage et la transition politique réussie.
Parents, amis, camarades militants du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) ainsi que les représentants des corps diplomatiques accrédités au Tchad ont pris part, ce lundi 20 avril 2026, à la cérémonie commémorative du 5ème anniversaire du décès du Maréchal du Tchad, Idriss Déby Itno. La cérémonie s’est déroulée au ministère des Affaires étrangères, sous la présidence du Premier ministre Allah-Maye Halina, représentant le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno.
Arrivé au pouvoir en 1990 et disparu tragiquement le 20 avril 2021, Idriss Déby Itno a été honoré par une forte mobilisation des Tchadiens venus lui rendre hommage. Né le 18 juin 1952 à Berdoba (province de l’Ennedi), cet officier et homme d’État a dirigé la République du Tchad pendant trois décennies.
Cinq ans après sa disparition, la nation lui a rendu un hommage solennel. Le Premier ministre, Allah-Maye Halina, a lu l’allocution du président Mahamat Idriss Déby Itno, un texte placé sous le signe du souvenir et de la transmission.
Dans un discours empreint de gravité, le chef de l’État a rappelé que le 19 avril resterait « une date que nous ne pouvons ni oublier, ni banaliser ». C’est ce jour-là, en 2021, qu’Idriss Déby Itno, président en exercice et chef suprême de l’armée, tombait « l’arme à la main » sur le front, fidèle à son serment de tenir le Tchad debout « quoi qu’il en coûte ». Le texte salue la mémoire d’un « bâtisseur », d’un « fils vaillant de l’Afrique » et d’un père « exemplaire ».
Le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno n’a pas éludé le chaos qui a suivi l’annonce de la mort de son père. Il a évoqué « l’incertitude », « la traversée massive du pont à double voie », « les enfants sortis de l’école » et « la fermeture des commerces ». Un vide immense que lui et ses « compagnons d’armes », avec l’ancien président de l’Assemblée nationale Haroun Kabadi, ont dû combler sans hésitation. « L’hésitation est une trahison », a-t-il martelé par la voix de son Premier ministre. Selon lui, le choix de prendre le pouvoir n’a pas été une quête personnelle, mais « un devoir de survie » pour préserver l’unité nationale et la continuité de l’État.
Le discours a mis en avant la réussite de la transition politique, qualifiée de « consensuelle et inclusive ». Le retour à l’ordre constitutionnel, la main tendue aux oppositions, le Dialogue National Inclusif et Souverain (DNIS) et le retour des exilés sont présentés comme les fruits d’un « chemin difficile mais maîtrisé ». « Des milliers de Tchadiens exilés sont rentrés et continuent de rentrer », s’est félicité le chef de l’État, soulignant que beaucoup participent désormais à la gestion de la chose publique.
Un musée pour la mémoire du MPS et des martyrs
Pour pérenniser l’héritage, le président a annoncé l’initiative de construire un musée et une bibliothèque dédiés à l’histoire du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) et du Tchad. Un projet destiné à rappeler « le prix de la paix et les vertus du dialogue », au-delà des clans et des appartenances. Le MPS, a-t-il insisté, n’a pas disparu : « Une idéologie ne meurt jamais. Le résultat est devant vous : le MPS demeure le plus grand parti du Tchad. »
Le message s’est achevé sur une note de reconnaissance envers les femmes et les jeunes, acteurs clés de la dynamique politique, et envers Dieu d’avoir « épargné à notre pays la déchirure et l’abîme » alors que d’autres nations connaissent la tourmente. « En restant unis, nous leur rendons le plus beau des hommages », a conclu le Premier ministre, au nom du Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, avant de souhaiter que Dieu accueille l’âme du défunt président et de tous les martyrs tchadiens « dans Son vaste paradis ».
Ahmad Youssouf Ali