Ndjamena : La coiffure de rue, un refuge économique pour la jeunesse
À Ndjamena, la coiffure de rue devient une solution face au chômage, offrant autonomie et dignité aux jeunes diplômés sans emploi. Découvrez comment ces artisans transforment leur savoir-faire en gagne-pain.
Par Temandang Gontran
Au marché d'Abena, dans le 7e arrondissement, la coiffure informelle s'impose comme une alternative face au chômage. Entre débrouillardise et savoir-faire, gros plan sur ces jeunes qui manient les ciseaux sous les parasols.
Sous des parasols de fortune, les yeux guettent attentivement le moindre passant. Dès qu'un client potentiel approche, les voix s'élèvent pour le taquiner : « Avancez ! Vous voulez quel modèle ? » Une stratégie d’accroche bien rodée pour attirer le chaland. Ici, au marché d'Abena dans le 7e arrondissement, la coiffure de rue bat son plein.
Parmi ces coiffeurs ambulants, on retrouve de nombreux diplômés sans emploi. Faute de débouchés dans leur secteur, ils ont choisi de tirer profit de cette activité informelle. « Je me débrouille avec cette activité pour l’instant, en attendant de trouver mieux ailleurs », confie un jeune homme rencontré sur place.
Le savoir-faire contre le manque de moyens
Contrairement aux salons modernes équipés de ventilateurs et de tondeuses électriques, ces jeunes travaillent dans le dénuement. Ils compensent l'absence d'outils électriques par leur seule dextérité et leur savoir-faire traditionnel.
Cette simplicité logistique se répercute positivement sur les tarifs : le prix d’une coupe varie seulement entre 200 et 250 FCFA. Un argument de poids pour la clientèle locale. « J’aime me faire coiffer par ces jeunes, car le prix est vraiment abordable », glisse un client d'une vingtaine d'années, confortablement installé sur une chaise.
Un moteur d'autonomie financière
Bien que précaire, ce métier de rue représente un véritable gagne-pain. Les revenus générés permettent à ces jeunes de prendre en charge leur famille, de payer leur loyer et de subvenir à leurs besoins quotidiens. À défaut d'un emploi formel, la coiffure sous le parasol offre à cette jeunesse une dignité et une autonomie financière indispensables.