Les généraux du Tchad surpassent en nombre ceux des États-Unis et de la Chine réunis

Le Tchad compte plus de généraux que la Chine et les États-Unis réunis, une situation alimentée par des promotions controversées et un manque de méritocratie dans l'armée.

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Les généraux du Tchad surpassent en nombre ceux des États-Unis et de la Chine réunis

Le Président tchadien Mahamat Idriss Déby a signé une série de décrets élevant plusieurs officiers au rang de « général de brigade » et de « général de corps d'armées ». Près d'une vingtaine d'officiers ont été promus, dont au moins 8 colonels au grade de général de brigade et plusieurs généraux de division au grade de général de corps d'armées. 

Cette promotion intervient dans un contexte économique difficile où de nombreuses institutions de l'État peinent à financer leurs projets. Le Tchad traverse une crise économique nécessitant une gestion rigoureuse des recettes de l'État, plutôt qu'une multiplication des promotions visant à gagner la loyauté des officiers. 

Ces promotions sont critiquées pour leur manque de mérite militaire, étant davantage basées sur le népotisme et le favoritisme que sur la compétence et le parcours professionnel. La volonté initiale du président Déby de créer une armée nationale et professionnelle semble s'estomper avec ces promotions, qui favorisent ses proches au détriment d'autres Tchadiens méritants.

L'armée tchadienne, bien qu'élément de stabilité, ne parvient pas à être un facteur d'unité nationale en raison des injustices et du népotisme qui la caractérisent. Au cours des cinq dernières années, bien que le président Déby ait entrepris des réformes, aucune n'a abouti à une véritable restructuration des forces de sécurité, toujours organisées sur des bases communautaires. Plus de mille généraux ont été nommés, dépassant ainsi le nombre de généraux en Chine et aux États-Unis réunis. L'absence de méritocratie et le fossé entre les troupes d'élite, mieux formées et équipées, et le reste des soldats, alimentent un sentiment d'injustice et de frustration.

Tant que Mahamat Idriss Déby reste président, une transformation profonde de l'armée tchadienne semble improbable. Cependant, des progrès limités sont possibles. Les autorités doivent rendre l'armée plus représentative dans les promotions pour renforcer sa cohésion interne. Cela implique de diversifier et de rendre plus transparentes les campagnes de recrutement, de mettre fin aux promotions injustifiées et de permettre des évolutions de carrière plus formelles.

Pour améliorer l'image de l'armée, les autorités doivent mettre fin aux nominations basées sur le régionalisme, le tribalisme et le confessionnalisme. Mahamat Idriss Déby devrait s'efforcer de former une armée nationale et républicaine, fondée sur la justice et l'équité comme seuls critères de promotion.

Djimet Wiche