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Procès Miskine au Tchad : la défense dénonce un verdict inique après une lourde peine

La cour criminelle de N’Djamena a condamné Abdoulaye Miskine à 15 ans de prison ferme et ses coaccusés à 10 ans. La défense dénonce un jugement politique dépourvu de preuves matérielles.

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Procès Miskine au Tchad : la défense dénonce un verdict inique après une lourde peine
Maître Benjamin Mamgodibaye, avocat du général Miskine et le collectif d'avocats de la défense. © M.M./Alwihda Info

Par Malick Mahamat

La cour criminelle de N’Djamena a prononcé, le 9 septembre 2026, une peine de 15 ans de prison ferme à l'encontre du général Abdoulaye Miskine. Ses trois coaccusés ont quant à eux écopé de 10 ans de réclusion chacun, la juridiction ordonnant par ailleurs le versement de 30 millions de FCFA de dommages-intérêts à chaque famille.

Une décision immédiatement et vigoureusement contestée par la défense. Interrogé à l'issue de l'audience, Maître Benjamin Mamgodibaye, avocat du général Miskine, a fait part de la profonde déception de son équipe, qualifiant le verdict d'« injuste, lourd et sévère ». Selon lui, « le Tchad rate une fois de plus une occasion d’entrer dans l’histoire judiciaire de notre pays ».

Le conseil a dénoncé une procédure marquée par de nombreuses irrégularités, pointant une détention prolongée et l’absence de preuves tangibles étayant les réquisitions de l'accusation. « Comment peut-on condamner des personnes pour des faits aussi graves que l’assassinat, la torture, les sévices et l’association de malformations alors qu’aucune preuve matérielle suffisante n’a été produite ? Aucune victime n’a été clairement identifiée », s'est-il insurgé, regrettant l'absence de certificats de décès ou médicaux.

Pour la défense, les juges n’auraient pas fait preuve du courage nécessaire pour rendre une décision fondée strictement sur le droit, privilégiant selon elle des « considérations politiques ».

Malgré le rejet des exceptions soulevées lors des débats, l'équipe de défense indique attendre les motivations écrites de la décision et se dit déterminée à « aller jusqu’au bout de la procédure afin que le droit soit dit ».

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