Jeu d'échecs au Tchad : la Fédération appelle à un sursaut pour encadrer la jeunesse
Le président de la Fédération tchadienne des jeux d’échecs, Mahamat Hachim Bachar, plaide pour la formation des jeunes et réclame un soutien accru de l'État et des partenaires privés.
Par Katchibé Mapagne
Le président de la Fédération tchadienne des jeux d’échecs, Mahamat Hachim Bachar, plaide pour la promotion de la discipline auprès de la jeunesse et réclame un renforcement des soutiens institutionnels et financiers pour développer le noble jeu au Tchad.
Selon lui, le jeu d’échecs est avant tout une discipline stratégique qui exige patience, réflexion et anticipation. « Chaque pion a son rôle », explique-t-il, soulignant que cette pratique s’inspire de la logique tactique, où l’imagination et le calcul occupent une place centrale.
Mahamat Hachim Bachar rappelle que les échecs contribuent au développement de compétences utiles tant dans le parcours scolaire que dans la vie professionnelle. « Les échecs permettent aux jeunes d’apprendre à réfléchir, à prendre des décisions et à développer leur patience. Nous souhaitons créer davantage de structures régionales pour rapprocher la discipline de la jeunesse », a-t-il précisé.
Reconnaissance et parcours institutionnel
Abordant l’adhésion de la fédération au Comité olympique et sportif tchadien (COST), le président indique avoir adressé en 2020 une note à l’ancien président de l’instance, Abakar Djerma, restée sans suite durant près de deux ans. La situation s'est débloquée après l’intervention directe de la Fédération internationale des échecs et l'arrivée d'Idriss Doukouni à la tête du COST, officialisant ainsi l'affiliation.
Le président salue par ailleurs l’écoute du ministre de la Jeunesse et des Sports, Nair Abakar, qui lui a accordé une audience à la suite d'une intervention remarquée sur les réseaux sociaux, promettant un accompagnement pour les activités à venir.
Le défi crucial du financement
Malgré ces avancées institutionnelles, le développement des échecs se heurte à un manque de moyens, en particulier pour les compétitions internationales. Mahamat Hachim Bachar déplore l’absence de subventions étatiques depuis près de sept ans, la fédération fonctionnant grâce à l'appui de partenaires et de passionnés, à l'instar de l'organisation marocaine et de World Chess.
Pour inverser cette tendance, la fédération lance un appel pressant aux banques, aux grandes entreprises et aux représentations diplomatiques. Si une dizaine de notes ont été adressées à des ambassades, seule l’ambassade de France a donné une suite favorable, se concrétisant par la signature d’une convention et l’organisation d’un tournoi à l’école Montagne.
« Les efforts que j’entreprends ne sont pas seulement pour moi, mais pour l’ensemble des Tchadiens. Je souhaite laisser un bel héritage aux générations futures », conclut Mahamat Hachim Bachar, déterminé à hisser haut les couleurs du Tchad sur la scène internationale.