Nicola Pontara : Un Nouvel Élan pour la Banque Mondiale au Tchad
Nicola Pontara, nouvel économiste chevronné de la Banque mondiale au Tchad, incarne la coopération stratégique avec des projets de 2,5 milliards de dollars. Son défi : améliorer l'implémentation face aux contraintes locales.
Par G. Ebenezer
Il est le visage de l’institution chargée de la plus grande mission de développement dans le monde. Sa présence au Tchad symbolise la dynamique de la coopération politique, diplomatique et stratégique entre deux partenaires. Bien que son rôle soit encadré par des procédures, Nicola Pontara imprimera sa marque personnelle sur les actions conjointes entre le Tchad et la Banque mondiale.
La nomination de Nicola Pontara comme représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Tchad marque l’arrivée d’un économiste chevronné au cœur du dispositif de coopération entre l’institution de Bretton Woods et le pays. Il est titulaire d’un doctorat en économie obtenu à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’Université de Londres. Avant de rejoindre la Banque mondiale en 2000, il a travaillé comme chercheur et consultant dans des programmes de développement en Afrique australe, notamment au Mozambique. Son expertise portait principalement sur les réformes économiques et institutionnelles, la gouvernance des finances publiques, les politiques de réduction de la pauvreté et les stratégies de croissance dans les pays en développement.
Il a rejoint la Banque mondiale en tant que Young Professional, un programme destiné aux jeunes experts appelés à occuper des postes de haut niveau dans le développement international. Rapidement, il a fait ses preuves en matière de politiques publiques internationales dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Il a occupé plusieurs postes de responsabilité dans différentes régions en développement du monde : la Bolivie en Amérique latine, le Laos en Asie de l’Est, le Soudan en Afrique de l’Est et maintenant le Tchad en Afrique centrale. Chaque mandat de représentation a été marqué par des réformes structurelles. Par exemple, en Bolivie, Nicola Pontara a œuvré pour le financement de projets agricoles bénéficiant à des milliers de familles. Au Laos, il a contribué à l’amélioration des moyens de subsistance de centaines de villages et à la lutte contre la déforestation. C’est donc un homme expérimenté dans divers contextes de travail que la Banque mondiale envoie au Tchad, signe de la confiance que lui accorde l’institution pour mieux comprendre les besoins du Tchad en matière de lutte contre la pauvreté. Sa nomination coïncide avec le lancement du Plan national de développement "Tchad Connexion 2030" et le nouveau cadre de coopération de la Banque mondiale avec les pays du Sahel, indiquant un timing stratégique.
En tant que représentant résident, Nicola Pontara devient l’interlocuteur principal entre la Banque mondiale et les autorités tchadiennes. Sa mission consiste à communiquer régulièrement à la Banque mondiale les priorités du Tchad et à faire comprendre aux autorités tchadiennes les exigences techniques et financières des programmes financés, tout en assurant le suivi des résultats.
Selon une revue conjointe récente, le Tchad compte environ 21 projets actifs financés par la Banque mondiale. Les engagements cumulés dépassent 2,5 milliards de dollars, couvrant plusieurs secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et l’éducation. Malgré son importance, plusieurs contraintes persistent, notamment la lenteur des procédures, le faible taux de décaissement, la capacité institutionnelle limitée et le contexte de fragilité. Le véritable enjeu pour Nicola Pontara n’est plus seulement d’obtenir des financements, mais de mieux implémenter les programmes et projets.
Avec la nomination de Nicola Pontara, la Banque mondiale confie la gestion de son partenariat avec le Tchad à un économiste habitué aux contextes de réforme et de transition. Son arrivée s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’institution, mais aussi dans une phase où les attentes des populations en matière d’eau, d’électricité, d’éducation et de santé restent particulièrement élevées.