Propreté à N'Djamena : le développement d'une nation commence au seuil de sa porte
Face à la production massive de déchets à N'Djamena, cet article interpellent les habitants sur leur responsabilité civique et la nécessité de changer les mentalités pour bâtir un Tchad plus fort.
Par Temandang Gontran
Comment bâtir une nation forte avec la mentalité d'une époque révolue ? Les Tchadiens rêvent d'un avenir prospère, mais que font-ils concrètement pour changer leur quotidien ? Il suffit d'arpenter les quartiers et les marchés de la capitale pour se rendre à l'évidence : la majorité des habitants, en particulier dans les zones populaires et périphériques, peinent à rendre leur environnement propice au développement.
La ville de N'Djamena produit approximativement 1 200 tonnes d'ordures et de déchets solides par jour, selon les estimations officielles de la municipalité et des rapports d'experts de la Banque mondiale. Alors que ce sont les citoyens qui produisent ces déchets, si ces derniers n'arrivent pas à gérer leurs propres rebuts, qui le fera à leur place ?
Des comportements qui freinent l'évolution de la société
Dans les quartiers des 6e, 7e, 9e arrondissements et ailleurs, les constats amers s'enchaînent :
- Eaux usées et de douche drainées directement sur les voies de circulation.
- Saletés et ordures jetées sans scrupule dans les espaces vitaux.
- Eaux pluviales souillées stagnant dans les zones d'habitation.
- Caniveaux détournés de leur fonction initiale pour devenir de véritables dépotoirs publics.
Autant de comportements citoyens déviants qui nuisent directement à l'évolution de notre société. Dans de telles situations, que peut-on attendre d'individus qui rêvent d'une vie meilleure tout en refusant de changer leurs propres habitudes ?
L'illusion du « tout-gouvernement »
La vie se construit d'abord en s'interrogeant sur la portée de nos gestes quotidiens. Trop souvent, le réflexe immédiat est de critiquer la mairie ou le gouvernement. Pourtant, la réalité est têtue : le meilleur ne viendra pas d'ailleurs. Chaque geste compte pour améliorer durablement nos conditions de vie.
Il est grand temps que la population de N'Djamena comprenne que le véritable développement d'une nation commence au seuil de sa propre porte.