Sésame, or, gomme arabique : le Tchad a d'autres richesses, mais elles pèsent à peine 15 %

Au-delà du pétrole brut qui écrase tout, les statistiques du commerce extérieur tchadien révèlent un potentiel agricole et minier réel mais sous-exploité. Un embryon de diversification qui peinerait encore à changer d'échelle.

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Sésame, or, gomme arabique : le Tchad a d'autres richesses, mais elles pèsent à peine 15 %

Une structure exportatrice à deux vitesses

Quand on lit le tableau des dix principaux produits exportés par le Tchad en 2025, le contraste est saisissant. La première ligne — les huiles brutes de pétrole — affiche 1 080,6 milliards de FCFA. La dixième ligne — la gomme arabique — n'atteint que 5,9 milliards. Un rapport de 1 à 182. L'économie tchadienne fonctionne littéralement à deux vitesses : un secteur pétrolier qui concentre toutes les recettes, et un reste du monde qui tente d'exister dans son ombre.

Et pourtant, si l'on s'attarde sur ces filières secondaires, on découvre des produits qui témoignent d'un potentiel réel. Les graines de sésame représentent 23,4 milliards de FCFA exportés (1,8 % du total), les fruits oléagineux 21,9 milliards (1,7 %), l'antimoine brut 13,4 milliards (1,1 %), les chameaux 8,7 milliards (0,7 %), le coton Allen 7,7 milliards (0,6 %), les ovins 7,0 milliards (0,6 %) et la gomme arabique 5,9 milliards (0,5 %).

Le sésame, locomotive discrète

Le sésame mérite une attention particulière. Avec 145 780 tonnes exportées pour une valeur de 23,4 milliards de FCFA, il représente le premier poste agricole d'exportation du Tchad. La graine tchadienne est prisée sur les marchés asiatiques — Japon, Corée du Sud, Chine — pour sa qualité et sa teneur en huile. Quelques acteurs privés et des organisations de producteurs ont commencé à structurer la filière, mais l'essentiel de la production est vendu brut, sans transformation locale, laissant la valeur ajoutée aux intermédiaires étrangers.