N'Djamena : plusieurs habitants dénoncent une tentative de spoliation foncière à Toukra

Un ancien combattant, Acyl Badjouri, dénonce une tentative de spoliation de huit lots à Toukra, N’Djamena. Il appelle les autorités à clarifier la situation foncière. Les accusés n'ont pas encore répondu.

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N'Djamena : plusieurs habitants dénoncent une tentative de spoliation foncière à Toukra

Par Katchibé Mapagne

Un litige foncier oppose plusieurs parties autour de huit lots situés dans l’îlot 21, au quartier Toukra Site A, dans le 9ᵉ arrondissement de N’Djamena. Au cœur de l’affaire, Acyl Badjouri, un ancien combattant, affirme être le propriétaire des terrains et dénonce une tentative de spoliation de son patrimoine foncier.

Le 29 juillet, depuis sa concession, l’ancien combattant a fait une déclaration publique en présence de plusieurs habitants de l’îlot 21. Il accuse un homme présenté comme le général Mahamat Abderrahmane, conseiller du Premier ministre, de revendiquer les huit lots, avec la complicité présumée de Zoukanné, ancien directeur général de l’Urbanisme.

Selon Acyl Badjouri, les terrains lui auraient été attribués en 2012. Il affirme disposer de documents d’attribution et d’autres pièces administratives pour justifier ses droits sur ces parcelles.

« Je ne comprends pas pourquoi on vient aujourd’hui me contester des terrains que j’occupe depuis des années avec tous mes papiers », a-t-il déclaré devant la presse et les habitants.

L’ancien combattant affirme également occuper les lieux depuis 1987, à une époque où la zone était encore peu construite et principalement utilisée pour l’agriculture. Il explique que les services compétents seraient ensuite intervenus pour procéder au bornage et aux démarches liées à l’attribution des terrains.

« Je suis arrivé ici en 1987. À cette époque, nous cultivions cette zone. Plus tard, les services du cadastre sont venus pour délimiter les terrains et j’ai effectué les démarches administratives nécessaires », témoigne-t-il.

Acyl Badjouri affirme par ailleurs qu’un ancien responsable de l’Urbanisme aurait, par la suite, revendiqué une partie du terrain et aurait entrepris des démarches pour l’attribuer à ses enfants. Il conteste cette démarche et estime qu’elle ne respecterait pas les procédures légales.

Selon lui, un autre responsable, présenté comme un conseiller du Premier ministre, revendique aujourd’hui la propriété des terrains et demanderait aux occupants de quitter les lieux. Le plaignant affirme que cette personne aurait déclaré avoir acquis le terrain en 2020.

« Plusieurs de mes voisins ont construit leurs maisons depuis 2017. Jusqu’à présent, aucun document ne nous a été présenté pour justifier cette nouvelle revendication. J’habite ici depuis près de 40 ans », affirme-t-il.

Face à cette situation, l’ancien combattant appelle les autorités compétentes à intervenir afin de clarifier la situation. Il sollicite notamment le gouvernement, le ministère chargé du Foncier, le ministère de la Justice et le procureur de la République pour qu’une enquête soit menée et que les droits de chaque partie soient établis conformément à la loi.

Des habitants de l’îlot 21 présents lors de la déclaration apportent également leur soutien à l’ancien combattant. Ils affirment être eux-mêmes concernés par le différend et demandent aux autorités de se pencher sur la situation afin d’éviter de nouvelles tensions dans le quartier.

Les personnes mises en cause n'ont pas encore réagi à ces accusations. Nous restons ouverts à leur droit de réponse, conformément au principe du contradictoire.

Cette affaire remet une nouvelle fois en lumière les difficultés liées aux conflits fonciers à Toukra et soulève des interrogations sur la sécurisation des droits des propriétaires et des occupants dans cette partie de la capitale.