Les Patriotes dénoncent une justice instrumentalisée au Tchad
Les Patriotes dénoncent une instrumentalisation de la justice au Tchad après la condamnation de huit leaders du GCAP, appelant à la mobilisation citoyenne et à l'intervention internationale.
Par Katchibé Mapagne
Le porte-parole du parti Les Patriotes, Hisseine Abdoulaye, a tenu une conférence de presse ce mercredi 13 mai 2026 à son siège à Bololo, N’Djaména. Il a dénoncé la situation politique et sécuritaire du Tchad ainsi que la condamnation de huit leaders de partis politiques membres du GCAP (Groupe de concertation des acteurs politiques). Dans une déclaration liminaire au ton ferme, le parti estime que le pays traverse une crise multidimensionnelle marquée par l’insécurité, les tensions communautaires et un recul des libertés publiques.
Le parti a d’abord évoqué la dégradation de la situation sécuritaire, notamment dans le bassin du Lac Tchad où les attaques de Boko Haram contre l’armée tchadienne se multiplient. Il a également souligné les violences intercommunautaires dans l’est du pays, particulièrement au Wadi Fira, causant plusieurs dizaines de morts. Selon les responsables du parti, ces crises mettent en lumière les faiblesses du dispositif sécuritaire national et accentuent le climat d’instabilité.
Sur le plan politique, Les Patriotes dénoncent ce qu’ils qualifient de « durcissement autoritaire » du pouvoir. Le parti cite notamment l’assassinat de Yaya Dillo, l’emprisonnement de Succès Masra et plus récemment la condamnation des huit leaders du GCAP à huit ans de prison ferme. Selon la déclaration, ces condamnations viseraient à réduire au silence les voix critiques et à affaiblir l’opposition politique.
Le parti affirme également que les procédures engagées contre les responsables du GCAP auraient été menées avec une rapidité inhabituelle. Il accuse le procureur de la République, le ministère de l’Administration du territoire et la Cour suprême d’avoir coordonné une action destinée à neutraliser politiquement le regroupement dissous.
Les responsables des Patriotes contestent point par point les accusations retenues contre les leaders condamnés, notamment les faits d’attroupement, d’association de malfaiteurs, d’insurrection, de rébellion et de détention illégale d’armes. Ils soutiennent que les éléments avancés par l’accusation ne reposeraient sur aucune preuve matérielle solide et qualifient certaines infractions d’imaginaires.
Dans leur déclaration, les organisateurs de la conférence ont appelé la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains ainsi que les défenseurs de l’État de droit à suivre de près l’évolution de cette affaire. Ils exigent la libération immédiate et sans condition des huit leaders emprisonnés ainsi que de tous les prisonniers politiques.
Le parti Les Patriotes a enfin lancé un appel à la mobilisation citoyenne, au dialogue et à l’unité nationale afin de préserver la démocratie et éviter une aggravation des tensions politiques et sécuritaires dans le pays.