N'Djamena : un homme accusé de tentative de viol sur mineure
À N'Djamena, un homme de 30 ans est jugé pour tentative de viol sur une mineure. La défense conteste l'accusation de viol, mais reconnaît le détournement de mineure.
Par Temandang Gontran
Ce lundi 1er juin 2026, le Tribunal de Grande Instance de N'Djamena a ouvert le procès d'un homme de 30 ans, titulaire d'un Master en droit et conducteur de moto-taxi, poursuivi pour des faits qualifiés de détournement de mineure et de tentative de viol.
Les faits remontent à une date récente. Selon les éléments du dossier, la mère de la victime, âgée de 11 ans et 11 mois, avait sollicité les services du prévenu pour conduire sa fille à l'église. À leur arrivée, le portail de l'édifice étant clos, la mère, contactée par téléphone, a ordonné à l'enfant de rentrer. Cependant, le prévenu aurait profité de cette situation pour détourner la mineure de sa destination initiale et l’emmener à son domicile.
Une fois sur place, le prévenu aurait tenté de contraindre la fillette à manger, avant de se livrer à des attouchements sexuels. La victime, ayant catégoriquement refusé ces avances, a réussi à s'enfuir.
Un premier « accord » non respecté
À la suite de cet événement, une plainte avait été déposée. Un compromis amiable avait été trouvé au commissariat entre la famille de la victime et le prévenu, assorti d'une injonction interdisant à ce dernier de s'approcher du domicile familial. Quelques jours plus tard, la mère de la victime a aperçu le mis en cause à proximité immédiate de son domicile, sur sa moto. Constatant cette violation manifeste de l'accord, elle a immédiatement alerté les forces de l'ordre, ce qui a conduit à l'interpellation du suspect.
Lors de l'audience de ce lundi, la partie civile a plaidé le préjudice subi par l'enfant, tant sur le plan psychologique que physique. Elle a réclamé la somme de 7 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour réparer le trouble causé à la victime et couvrir les frais de procédure engagés.
De son côté, la défense du prévenu a adopté une stratégie de requalification partielle. Si l'avocat a reconnu le « détournement de mineure » — admettant que son client a dévié de l'itinéraire vers l'église — il a formellement contesté l'accusation de tentative de viol, niant toute agression sexuelle ou attouchement. L'affaire a été renvoyée pour une délibération tandis que le prévenu est resté en détention préventive à la maison d'arrêt de Klessoum.