Image

Tchad : à l'Aéroport de Sarh, la piste dégradée, l'absence de clôture et les occupations riveraines préoccupent

Vétuste, dépourvu de clôture et traversé par les riverains, l'aéroport de Sarh fait face à d'importants défis sécuritaires que le nouveau délégué provincial entend urgemment résoudre.

Partager
Tchad : à l'Aéroport de Sarh, la piste dégradée, l'absence de clôture et les occupations riveraines préoccupent

Par Elwood Dk

Nouvellement nommé, le délégué provincial de l’Aviation civile, du Transport et de la Météorologie du Moyen-Chari, Al Bachar Ahmat Al Bachar, s’est rendu à l’aérodrome de Sarh. Cette visite avait pour objectif de constater l’état des infrastructures, d’identifier les principales difficultés et de recueillir les préoccupations des responsables qui travaillent sur le site.

Construit en 1960, l’aéroport de Sarh, appelé autrefois aéroport de Fort-Archambault, fait partie des anciennes infrastructures aéronautiques du pays. Plus de six décennies après sa mise en service, l’aérodrome présente encore de nombreuses insuffisances. L’absence de travaux importants de réhabilitation se fait particulièrement sentir sur la piste, les équipements et les installations de sécurité.

Accompagné du commandant adjoint de la base aérienne de Sarh, le colonel Adam Ahmat Attia, de certains agents de l’Aviation civile et du contrôleur aérien stagiaire Bélélem Prosper, le délégué provincial a parcouru la piste d’atterrissage. Longue de 1 800 mètres et large de 40 mètres, celle-ci présente aujourd’hui plusieurs signes de dégradation.

Mais l’état de la piste n’est pas le seul problème constaté. L’aéroport se trouve au milieu d’une zone habitée. Des populations riveraines utilisent les espaces autour de l’aérodrome pour pratiquer l’agriculture. Des champs d’arachide, de maïs et d’autres cultures sont visibles à proximité immédiate de la piste.

Plus préoccupant encore, des habitants traversent régulièrement la piste pour rejoindre les différents quartiers de la ville, en empruntant des passages créés pour leurs besoins. Cette situation est favorisée par l’absence de clôture autour de l’aéroport depuis sa construction.

Pour le contrôleur aérien stagiaire Bélélem Prosper, cette pratique constitue un véritable risque pour la sécurité. Il rappelle que toute personne souhaitant accéder à la piste doit d’abord obtenir l’autorisation de la tour de contrôle. Les militaires, les techniciens ou les autres agents présents sur le site doivent également maintenir une communication permanente avec les contrôleurs.

Illustration

Le stagiaire Bélélem Prosper insiste également sur la nécessité de renforcer les moyens de communication. « Les agents qui interviennent sur la piste, notamment les militaires, devraient disposer de radios portatives, notamment les portables walkie-talkie, leur permettant de rester en contact avec la tour de contrôle. Même si le trafic aérien reste relativement faible à Sarh, la traversée fréquente de la piste par les populations constitue l’une des principales menaces. Cet aérodrome coupe pratiquement la ville en deux, obligeant certains riverains à emprunter la piste pour se rendre d’un quartier à l’autre », a précisé le contrôleur aérien stagiaire Bélélem Prosper.

Le commandant adjoint de la base aérienne de Sarh, le colonel Adam Ahmat Attia, partage les inquiétudes exprimées par les agents de l’Aviation civile. Il estime nécessaire de réhabiliter l’aéroport et de renforcer les moyens de communication afin d’améliorer la sécurité des opérations aériennes.

De son côté, le délégué provincial de l’Aviation civile, du Transport et de la Météorologie du Moyen-Chari, Al Bachar Ahmat Al Bachar, dénonce le comportement de certaines populations qui occupent les espaces de l’aéroport pour cultiver ou traverser la piste. « L’aéroport de Sarh reste une infrastructure importante pour la ville et la province, partant pour le pays en général, mais son état actuel nécessite une attention particulière. La réhabilitation de la piste, la modernisation des équipements, l’amélioration des communications et surtout la sécurisation du site apparaissent comme des priorités pour garantir des opérations aériennes plus sûres », a indiqué le délégué de l’Aviation civile, du Transport et de la Météorologie du Moyen-Chari.

Image
Image