Mali : le ministre de la Justice dénonce la dépravation des mœurs
Le ministre de la Justice du Mali, Mamoudou Kassogue, dénonce les réseaux de dépravation et appelle à des mesures strictes contre les infractions aux bonnes mœurs.
« Depuis un certain temps, il m'est revenu de constater avec une grande stupéfaction et une profonde consternation l'existence de véritables réseaux de dépravation de nos mœurs et de détournement de mineurs à des fins sexuelles ou d'activités pédopornographiques.
Ces groupes criminels, qui opèrent sur les réseaux sociaux, suivent un mode opératoire consistant en la création de groupes WhatsApp, TikTok ou Snapchat pour des rencontres et le partage de vidéos à caractère sexuel. Ils constituent de véritables centres de recrutement des futures victimes et de redoutables pièges pour tous les consommateurs d'images illicites. Ils organisent également des rencontres physiques dans des espaces fermés tels que les maisons closes, les appartements meublés, ou encore des constructions isolées.
Ils s'adonnent en outre à des actes sexuels de toutes natures et à la consommation de substances psychotropes et autres produits prohibés. Ils organisent aussi des voyages de leurs victimes, mineurs âgés quelquefois seulement de 12 à 13 ans, vers les zones d'extraction minière et dans certains pays pour des exploitations sexuelles et d'autres atrocités indicibles. Ces faits constituent des infractions d'atteinte aux bonnes mœurs prévues et punies par le code pénal.
Le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Garde des Sceaux, tient à rappeler que ces actes immoraux et malsains, importés d'ailleurs, ne correspondent pas à nos valeurs sociétales, menacent gravement les fondements mêmes de notre société et hypothèquent l'avenir de notre jeunesse.
Ils constituent de graves infractions à la loi pénale pouvant être qualifiées, entre autres, d'outrage public à la pudeur, d'attentat à la pudeur, de viol, de pédophilie, d'incitation à la débauche, de prostitution forcée, de proxénétisme, de racolage, de détournement de mineurs, de corruption de la jeunesse, de tourisme sexuel, de pornographie forcée, de traite de personnes, de trafic illicite de migrants, d'achat, de vente, de consommation et de trafic de stupéfiants.
Par ailleurs, la mise en scène, le filmage, la publication et le commentaire inapproprié de telles images sur les réseaux sociaux et autres supports médiatiques ou de communication constituent des infractions à la loi pénale relevant notamment de la cybercriminalité.
Face à de telles déviances sociales inacceptables, le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme appelle les bailleurs, gérants d'appartements meublés, tenanciers de bars et d'hôtels, ainsi que l'ensemble des citoyens, à veiller scrupuleusement et prioritairement à la protection des enfants, qui constituent l'avenir de notre pays, et à dénoncer aux autorités compétentes les auteurs de ces actes antisociaux.
Il porte en outre à la connaissance du public qu'il vient d'instruire tous les Procureurs généraux, Procureurs de la République, Juges de paix, officiers et agents de police judiciaire à sévir avec la dernière rigueur contre les auteurs, co-auteurs et complices de tels actes. Le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Garde des Sceaux, sait pouvoir compter sur la compréhension de tous et de chacun. »
Tel est le contenu du communiqué du ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogue, rendu public le 29 juillet 2026.