Tchad : 23 bœufs retrouvés morts dans le parc national de Sena-Oura
Vingt-trois bœufs ont été retrouvés morts dans le parc national de Sena-Oura, soulevant de nombreuses questions. Une enquête est en cours pour déterminer les causes et les responsabilités de ce drame.
Par Djonre Nentouing Ben-casimir
Depuis plusieurs jours, les images des carcasses de vingt-trois bœufs retrouvés morts à l'intérieur du parc national de Sena-Oura circulent abondamment sur les réseaux sociaux. Un drame qui suscite de nombreuses interrogations, d'autant plus que l'accès à cette aire protégée est strictement réglementé et soumis à une autorisation préalable.
Les faits remontent au jeudi 25 juin. Moins de vingt-quatre heures après la découverte, le sous-préfet de Lamé, Vournoné Jackie, accompagné de ses collaborateurs, s'est rendu sur les lieux afin de constater les faits. À leur arrivée, les carcasses étaient déjà dans un état de décomposition avancée.
Cette situation soulève plusieurs questions : comment ces animaux ont-ils pu pénétrer dans un parc pourtant placé sous la surveillance permanente des éco-gardes ? Dans quelles circonstances sont-ils morts ? À ce stade, aucune réponse officielle n'a encore été apportée.
Deux jours après les faits, notre équipe s'est également rendue au parc national de Sena-Oura pour effectuer ses propres vérifications. Toutefois, l'accès au site nous a été refusé par les responsables, empêchant toute observation indépendante des lieux.
Face à cette situation, le chef de canton de Dari, Sa Majesté Francis Tao, appelle à faire toute la lumière sur cette affaire. Selon lui, seule une enquête approfondie permettra d'établir les responsabilités et d'éviter que de tels événements ne se reproduisent.
Pour sa part, le conservateur du parc national de Sena-Oura, Maïmaï Adjiban, rappelle que toute activité humaine à l'intérieur du parc est interdite par la loi. Il reconnaît cependant que le manque d'effectifs parmi les éco-gardes constitue un défi pour le dispositif de surveillance. Il assure néanmoins que des procédures sont en cours afin d'élucider les circonstances de cette affaire et que des mesures de surveillance renforcées ont déjà été mises en place pour prévenir toute nouvelle intrusion.
De son côté, le sous-préfet de Lamé estime que les dysfonctionnements constatés traduisent des insuffisances dans la gestion du parc. Selon lui, le système de surveillance mérite d'être renforcé afin d'éviter la répétition de tels incidents. Il considère également que la responsabilité de la sécurisation de cette aire protégée incombe aux structures chargées de sa gestion.

En attendant les conclusions officielles de l'enquête, des échantillons prélevés sur les carcasses ont été envoyés à N'Djamena ainsi qu'à Garoua, au Cameroun, pour des analyses. Les résultats devraient permettre de déterminer les causes exactes de la mort des animaux.
Quant à l'identité des propriétaires des bœufs, plusieurs informations circulent, mais aucune autorité ne s'est encore officiellement prononcée sur cette question.
Cette affaire demeure donc entourée de nombreuses zones d'ombre.
Les conclusions des enquêtes et des analyses sont désormais très attendues afin d'établir les faits et de situer les éventuelles responsabilités.