N’Djamena : les habitants du 8ᵉ arrondissement crient à l'abandon
Les habitants du 8ᵉ arrondissement de N’Djaména dénoncent un manque d'infrastructures malgré la présence d'institutions majeures, et appellent les autorités à agir face aux inondations récurrentes.
Par Ahmad Youssouf Ali
Ce mardi 14 juillet 2026, une visite d'évaluation dans le 8ᵉ arrondissement de N’Djaména a révélé un profond sentiment d’abandon chez les habitants. Bien que le quartier soit entouré de grandes artères et abrite des institutions nationales telles que la mosquée Acharikha, le ministère de la Justice, le ministère de la Femme, ainsi que le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Habitat, les riverains s’interrogent : leur zone fait-elle toujours partie intégrante du 8ᵉ arrondissement ?
Interrogé, un jeune du quartier a témoigné avec amertume : « Nous manquons cruellement de terrains de football. L’unique espace qui existait a été clôturé et est devenu une propriété privée. » Il a lancé un appel pressant au ministère de la Jeunesse et des Sports, ainsi qu’à la mairie, pour qu’ils pensent enfin aux loisirs des jeunes.
Un autre habitant, visiblement exaspéré, a souligné la contradiction frappante de leur situation : « Notre zone abrite des institutions majeures – le Parquet de la grande instance de N’Djaména, le ministère de la Femme, celui de l’Aménagement du territoire, le ministère de l’Agriculture, la Maison de la Femme, et même le grand parc de voyage de N’Djaména. La mairie du 8ᵉ sait collecter les droits de place, les taxes et les patentes, mais elle ne sait pas aménager nos rues. »
À chaque averse, les artères se transforment en bassins d’eau stagnante. « Nous ne pouvons même plus aller au ciné pour suivre des matchs. Nous demandons au maire de trouver une solution pour que ces inondations cessent », a ajouté un riverain.
Le sentiment d’injustice est d’autant plus vif que d’autres quartiers du même arrondissement bénéficient, eux, d’aménagements et de soins visibles. « En vérité, nous sommes jaloux des autres quartiers du 8ᵉ. Là-bas, la mairie a fait des efforts, mais ici, on se croirait hors de la commune », a déploré un habitant.
Et de conclure, face à notre micro : « Je lance un cri d’alarme : cette zone est économiquement stratégique pour la mairie, mais sur le terrain, elle est totalement absente en matière d’aménagement routier. »
Un constat amer qui interpelle les autorités municipales, alors que la saison des pluies s’installe et que la colère, elle, ne cesse de monter.